Couverture du roman Une seconde, et puis la vie

Une seconde, et puis la vie

9.4 / 10.0
Dans Une seconde, et puis la vie, une âme se perd entre effroi et paralysie. Ce mystery story explore les confins de l'instinct de survie face au néant. Découvrez ce horror novel captivant parmi nos nouveaux fiction books où chaque seconde devient un combat pour l'existence.
Résumé de Une seconde, et puis la vie
Perdue dans un lieu inconnu, une âme s'égare face à l'impuissance d'autrui. Une odeur envahissante la pénètre tandis que l'effroi la paralyse totalement. Malgré une détresse intérieure immense, ses larmes ne coulent plus. Plongée dans un silence glacial et une obscurité totale, elle sent son instinct de survie s'étioler. Elina Nobelen signe ici un récit poignant, transformant ses émotions en un véritable combat pour l'existence à travers une plume d'une précision chirurgicale.
Lire plus

Une seconde, et puis la vie Chapitre 1

Avant-propos

« Pourquoi veux-tu écrire cette histoire ? Que recherches-tu ? Que veux-tu raconter ? » me demande-t-elle.

Elle perçoit quelque chose. Derrière les phrases, au contour des mots. Une imperceptible forme, un message qui ne demande qu’à apparaître. « Quel est-il ? Quel est ton combat ? »

Il n’y a pas de combat.

Je veux témoigner. Parler. Je veux partager l’histoire de mon processus de résilience, expliquer en quoi cet événement traumatique est devenu, grâce au temps, quelque chose de constructif. Enseignant. Il m’apprend : de moi, de mes émotions. Il me pousse à me regarder au-delà des limites de mon corps. Une vue de l’esprit.

Mais ce témoignage, il n’est d’abord qu’une histoire. Ce qui m’est arrivé, de façon si soudaine et brutale, est un événement de vie parmi d’autres, les précédents et les futurs. Il est immense dans mon esprit, dans ma vie. Il est un marqueur temps que je ne pourrai jamais ni déplacer ni effacer. Chaque 25 novembre me le rappelle, malgré les années qui défilent inlassablement. Il est comme un fil d’Ariane du reste de ma vie. Il s’estompera, sûrement, certainement. Avec du temps, toujours plus et beaucoup plus de temps. Mais il est minime aussi, au regard d’autres vécus, d’autres histoires. Qu’est-ce que mon traumatisme face à ces violences directes que tant de femmes subissent ? Face à celui d’une mère qui perd son enfant ? Face à la mort, cette grande déferlante ? Mon traumatisme n’est rien. Il n’est qu’une belle histoire que l’on raconte le soir avant de s’endormir, puisque c’est une histoire qui finit bien. Et les histoires qui finissent bien, elles sont agréables à écouter.

Qu’est mon traumatisme face à la violence quotidienne d’un harcèlement ? Face à l’épreuve de la Terre qui pleure ? Face à ces enfants aux genoux déchirés et aux guenilles crasseuses, ou peut-être l’inverse, qui vivent leur innocence, bercés par la douce musique des bombardements qui retombent en écho du village voisin ? Qui s’endorment chaque soir sans savoir s’ils se réveilleront le lendemain ? Qu’est mon témoignage face à la misère d’un homme, qui a perdu son travail, sa maison, et qui vit son temps à errer dans la rue, à la recherche d’un quelconque abri pour lutter contre les gouttes de pluie qui s’écrasent contre son front, à la recherche d’un brin de chaleur qui lui permettra de faire sécher ses chaussettes détrempées ?

Il n’y a de place pour aucun apitoiement. Mon message n’est pas celui-ci, et je n’en ai rien à partager, Dieu m’en préserve.

« Mais alors, pourquoi écris-tu du coup ? Qu’est-ce que tu fais ? C’est une catharsis ? »

Je ne sais pas. Avais-je besoind’écrire ?

Les pages à venir ne sont pas l’écho d’un besoin intrinsèque de me vider l’esprit de ces mots-là. Je n’ai pas cherché à ce qu’ils trouvent une place sur le papier pour apaiser mes nuits. J’ai eu envie de prendre la plume pour me libérer, mais pas du traumatisme, non. Pas de la violence, non, bien qu’ils aient tous deux été bien présents. Me libérer des émotions.

C’est pour cela que j’écris : pour enclencher mon processus d’analyse émotionnelle, pour poser le détail chirurgical de l’instant et du moment, pour illustrer. J’ai vécu et je vis encore cette sacro-sainte résilience. Elle durera le temps de ma vie.

Mon histoire peut être lue comme une sorte d’étude de cas. Et si essayer de comprendre par l’exemple comment les émotions se sont animées permettait, finalement, de percevoir comment le corps et le cœur peuvent aller mieux, résonner de nouveau dans une même tonalité ?

Nous traversons tous des événements de vie. Des ruptures. Des difficultés. Des problèmes. Des traumatismes, des chocs. Et beaucoup d’entre nous arriveront à s’en sortir. Les voies sont nombreuses : le temps, tout simplement et en premier lieu. Il est notre meilleur allié, notre atout majeur, la carte As de notre jeu. Les médicaments, parfois, la thérapie, aussi. Mais au-delà de tout cela, notre meilleur atout, c’est nous. Notre force, et elle se niche en nous, ne demande qu’à être activée. Elle ne demande qu’à éclore au jour, qu’à être libérée. D’une brèche dans le barrage, l’eau s’écoulera bientôt comme une vague déferlante et assourdissante. C’est la force de nos émotions.

Au contraire du traumatisme qui est, lui, si intime, si dépendant du temps, de la personne, de l’intensité et du choc : les émotions, nous les partageons. Toutes, et tous. Elles sont universelles et dépassent les mots, les pays, les cultures. Ce sont elles, la clé du système.

Puisse chaque personne confrontée à un événement de vie se retrouver dans un moment, une ligne, une page… une émotion. La vivre aussi. S’y retrouver dans un partage de sens. L’identifier en elle, qui sait ? La reconnaître.

Ce sera déjà un grand pas. Reconnaître son émotion. Savoir qu’elle existe, là, enfouie. On peut ensuite décider de lui ouvrir la porte, ou de la garder encore un peu enfermée. Car au moins, sous clé, on sait qu’elle ne fera pas de mal. En tout cas, elle est maîtrisée. Car une fois l’émotion sortie, qui sait ce qu’elle produira ? Qui sait la forme qu’elle choisira d’incarner ? Qui sait si elle sera douce, violente ou amère ? Est-ce qu’elle nous anéantira ? Est-ce qu’elle sera envahissante, douce ou polie ? Et puis, le temps aidera. Si nous avons identifié cette émotion en nous, nous pourrons prendre le temps de la regarder par le trou de la serrure. Juste un peu, une seconde. Pour la découvrir, la connaître. Pour l’apprendre. Pour la comprendre. Pour… l’apprivoiser. Jusqu’à ce jour où nous nous sentirons suffisamment sécures pour lui permettre de sortir. On ajourera la porte, juste à peine entrebâillée, pour qu’elle se faufile. En maîtrisant. Et puis finalement, elle ne s’en ira pas bien loin. Elle tourbillonnera autour de nous. L’émotion est apprivoisée. Elle devient nôtre, elle devient nous. Nous ne faisons plus qu’un.

Et c’est ainsi que le cheminement se fait, étape par étape, pas à pas. C’est ainsi que le processus de résilience, jusqu’alors grand mot, devient une réalité accessible.

Nos histoires diffèrent toutes. Nos façons de les vivre aussi. Je me veux être témoin d’un vécu et de la façon dont on peut, peut-être un peu, mobiliser nos ressources internes, nous sentir capables d’affronter nos propres démons, autoriser nos émotions à faire pleinement partie de nous puisque c’est ainsi que l’on peut – que je suis parvenue – à mieux me comprendre et à mieux accepter, à vivre avec quelque chose que je n’ai pas choisi et que j’aurais préféré ne jamais avoir eu à rencontrer.

Certains passages ont été plus durs que d’autres à écrire. Mes larmes ont coulé au moment de revisiter lascène. Impossible de faire semblant que demander à mes proches de me parler de leur vécu n’a pas été une véritable épreuve à chaque instant. Et chacun l’a vécue à sa manière : mon mari, qui ne voulait pas jouer le jeu. À quoi bon ressasser le passé ? Ne va-t-on pas déterrer de vieux souvenirs ? Est-on vraiment obligés de le faire ? Mon père, avec son habituelle réserve. Mais quelles étaient tes émotions ? Mes émotions ? Je me souviens d’un moment. Tenons-nous-en aux faits ! Sous contrôle. Ma mère, qui pleurait avant même que je ne lui pose des questions. Bouleversée. Mais pour nous tous, que d’apaisement, une fois l’épreuve passée. La mise en mot, détricoter le fil, aller le tirer, voir jusqu’où il nous mène. Revivre ce moment dans un espace sécure, celui que l’on choisit, pas celui que la vie nous impose. Prendre le temps d’identifier ce qui s’est passé. Ce qui nous est passé par la tête, par le corps, par le cœur. Le comprendre. Apprivoiser encore une fois ce que l’on a préféré mettre à distance parce que tant qu’on ne l’avait pas identifié, c’était soit trop loin, soit trop près de nous, en tout cas jamais au bon endroit et jamais comme on le veut.

Rompre le schéma selon lequel il s’agit de mettre le couvercle sur la casserole et laisser bouillir en dessous. Cette histoire nous a amenés à soulever le couvercle, et à le faire en toute conscience. Le lieu, le moment, l’espace, tout était choisi. Anticipé. Planifié. Pour être sûrs d’être prêts. Et surtout, ce couvercle, on l’a soulevé ensemble. Bien sûr nos casseroles ne sont pas les mêmes, bien sûr nos vécus sont différents, mais personne n’est là pour comparer l’intensité du préjudice vécu à celui des autres. C’est bien trop intime et personnel. L’écoute et le recueil des émotions se sont faits dans le plus grand respect tacite des histoires des uns et des autres.

Et c’est ainsi que je veux vous la raconter, cette histoire. Mon histoire, mais aussi la nôtre, et peut-être un peu la vôtre.

Continuer la lecture

Table des matières de Une seconde, et puis la vie

Ch. 1 Ch. 2 Ch. 3
Ch. 4
Ch. 5
Ch. 6
Ch. 7
Ch. 8
Ch. 9
Ch. 10
Ch. 11
all

Vous aimerez aussi

Romans Nouvellement Sortis

Couverture du roman LE REJET DE L'ALPHA
8.0
Face à l'arrogance de l'Alpha Parker Mason, Jasmine refuse de se soumettre. Coincée contre un bureau par ce loup dominant qui exige une obéissance totale, elle refuse de devenir son jouet ou de vivre captive. Malgré l'intimidation et la force physique de Parker, la jeune femme tient tête à son destin. Dans un élan de défi, elle prononce les mots irréversibles : elle rejette officiellement son lien de compagne, préférant sa liberté à l'emprise toxique de son partenaire imposé.
Couverture du roman One boy
8.2
Dans ce récit captivant appartenant au genre young-adult, nous suivons le parcours singulier d'un jeune garçon. À travers son regard, le lecteur découvre les défis, les émotions et les étapes cruciales qui marquent son existence. Ce portrait intime explore les nuances de son identité alors qu'il navigue dans les complexités de sa propre vie. Une œuvre centrée sur l'expérience humaine, illustrant avec simplicité la trajectoire d'un adolescent face à son destin.
Couverture du roman Reine après le divorce
8.4
Après trois ans de dévouement, elle reçoit pour seul cadeau d'anniversaire des papiers de divorce. La trahison est totale : son mari la quitte pour sa propre sœur adoptive, sa confidente de toujours. Brisée par cette double déloyauté, l'épouse docile disparaît pour laisser place à une femme de pouvoir, métamorphosée et impitoyable. Alors que son ex-mari réalise son erreur, elle revient réclamer justice. Les rôles s'inversent et l'heure de la vengeance a enfin sonné.
Couverture du roman Son ex, mon lit : L'ultime trahison
8.3
Neurochirurgienne à succès, je finance le train de vie luxueux de mon mari Maxime et de sa famille. Pour nos vacances à Saint-Barth, il offre mon billet première classe à son ex, Ambre, me reléguant à un vol low-cost dangereux. Sa famille soutient cette trahison, me traitant en simple banquière. Quand je découvre Ambre dans mon lit, l'humiliation cède la place à une vengeance glaciale. J'annule tout, bloque leurs comptes et lance un divorce pour récupérer mes millions.
Couverture du roman Tout simplement irrésistible
8.8
Alors qu'Hermione s'apprête à épouser Ron, celui-ci rompt brutalement lors d'un déjeuner, la laissant dévastée. Face à ce rejet, Draco Malfoy surgit avec une proposition provocatrice : transformer radicalement l'apparence et l'aura de la jeune femme. Son objectif est clair : faire d'elle une femme si irrésistible que Weasley mourra de regret tandis que tous les autres hommes succomberont à son charme. Entre vengeance et métamorphose, Hermione entame une mue inattendue.
Couverture du roman Un Milliardaire en Quête d'Identité
9.6
Ma rencontre fortuite avec Mason dans une galerie d'art a débouché sur une passion intense. Ce milliardaire semble parfait : un physique d'athlète, un charisme fou et une fortune colossale. Pourtant, derrière nos ébats et ses attentions, se cache une vérité amère. Ce séducteur ne s'intéresse à moi que pour récupérer un portrait légué par mon grand-père. Malgré mon désir persistant, je refuse de céder à ses manipulations. Entre haine et attraction, le jeu de dupes commence.
Chapitres
Lire
Partager