
UNE FAMILLE À AIMER
Chapitre 3
~~~~~~~Mélissa~~~~~~~~
Lorsque je termine de prendre ma douche, Je vais passer un collant et un tee-shirt de maison. Je récupère mon portable et je vais me poser au salon en attendant que Darryl revienne.
La partie du film où chacun fait semblant d’être concentré devant la télévision.
Rien, personne oh pour me demander les nouvelles. Mais comme j’aime bien partager, et bien je vais encore ouvrir la conversation. Au moins je vais nous empêcher de finir avec les bouches parfumées à l’odeur du renfermé.
-moi : euh maman, tantine stella te passe le bonjour.
-Maman : quel bonjour ? Depuis que son frère est parti de la maison, elle connaît encore qui je suis ? Aramba mi tana (les choses maboules).
-moi : ah en tout cas ; j’ai fait la commission.
-Maman : il faut garder ce genre de nouvelles pardon.
On reste encore quelque seconde sans parler puis, j’ouvre encore ma bouche.
-moi : ah, donc il y a maintenant le Wi-Fi ici ? Mais c’est parfait. Il faut me passer le code je vais profiter à faire les mises à jour sur mon PC.
-Amanda : le Wi-Fi ne s’est pas placé tout seul han ? Si tu veux l’utiliser, il faut aussi contribuer. En parlant de contribution, il y a aussi la dame qui fait le ménage qu’on va payer maintenant à deux.
Non la fille-là ne cessera jamais de m’étonner oh ?
On ne s’est pas vu depuis combien de temps, elle ne cherche pas à parler des vraies choses, non, il faut toujours qu’on aille sur des terrains qui n’ont rien à voir avec une relation fraternelle. Les choses qui m’énervent souvent. Mais comme je suis du genre à me contenir, Je respire un bon coup avant de lui répondre,
-moi : payer la dame de ménage ? Je n’ai pas les bras coupés, Je peux gérer mon ménage seule.
-Amanda : ah bon ? Et le salon où tu es assise ? La cuisine ? Je dis même, Tu vas aussi faire ta lessive ? Il ne faut pas rêver sur la machine à laver qui se trouve à la douche han ? Il n’y a que la dame de ménage et moi qui la manipulons. Après, il faudra participer aussi sur les autres charges. La bouffe, l’eau et l’électricité.
-moi : ah, mais est-ce que y a un soucis ? Je peux laver mon linge à la main. Je ne pense pas que je suis une enfant pour faire un quelconque désordre au salon ou bien dans la cuisine. En tout cas, Je suis quand même consciente que papa n’est plus ici donc je dois mettre la main à la pâte. Pourquoi tu parles comme si je veux abuser de toi et de ton argent ? Tu m’as déjà vu un jour te demander 1franc ?
J’ai parlé tranquillement, sans laisser trembler ma voix malgré les larmes qui commencent à pointer au fond de mes yeux.
-Maman : ahhh Mélissa awè kè (toi aussi) ! Tu vois le problème où dans ce que ta sœur dit ?
Je regarde ma mère et là je suis juste encore plus désolée. Je n’ai même plus les mots.
-moi : mais maman, sincèrement, Tu as déjà vu un problème dans ce qu’Amanda fait ?
-Maman : ah bé bé (pardon), il ne faut pas me mélanger dans vos histoires.
-moi : mais maman, je pose la question parce que tu me demandes où est le problème. Je viens d’arriver à la maison, donc ce qui est plus important c’est me parler d’argent ? Je suis désolée d’être venue vous déranger, Je pensais que c’était normal de venir m’asseoir un moment avec vous après tout ce temps. En tout cas…
Je me lève et je retourne dans ma chambre. Je ne sais même pas pourquoi je suis d’abord sortie.
Je prends les valises et je me décide à commencer à les vider.
Alors que je suis en plein dans mon rangement, Maman me rejoint dans la chambre.
-Maman : ah, Tu plies tes affaires ?
-moi : ouais…
-Maman : ah ok. Tu ne manges pas ?
-moi : j’ai envoyé Darryl me chercher quelque chose. J’attends qu’il revienne !
-Maman : ah, Je venais juste te dire de ne pas te fâcher à cause de ce que ta sœur te disait au salon. Ne t’occupes pas d’elle.
-moi : mais maman, Je ne fais que ça, ne pas m’occuper. Mais tu penses que c’est normale ? J’arrive à peine que déjà on me parle de charge et autres. Donc y a personne pour me demander si je vais bien, si j’ai bien fini avec l’école, si j’ai une proposition d’emploi quelque part ? Même les parfums que je vous ai apporté ne méritent pas de merci ?
-Maman : ahhh j’avais déjà oublié, merci. Et puis, est-ce que le boulot c’est un problème ? Ta sœur va te trouver quelque chose dans sa société, elle est DRH.
-moi : qui ? Amanda ? Kiakiakiakia on blague je suppose !
-Maman : mais oui, c’est la grossesse la rend un peu nerveuse ehhhh ?
-moi : quelle grossesse maman ? Tu sais que ta fille est mauvaise depuis toujours, et tu l’encourages.
-Maman : que je vais faire comment ? C’est ma fille.
-moi : ahhh et moi je suis qui ?
Avant que je n’arrive à finir de parler, Amanda fait irruption dans la chambre pour me crier dessus.
-Amanda : mais je dis han, tu ne peux pas essuyer la douche après avoir fini de l’utiliser ? Dépêches-toi d’aller nettoyer ton désordre, j’ai besoin de me doucher.
-moi : Amanda, ne confonds pas mon respect pour toi avec de la peur. Tu penses que c’est seulement parce que tu es enceinte que tu peux faire un enfant de mon âge ? Je ne sais pas piur qui tu te prends, mais je tiens à te rappeler que je ne vis pas chez toi, Ok ? Maintenant je te dis que je ne vais pas essuyer, tu vas me faire quoi ?
Comme je me disais aussi, elle tourne ses talons et repars d’où elle est venue.
Non mais sérieusement, quand j’ai fini de me doucher, j’ai constaté qu’il n’y avait pas de serpillière. J’ai vu que ce n’était pas un soucis vu que je n’ai pas mouiller l’endroit, à l’exception des quelques traces que j’ai laissé. C’est pour ça on veut mal me parler on dirait j’étais un locataire ici ?
-Maman : Mélissa je t’ai dit de ne pas te fâcher non ?
-moi : maman regardes pardon, j’ai besoin de finir de plier mes vêtements tranquillement, Tu peux aller retrouver ta fille. Si on analyse bien, peut-être c’est toi qu’elle cherchait quand elle est venue faire son petit numéro.
Finalement, elle se lève et sort de la chambre alors que je fais celle qui est très active dans le placard.
Je me sent juste faible.
Parfois je me demande si elles s’entraînent avant de sortir leurs numéros, ou bien elles sont fortes dans l’improvisation.
« Je vais faire comment, c’est ma fille ». Donc moi je suis le chien, voici pourquoi elle doit toujours chercher à m’écraser devant toi sans que tu ne dises mot.
Toc toc toc !
-moi : Oui ???
Darryl ouvrant la porte,
-Darryl : c’est comment tu réponds comme si on avait à faire ?
-moi : je ne savais pas que c’était toi. Rentres et fermes la porte.
-Darryl : tu ne vas pas au salon ?
-moi : j’ai tenté mais j’ai changé d’avis après 10 minutes.
-Darryl : mai c’est beaucoup. Moi je ne gère plus tout ça. Je rentre seulement et je sors.
-moi : tu te rends compte que ta sœur est encore pire que jamais ? Me faire tout un discours sur l’argent que je dois donner pour participer aux charges de la maison, tout ça seulement parce que j’ai parlé du Wi-Fi .
-Darry : mais toi tu ne sais pas qu’ici c’est maintenant comme ça ? Et là tu n’as rien vu. Ta sœur dors avec les télécommandes de sa télévision et du décoder. Genre c’est seulement elle qui regarde la TV. Moi depuis là, Je ne regarde plus ça oh
-moi : mais c’est quoi l’utilité de mettre une télévision au salon si c’est pour regarder ça elle-même ? Elle peut transporter ça dans sa chambre.
-Darryl : que c’est la télévision qui manque dans sa chambre ? Ta sœur veut juste faire le MCDG (mauvais cœur dur glacé).
-moi : en tout cas, si elle pense que c’est parce qu’elle remplie la maison avec ses affaires qu’elle va rester propriétaire ici, elle rêve beaucoup.
On reste à discuter pendant un bon moment tout en mangeant nos chawarmas.
Une fois que Darryl rejoint sa chambre, Je vais me brosser les dents et je reviens dans la mienne.
Je fais ma petite prière comme chaque soir depuis maintenant près de 7 ans. Prière dans laquelle je demande à Dieu de ne pas me laisser sombrer dans la haine, de me permettre de venir à bout de tous ces chagrins qui rongent mon âme à petit feu.
Quand je pense à la prière, Je pense aussi à Michelle, celle qui m’a entraîné la dedans. Et en parlant, Je vais lui faire un message pour lui dire que je suis arrivée. Demain c’est samedi et il serait toujours mieux de passer toute ma journée hors de cette maison…
Ce soir je m’endors le cœur presqu’en paix.
~~~~~~Christophe~~~~~~
Allongé sur mon lit, les yeux clos, j’entends la maison s’éveiller lentement.
Je prends une grosse bouffée d’air avant de me remettre à penser aux choses de ma famille formidable.
Cette fois, les choses sont maintenant très claires parce que les dames ne se cachent plus.
La copine d’Éric a eu deux enfants dans cette maison, jamais Tante Mado n’a fait semblant de donner un coup de main. Là, comme c’est la Reine qui a pondu, eh bien madame va carrément dormir avec elle. Elle abandonne son mari pour aller « soutenir » sa fille qui a besoin « d’aide ».
Hier, alors que je paufinais mentalement ma journée d’aujourd’hui, j’ai entendu Tante Mado dire à papa qu’elle s’en va dormir avec sa fille pour l’aider la nuit avec le bébé, je suis resté à rire en me disant qu’elles ne vont cesser de me surprendre.
Je me lève et décide de passer sous la douche.
Lorsque j’en sors, il est 8h10 du matin. Après avoir enfiler un pantalon en lin blanc et un tee-shirt de la même couleur, je mets mes sandales et je me dirige vers la cuisine pour manger quelque chose de plus solide que la veille. En passant par le salon, on peut voir que les visites avec cadeaux ont déjà commencé. Je lance un Bonjour, et je continue mon chemin vers la cuisine où je trouve Éric qui fait le petit déjeuner à ses enfants.
-moi : on dirait que je ne suis pas le seul affamé ici. Bonjour !
-les enfants : bonjour tonton Christo !
-Eric : où vas-tu à cette heure matinale ?
-moi : je vais vaquer à mes occupations loin de cette maison.
-Éric : mais pourquoi tu aimes toujours fuir de la maison ? Tu es ici un mois sur deux, passes un peu du temps avec ta famille…
-moi : ah si tu veux que je garde encore tes fils, aujourd’hui là c’est mort seulement. J’ai un programme bien chargé.
-Éric : qui te parle de ça ? Je te dis de rester là, on aura un repas familial ce midi. Beaucoup de personnes seront là.
-moi : kiakiakiakiakia repas familial ? Jamais. Ils viendront pour voir le fils de la reine, et non pour toi et moi.
-Éric : Christo, cesses de durcir ton cœur…
-moi : pauvre de mon cœur qui continue à fonctionner normalement. Zéro problème dans mes mouvements de diastole ou systole.
-Éric : mais je suis sérieux man.
-moi : mais je suis aussi sérieux quand je te dis d’arrêter de les suivre comme si ta vie en dépendait.
-Éric : que je les suis comment ? Je suis juste présent à leurs côtés.
-moi : non le grand, tu les suis malgré le fait qu’elles ne te calculent presque jamais. Ouvres un peu les yeux sur la situation. Christina a accouché de vos deux enfant ici dans cette maison, tu as déjà vu qu’on a fait quoi pour eux ? Ils parlent de repas familial pour ne pas dire repas en l’honneur du fils de la reine.
-Éric : la famille reste la famille Christo…
-moi : oui d’accord, mais il faut que chacun fasse la part des choses.Tu penses que je deteste quelqu’un ici ? Non du tout, je les traite juste comme ils me traitent. Si j’étais si dur de cœur comme tu dis, tu peux m’expliquer comment je fais pour être bien avec la famille de maman ou alors avec les jumelles (les petites sœurs de papa) ? Je ne parle même pas de comment je suis bien avec papa et toi. Le sentiment familiale doit être réciproque avant de placer le mot famille. C’est clair que je ne laisserai jamais personne faire du mal à un membre de ma famille, mais mon intérêt s’arrête là. Arrêtes de te faire des illusions sur cette famille et occupes-toi sérieusement de la tienne. Commences par sortir de cette concession avec Christina. La pauvre doit être dépassée de la façon dont on ne la calcule ni elle, ni ses enfants, ni toi aussi.
-Éric : mais qui dit que…
-moi : non Éric, ce n’est pas le débat ce matin, je te dis juste quelques vérités. Épouses la pauvre fille et sors de cette maison pour vivre réellement ta vie de famille.
Finalement, je ne me fais plus à manger, je laisse Éric à ses réflexions dans la cuisine, et j’espère que cette fois les paroles vont le faire bouger un peu.
Je vais récupérer ma sacoche dans la chambre en vérifiant que mon porte-feuille se trouve bien à l’intérieur. Je rejoins le salon en chantant « il est né le divin enfant » histoire de faire gonfler un peu la reine avant de quitter la maison. Alors que je suis devant la porte, tante Mado me dit :
-Tante Mado : j’espère que tu ne vas pas durer là-bas, je voulais que tu ailles me prendre la boisson pour ce midi. Ou alors, Je te remets déjà l’argent et tu vas prendre ça maintenant ?
-moi : la vieille, surtout ne bouges pas, gardes la même position, Je vais revenir acheter votre boisson.
Je continue mon chemin et je vais sur la route à la recherche d’un taxi. Direction CK2.
Ce matin j’ai prévu d’acheter l’électro-menager. C’est juste ce qui manque. Tout doit être prêt pour mardi quand je vais rentrer dans ma petite maison.
Alors que je suis en plein dans la contemplation des réfrigérateurs, j’écoute une discussion qui attire mon attention.
-femme 1 : tu es sûre que c’est joli ?
-femme2 : mais oui, même toi-même. Ce service de table fera un cadeau parfait. Tu vois ; c’est une invitation à se mettre à table ensemble, en famille quoi !
-femme 1 : toi et tes histoires d’en famille. Ok
-femme 2 : mais oui, et tu sais que j’ai raison. C’est important d’entretenir l’esprit familial. Et je le dis en connaissance de cause.
A cette dernière remarque, Je lève ma tête et mes yeux cherchent celle-là même qui vient de parler. On aurait dit qu’elle avait formulé cette dernière phrase avec comme un regret dans la voix….
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