
UNE BONNE FEMME POUR MON FILS
Chapitre 3
Au lever du jour suivant, Jones s'était déjà éveillé et scrutait attentivement quelques documents professionnels dans un silence absolu, plongé dans une concentration sans faille. L'atmosphère était renforcée par le silence de la pièce et la lumière douce du soleil levant qui s'infiltrait par la fenêtre ouverte apportait une ambiance paisible et sereine à la pièce.
C'est alors que Aline, doucement sortie de son sommeil, émergea de ses draps. Son regard encore endormi balaya la pièce, cherchant à identifier l'origine de cette atmosphère étrange. Elle aperçut alors Jones, assis à son bureau, penché sur des documents avec une telle intensité qu'il semblait être seul au monde.
Elle ne voulait pas le déranger. Jones, plongé dans ses pensées, ne remarqua pas immédiatement qu’elle s’était déjà réveillée. Ce n'est qu'à la légère toux d’Aline, signalant sa présence, que Jones détourna son regard de ses documents. Les sourcils légèrement froncés et Aline le salua :
« Bonjour Jones.
« Bonjour Aline, j'espère que vous avez bien dormi cette nuit ? »
« Oui, ça va. Mais c'est un peu étrange. »
« Qu'est-ce qui est étrange ? Y a-t-il un problème ? Avez-vous fait un mauvais rêve ? »
« Non, rien de tout cela. Ce qui est étrange, c'est que c'est la première fois que je dors avec un homme dans le même lit, dans sa maison, et pourtant je me sens comme chez moi. Vous vous êtes réveillé avant moi, ce qui est encore plus étrange, car habituellement je me lève avant vous. Mais j'ai dormi comme un bébé qui n'a aucun souci.»
« Oh, je vois. C'est peut-être parce que vous avez passé la nuit chez un saint. »
« Vous, un saint ? Ne me faites pas rire. Et vous, que faites-vous exactement ? »
« C'est le travail, toujours le travail. Bon, je vais me doucher pour me préparer. Je dois me rendre au bureau. »
Jones rangea les documents dans son sac et s'apprêtait à se diriger vers la douche lorsque sa sœur frappa à la porte. Il lui ouvrit, et grande fut sa surprise lorsqu'il vit qu'elle avait un plateau entre les mains.
Julia entra dans la chambre avec le plateau, alors qu'Aline était encore couchée sous les draps. Les deux saluèrent Julia :
« Bonjour grand frère, Bonjour Aline »
« Bonjour Julia », répondirent-ils.
Julia déposa le plateau sur la table dans la chambre. Jones chercha à comprendre ce qui n'allait pas.
« Je ne comprends pas, est-ce un changement ? »
« Non, non, j'ai juste apporté le petit-déjeuner à ma belle-sœur Aline, et non à toi.
« Oh, je vois. Dans ce cas, je vous laisse. Je vais prendre une douche. »
« Va-y, mais sache que je pars déjà. Nous nous verrons ce soir. »
« D'accord, petite sœur, et n'oublie pas d'être prudente sur la route. Ta voiture n'a aucun souci, j'espère ? »
« Non, rien, sinon je te l'aurais dit. »
« C'est vraiment bien. Alors, bonne journée à toi ! »
« Pareil pour toi aussi. »
Jones prit sa douche, tandis que Julia discutait un peu avec Aline avant de partir. Aline était vraiment contente du comportement de la sœur de Jones.
Quelques instants plus tard, Jones était prêt à partir et Aline avait achevé son petit déjeuner. Elle s'empressait de se préparer pour rentrer chez elle lorsque son compagnon la stoppa dans son élan.
« Prends ton temps, je vais laisser les clés et lorsque tu auras fini, tu pourras fermer la porte et remettre les clés à mon gardien. Ton argent est dans l'enveloppe qui se trouve sur la table de chevet. Pour ma part, je dois partir, j'ai une journée bien remplie qui m'attend. »
« Mais Jones… »
« Ne dis rien, je tiens juste à te demander de renoncer à ton travail. Si tu cherches un emploi, il y en a à pourvoir dans ma société ainsi qu'à la maison. Passe une excellente journée. »
Aline se trouva sans voix, elle souhaita bonne journée à son compagnon qui lui fit signe avant de s'éloigner.
Après s'être apprêtée, Aline se saisit de l'enveloppe laissée par Jones et en examina le contenu. Elle fut stupéfaite de constater que la somme d'argent qui y figurait dépassait de loin ce qu'elle devait recevoir. Elle en perdit ses mots et se parla à elle-même.
« Est-ce un coup de chance ou quoi ? Cet homme ne m'a pas touchée, il ne m'a même pas approchée et pourtant il me laisse une telle somme d'argent ? Je ne comprends plus rien. Je ne mérite pas cet argent, je ne vais pas le prendre.»
Aline décida de poser l'enveloppe là où Jones l'avait laissée et prit son sac pour partir. Cependant, elle fut interrompue par une vibration de son portable. Elle sortit son téléphone de son sac pour constater qu'il s'agissait de son amie Anita.
Anita est la compagne d'Aline, avec qui elle partage son domicile. Lorsqu'elle décroche l'appel, elle répond avec politesse et distinction :
« Bonjour Anita, y a-t-il un souci ? »
« Bonjour Aline, où est ton téléphone portable ? Je t'ai appelé à plusieurs reprises mais je n'ai reçu aucune réponse. Ton téléphone sonne, mais personne ne décroche. J'espère qu'il n'y a pas de soucis ? »
« Non, ma chère, il n'y a aucun problème. Je suis d'ailleurs en route pour la maison. Le propriétaire est-il passé ? »
« Non, pas encore. Mais je m'attends à ce qu'il arrive bientôt. As-tu pu trouver de l'argent ? Parce que l'homme avec qui j'ai passé la nuit ne m'a pas donné beaucoup. Tu sais que si nous ne payons pas le propriétaire, nous risquons d'être expulsées de notre domicile. »
« Je vais rentrer bientôt et nous réfléchirons à la situation, ma chère. »
« Tu insinues donc que tu as une solution ? Je vois que tu as passé une bonne nuit, avec cet homme et sa belle voiture. »
« Anita, s'il te plaît, cessons de parler de cela. »
« Es-tu encore chez lui ? Je n'entends aucun bruit de départ. Ou bien avez-vous décidé de passer la journée ensemble ? Ne me dis pas qu'il a été ensorcelé par ta beauté et tes talents. »
« Anita, tu parles trop. Il est déjà parti au travail et je m'apprêtais à partir lorsque tu m'as appelée. »
« Quoi ? Il t'a laissé seule chez lui et est parti travailler? »
« Oui, bon, je te laisse maintenant. Je rentrerai chez nous tout à l’heure. »
« Entendu, j'ai hâte de te voir et que tu me racontes tout. Est-ce qu'il est riche ? »
Aline raccrocha l'appel, indécise quant à sa situation. Si elle ne rapporte pas l'argent nécessaire, elle et Anita pourraient être expulsées par le propriétaire. Elle décida donc de prendre l'enveloppe d'argent que Jones avait laissée, la mit dans son sac à main, prit la clé sur la table et quitta la chambre.
Carlos, l'ami de Jones, s'était présenté chez lui pour le récupérer. Il était persuadé que ce dernier se trouvait encore dans sa demeure. Cependant, lorsque le gardien de Jones ouvrit le portail, Carlos interrogea ce dernier sur la présence de son patron à la maison. Le gardien lui expliqua alors que ce dernier était déjà parti travailler. Tandis qu'ils discutaient, Aline arriva à l'extérieur, ferma la porte derrière elle et remit les clés au gardien conformément aux instructions de Jones. Elle salua cordialement Carlos et le gardien avant de prendre congé. Carlos était perplexe et exprima son incompréhension :
« Excuse-moi, Sam, tu viens de me dire que ton boss n'est pas présent à la maison. »
« Effectivement, monsieur, mon patron a déjà quitté pour son lieu de travail. Il a pris sa voiture et est parti. »
« Alors, qui est dans la maison actuellement, à l'exception de cette dame qui vient de partir ? »
« Personne, monsieur, même mademoiselle Julia est partie pour l'université. »
« Si je comprends bien, Jones a laissé cette femme seule chez lui. Pourquoi agit-il ainsi ? Bonne journée, Sam. »
« Merci infiniment, monsieur. Je vous souhaite également une bonne journée. »
Carlos monta alors dans sa voiture et prit la direction de l'entreprise de Jones. .
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