Couverture du roman Un stupide pari

Un stupide pari

9.4 / 10.0
Lorsqu'on transforme les sentiments en un simple divertissement, les conséquences peuvent être désastreuses. Ce récit explore les dérives de l'affection quand elle devient l'objet d'un défi risqué. Que reste-t-il de la sincérité quand l'amour n'est plus qu'un pion sur l'échiquier d'une compétition cruelle ? Plongez dans une romance young adult où les enjeux émotionnels dépassent le cadre du jeu, révélant la fragilité des cœurs face à la manipulation.

Un stupide pari Chapitre 1

Prologue

Les rires d’Habib pouvaient se faire entendre sur un rayon de 10km. Ces rires n’avaient rien d’anodin, le jeune homme était en train de se moquer de son meilleur ami qui lui faisait savoir qu’il venait de se prendre une veste de la part de sa collègue, l’intrépide Fatou Kiné.

Après avoir repris ses esprits, Habib se vanta auprès de son ami en disant que c’était le genre qui ne lui est jamais arrivé et qui ne l’arrivera jamais. Moctar eut le réflexe de rectifier son ami en lui faisant comprendre que la belle Fatou Kiné sortait d’une mésaventure, que peu importe l’homme qui se tenait en face d’elle, sa réponse serait non.

Dans un sursaut d’orgueil, Habib eu la pire idée de sa vie. Il lança un pari à l’encontre de son ami. Pour lui Fatou Kiné ne serait qu’un nom de plus sur son tableau de chasse. Malheureusement pour Habib, il avait un jeu à gagner mais l’amour n’est pas un jeu. Ce qu’Habib n’avait pas prévu, c’est que Kiné devienne l’unique objet de ses pensées. Car, maintenant qu’il l’aime plus que de raison, que se passera-t-il si elle découvre qu’il s’est servi d’elle ?

Chapitre 1

Je me réveille en entendant des bruissements au fond de mon ventre. Je n’ai pas diné hier, j’avais pas faim mais j’aurais dû me douter que la nuit allait être longue.

Je suis affalé sur le canapé. La télévision encore allumée illumine la pièce. Mon appartement ne ressemble pas à ça d’habitude. Je fais des efforts de rangement et de nettoyage. J’aime l’ordre, j’aime quand chaque chose est à sa place. En ce moment on dirait qu’un ouragan est passé sur ces lieux.

En mettant mes pieds sur le sol, mon pied gauche entre dans le bol de mon repas d’hier. Oh mais putain, dîtes-moi que c’est pas vrai. C’est à cloche-pied que j’avance jusqu’à l’interrupteur du salon pour éclairer la pièce. Et c’est de cette manière que je me rends à la salle de bain.

Je lave mon pied avec le robinet de la baignoire avant d’aller dans le lavabo afin de me débarbouiller le visage. Je regarde un instant le miroir. Vous voyez comment je suis moche? Dieu sait que je ne ressemble pas à ça d’habitude. Ma barbe a poussé alors que d’habitude il y en a qu’assez pour piquer quand on me caresse et mes cheveux ne ressemblent à rien. Je suis sûr que si ma petite sœur les voit, elle les traitera de tas de choux. Je dois aller chez le coiffeur. Il le faut vraiment.

Mon nez ne cesse de couler et mes yeux sont bouffis. J’ai tout mon corps qui me fait mal et la douleur est plus vive au niveau du thorax. J’ai mal à la tête et je suis nauséeux. Je pense que c’est le palu, d’autant plus que c’est l’hivernage. Toutefois j’écarte pas la possibilité que ça soit la grippe. Peu importe, laquelle de ces deux merdes c’est. Cela fait une semaine que je suis malade et que je ne sors pas de chez moi. A dire vrai, je ne me lève de mon canapé que pour ouvrir la porte au livreur qui m’amène ma nourriture ou pour aller à la salle de bain. Mon portable est éteint, je veux être seul et je ne veux parler à personne. J’ose espérer que les gens qui m’entourent vont respecter cela jusqu’à ce que je daigne sortir.

Depuis que je suis enfermé dans cet appartement, je ne m’habille qu’en short plus sous-vêtements. Je me douche pour reporter les mêmes choses. Je suis tout sauf présentable. Mais comme je disais, je ne ressemble pas à ça d’habitude.

Je me dirige à la cuisine pour chercher des restes dans le frigo. Si mon salon est désordonné, ma cuisine est encore pire. Il y a des assiettes sales qui datent d’une semaine. Je les ignore, je n’ai aucune envie de m’occuper de ça.

Heureusement pour moi, je retrouve des restes de pizzas. Je les fais chauffer à la micro-onde avant de les ramener au salon. Je regarde ce qu’il y a à la télé. A 4h du matin, je me demande ce qu’on peut espérer trouver. Je l’éteins pour prendre mon ordinateur. Etant un cinéphile, j’ai pas mal de séries avec moi. Après avoir défilé pendant un moment sur les dossiers, j’opte pour The big bang theory en pensant peut-être que cette fois-ci, ils parviendront à m’arracher un sourire.

C’est une de mes séries préférées que je regarde à la fois en VO et en VF mais disons que ces derniers temps, ni le manque de subtilité de Sheldon, ni les blagues tordus d’Howard ou encore les jeux de mots de Leonard n’ont réussi à me faire rire. Peut-être qu’aujourd’hui ils s’y arriveront.

Après avoir fini de manger, je prends la bouteille pour boire. J’ai pas de verre et j’en ai pas besoin. C’est ma bouteille, je peux en faire ce que je veux.

Je me couche à nouveau sur le canapé et rapproche la table où est déposé l’ordi de moi. Je m’endors quelques minutes après et encore une fois les 4 amis ont échoué leur mission.

*********

Cette fois-ci, les bruits qui me réveillent ne viennent pas de mon ventre mais plutôt de ma porte d’entrée. Qui qu’il soit, je pense qu’il sait déjà que je n’ai envie de voir personne.

Au lieu de me lever, j’arrange mieux la couette qui est sur moi sachant bien que je vais me rendormir très vite.

-Habib, te fous pas de moi. La seule excuse que tu peux avoir pour ne pas m’ouvrir c’est d’être mort. Tu as une minute pour m’ouvrir si tu ne le fais pas, j’irai voir le propriétaire pour qu’il me donne le double des clefs.

J’ai sursauté dès que j’ai entendu cette voix. Ciel, c’est ma mère !

Je voulais faire un peu de rangement mais elle m’a dit que je n’avais qu’une minute, qu’est-ce qu’on peut faire en une minute ?

Et puis même, on s’en fout quoi. Elle sait que depuis quelques jours je ne suis pas dans mon assiette donc elle comprendra.

Je vais l’ouvrir.

Ma mère se tient en face de moi. Je sais que c’est loin d’être une visite de courtoisie. Elle a une voile blanche avec des motifs dorés sur la tête et est habillé d’une robe en tissus « brodé » blanche avec une pochette dorée qui sans doute est de cette couleur pour s’aligner avec son voile. Depuis qu’elle est allée à la Mecque et qu’elle est devenue Adja Leyla, elle ne sort jamais sans rien sur la tête. C’est avec des mains tatouées au henné qu’elle tient son portable, un samsung galaxy. Elle n’a pas les dernières applications mais elle a dit à mon père que s’il peut acheter des portables chers à ses enfants, elle doit également en avoir. Soyez pas dupes, ma mère n’est pas en concurrence avec ses enfants c’est plutôt avec sa coépouse qu’elle est en concurrence. Après il faut la comprendre, quand ton mari épouse une minette alors que tu es déjà grand-mère il y a de quoi être en colère.

On sait tous que sa femme est avec lui pour son argent. Quelle femme saine d’esprit tombe amoureuse d’un type qui a le double de son âge ? Ma mère a fait des crises et tout ça, j’en suis désolé pour elle. Mais je m’oppose pas à ce mariage et je le ferai jamais. Si mon père pense retrouver ses vielles années grâce à Anna Fall et bein, je leur souhaite tout le bonheur du monde.

Je me suis un peu égaré, revenons à la présence de ma mère dans mon appartement.

-Habib, mais qu’est-ce qui t’arrive bon sang ?

-Bonjour mère.

-La ferme, je te dis.

Ça fait un bruit de ouf dans ma tête et j’ai l’impression qu’elle va exploser. Je pose ma main sur mon front.

-Maman, s’il te plait. Tu peux ne pas crier ?

-Merde. Pousse-toi que je puisse entrer.

Avant même que je me décale, elle me bouscule et entre.

-C’est dans cet état pitoyable qu’est ce logement…Se lamente-t-elle.

-Tu sais bien que je suis malade.

-Arrête de faire semblant. Tu es juste dégueulasse, je sais que tu n’as rien.

-Maman, comment peux-tu dire ça de moi ? Tu me connais.

-Au moins enlève ces affaires du canapé que je puisse m’asseoir.

Je vais prendre mes habits qui traînaient et ma couette. Je vais les poser sur le lit. Je reviens prendre les assiettes avec lesquelles je mangeais pour les amener à la cuisine. Là où elles doivent être.

Je me mets sur le fauteuil et je laisse le canapé à ma mère.

-Tu ne passes même pas un coup de balai ou tu n’as pas remarqué à quel point cette pièce est sale.

-Quand tu vas rentrer, je nettoierai.

-Tu penses que je te crois ?

-Tu es venue en taxi ?

-Non, c’est ton frère qui m’a amené. Normalement, il arrive.

-Ok. J’attends qu’il vienne. Il sait que je n’ai envie de voir personne et c’est lui qui te dépose.

-Entre toi et moi Habib, qui est la priorité d’Issa ?

Elle marque un point alors je ne dis rien.

-Tu l’as revue ???Me demande-t-elle.

-Qui ?

-Tu sais bien de qui je parle.

Je sais qu’elle parle de Kiné mais dans la mesure où j’aime bien faire mon "gogol", je fais celui qui sait pas.

-Mais je sais pas.

-Habib je t’ai déjà demandé de ne pas te foutre de moi…S’exprime-t-elle sur un ton menaçant.

-Pourquoi je ferai un truc pareil ?

Avant que ma mère ne me tue, quelqu’un frappe. Issa, sans aucun doute.

Je me lève pour aller lui ouvrir.

-Dieu seul sait combien je t’en veux. Pourquoi tu l’as laissé venir ?

-Va te faire foutre et je t’interdis de te déverser sur moi. Si tu as un truc à dire, va le lui dire à elle.

-T’aurais pu au moins t’arranger pour qu’elle reste à la maison.

-Non Habib, tu te fous de moi là. Tu sais bien comment elle est.

-T’aurais pu l’attacher à un arbre.

-Habib, walay je te casserai la gueule. C’est à ta mère que tu dis ça. Heureusement que le Ciel ne m’a pas donné qu’un fils, mal élevé va.

-Maman, je n’ai rien dit de mal…Dis-je avant de me rasseoir et Issa imite mon geste.

-Tu m’as quand même demandé de l’attacher à un arbre, je doute qu’elle apprécie ton sens de l’humour. D’ailleurs même je suis surpris de te voir faire des blagues. Ça va ?

-Je suis malade.

-D’une maladie dont le remède s’appelle Fatou Kiné.

-Va te faire foutre.

J’insulte Issa oubliant que ma mère est avec nous. Non mais, il m’énerve lui.

-Si on est énervé c’est parce qu’on a touché son point sensible.

-Tu n’as rien touché du tout.

-Tu sais bien que si je suis là c’est pour parler d’elle...Dit ma mère mais c’est évident que je l’ai deviné.

-Je sais.

-Donc pourquoi tu faisais l’idiot quand je te demandais si tu l’avais vu ?

-Maman quand tu me regardes est-ce que je te donne l’impression d’avoir envie de parler de Fatou Kiné?

-Mais tu dois en parler.

-Parler de quoi ? De comment elle m’a largué comme si j’étais une grosse merde. Je la comprends peut-être que si on inversait les rôles j’aurais fait pareil. Ce qui me fait mal c’est le fait de savoir qu’elle va se marier en moins d’un mois après notre rupture. Elle m’a même pas laissé le temps d’arranger la situation, de me racheter, de rattraper le tir. Non, elle s’est fiancée. Je pensais vraiment qu’on vivait quelque chose de fort. Je me suis rendu compte malgré moi que j’avais tort.

Le visage attristé de ma mère dédouble mon désarroi. J’ai le cœur meurtri. Je ne savais pas qu’on pouvait autant souffrir. J’ai mal, très mal et ça fait des jours que ça dure. La douleur au lieu de s’estomper ne cesse de grossir dans ma poitrine. J’ai juste envie qu’on m’arrache ces sentiments un par un.

-Tu vois maman, Dieu a finalement entendu tes prières. Après avoir vu des filles défiler sous ton nez pendant plus de 10 ans en sachant que ton fils ne faisait que s’amuser avec elles, tu as prié pour que ton fils tombe amoureux. Il en a fallu du temps mais c’est finalement arrivé. Oui maman, ton fils est tombé amoureux mais malheureusement pour lui ce fut de la fille qu’il ne fallait pas.

-Je n’ai jamais prié pour voir mon fils souffrir.

-Mais tu as prié pour que je tombe amoureux. Tu sais bien que l’amour à part pour nous faire souffrir, il ne sert à rien. Les choses étaient bien plus simples avant que je ne ressente toutes ces choses.

-Je suis allée hier chez Rama et évidemment c’était pas pour voir mon amie mais pour parler avec Kiné. Je lui ai demandé de me raconter l’histoire.

-Si tu sais ce qui s’est passé, pourquoi tu es là alors ?

-Parce qu’après sa version, je veux entendre la tienne.

-J’ai pas envie d’en parler.

-S’il te plait mon fils…Implore-t-elle. Je veux que tu me dises ce qui s’est passé. Et s’il te plait Habib, ne me mens pas.

Après cette supplication, je ne peux ne pas répondre à sa requête. De ce fait, je décide de raconter l’histoire à ma mère.

Mon histoire avec Fatou Kiné a commencé d’un pari que j’ai lancé à Moctar.

Il faut revenir à quelques mois plutôt quand j’ai discuté d’elle avec mon meilleur ami.

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Table des matières de Un stupide pari

Ch. 1 Ch. 2 Ch. 3
Ch. 4
Ch. 5
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Ch. 11
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