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Couverture du roman Un amour vicié: Le goût amer de la trahison

Un amour vicié: Le goût amer de la trahison

Pour l'anniversaire d'Hugo, j'ai offert un embryon avorté : ma vengeance face à l'homme qui a ruiné mes parents pour sa maîtresse, Ambre. Enragé, il m'a fait interner dans une clinique où Ambre m'a torturée. Après une chute violente qui l'a laissée mourante, Hugo exige que je lui cède mes propres tendons pour la sauver. Il ignore que l'opération prévue n'est qu'un leurre. Alors qu'il me supplie de renoncer, je disparais, prête à orchestrer sa chute finale.
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Chapitre 2

Point de vue d'Alix Olivier :

Le texto de Jacques Le Blanc était bref, juste trois mots : « Sept heures. Mon chauffeur. »

Court, sec, direct. Typique de Jacques. Il ne gaspillait pas les mots, ne l'avait jamais fait. C'était un contraste frappant avec les phrases soigneusement construites d'Hugo, pleines de menaces voilées et de remords calculés.

J'ai laissé échapper un rire amer. De toutes les personnes au monde, il fallait que ce soit Jacques. Mon ennemi d'enfance. Le gamin qui me tirait les couettes et sabotait mes projets de science. Maintenant, il était mon seul espoir. Mon partenaire de vengeance. L'ironie ne m'échappait pas.

J'ai éteint mon téléphone, l'écran devenant noir, reflétant le vide de mon âme. Mon corps me faisait mal, une douleur sourde dans la tête après avoir heurté le comptoir, une douleur fantôme plus profonde dans mon ventre à cause de l'intervention. L'épuisement pesait lourdement sur moi, un compagnon constant ces deux dernières années.

Le sommeil n'offrait aucune échappatoire. C'était un sommeil agité, hanté par des cauchemars fragmentés. Des silhouettes enveloppées d'ombre, des murmures de trahison, le goût métallique de la peur. Je me suis débattue, essayant de me libérer, mais l'obscurité s'accrochait à moi, m'étouffant.

Je me suis réveillée en sursaut, mon cœur battant contre mes côtes. La pièce était encore sombre, la lumière grise de l'aube perçant à peine à travers les lourds rideaux. Un autre jour. Une autre bataille.

J'ai levé la main, mes doigts effleurant l'humidité sur mes joues. Des larmes. Je les détestais. C'était une faiblesse que je ne pouvais pas me permettre. Je les ai essuyées brutalement, la mâchoire serrée. Mon reflet dans le miroir de chevet montrait une femme pâle, aux yeux cernés, mais mes yeux, bien qu'ombragés, contenaient une nouvelle résolution froide. La douceur avait disparu. Remplacée par quelque chose de dur, d'inflexible.

Je suis sortie du lit, chaque mouvement un témoignage de la douleur que j'étais déterminée à ignorer. Mon corps était une carte de la cruauté d'Hugo, une toile de bleus violets et jaunes, un testament de sa « justice ». Je me suis habillée avec soin, choisissant des manches longues et des cols hauts, une nouvelle couche de fond de teint pour masquer la pâleur de ma peau. Personne n'avait besoin de voir les cicatrices, intérieures ou extérieures. Pas encore.

J'ai attrapé mes clés de voiture, mes mouvements raides. Le froid de l'air matinal m'a mordue la peau en sortant. Le monde dormait encore, enveloppé d'un silence mélancolique. Parfait. Pas de témoins.

Ma destination était à des kilomètres, un cimetière tranquille niché au milieu de collines. Le dernier lieu de repos de ma mère. Et de ce qui restait de ma famille.

J'ai marché à travers les rangées de pierres tombales, chacune un rappel brutal de la perte, de la rapidité avec laquelle tout pouvait s'effondrer. J'ai trouvé la sienne, une simple dalle de granit. Marie Olivier. Mère bien-aimée. Mes doigts ont tracé les lettres, une boule se formant dans ma gorge.

Je me suis agenouillée, plaçant un bouquet de lys blancs à la base de la pierre. Ses préférés. Ils représentaient la pureté, la paix. Des choses que nous n'avions plus.

« Maman », ai-je murmuré, ma voix se brisant. C'était la première fois que je me permettais de prononcer son nom à voix haute depuis des mois sans la présence d'Hugo. « Je suis tellement désolée. Je n'ai pas pu te protéger. Je n'ai pas pu protéger Papa. »

Une vague de chagrin m'a submergée, menaçant de me consumer. Mais je l'ai repoussée. Je ne pouvais pas craquer maintenant. Pas encore.

« Mais je te le promets, Maman », ai-je continué, ma voix gagnant en force, se blindant. « J'obtiendrai justice. Je laverai le nom de Papa. Et je les ferai payer. Tous. »

Mes yeux se sont durcis, un feu froid brûlant en eux. Hugo. Ambre. Ils regretteraient le jour où ils avaient croisé la route des Olivier.

Juste à ce moment-là, une berline noire élégante s'est arrêtée derrière moi, son moteur un faible ronronnement qui a troublé la tranquillité du cimetière. Je n'avais pas besoin de me retourner pour savoir qui c'était. L'air est soudainement devenu plus lourd, chargé d'un désagrément familier.

« Alix ? » a roucoulé une voix mielleuse derrière moi. Ambre Huff. Bien sûr. Elle trouvait toujours un moyen de s'immiscer dans ma douleur.

Je me suis redressée, le dos droit comme un i, les épaules carrées. J'ai pris une profonde inspiration, me préparant à la confrontation inévitable.

« Qu'est-ce que tu fais ici, Ambre ? » ai-je demandé, ma voix plate, dénuée d'émotion. Je ne me suis pas retournée. Je ne pouvais pas supporter de regarder son visage suffisant et satisfait.

« Oh, je viens juste présenter mes respects », a-t-elle minaudé, sa voix dégoulinant de fausse sympathie. « Edmond était comme un père pour moi, tu sais. »

Ma main s'est crispée en un poing. C'était la vipère qui l'avait empoisonné.

« Dégage », ai-je grondé, les mots s'échappant de mes lèvres avant que je puisse les arrêter. « Tu n'as aucun droit d'être ici. »

Elle a haleté de façon théâtrale. « Alix, ma chérie, ne sois pas si grossière. Hugo est là aussi. Il a insisté pour que nous venions. »

Ce nom. Hugo. C'était comme une éclaboussure d'eau froide, coupant à travers la brume de chagrin et de colère. Il était là aussi ? L'audace. Le culot pur et simple.

Je me suis finalement retournée, mes yeux la balayant, puis se posant sur Hugo, qui se tenait à quelques mètres derrière elle, son visage un masque de préoccupation soigneusement contrôlée. Il jouait le gendre endeuillé. Le protecteur dévoué. Ça me retournait l'estomac.

« Hugo David », ai-je dit, ma voix à peine un murmure, mais chargée d'un dégoût palpable. « Tu oses te montrer ici ? Après tout ça ? »

Il a fait un pas en avant, sa main tendue comme pour me toucher. « Alix, s'il te plaît. Ambre voulait juste montrer son soutien. »

Ambre, toujours l'opportuniste, s'est avancée, un bouquet de roses rouges criardes à la main. Elle a tenté de les placer sur la tombe de ma mère, juste à côté de mes lys blancs.

Une vague de rage pure et sans mélange m'a traversée. Ces mains, ces mains manipulatrices, avaient détruit ma famille, et maintenant elles osaient souiller la mémoire de ma mère ?

« N'ose même pas », ai-je sifflé, ma voix basse et dangereuse.

Ambre, feignant l'innocence, a hésité. « Alix, je voulais juste... »

Avec un cri guttural, j'ai balancé mon bras, faisant tomber les roses rouges de sa main. Elles se sont éparpillées sur la terre humide, leurs pétales cramoisis un contraste brutal et grotesque avec les lys blancs immaculés.

Ambre a poussé un cri aigu, sautant en arrière comme si elle avait été piquée. Hugo a agi rapidement, la tirant derrière lui, son bras protecteur autour de sa taille. Cette vision a déclenché une nouvelle vague de fureur en moi.

« Qu'est-ce qui ne va pas chez toi, Alix ? » a exigé Hugo, sa voix vive de colère. « Pourquoi es-tu toujours si irrespectueuse ? »

« Irrespectueuse ? » ai-je ricané, un rire amer s'échappant de mes lèvres. « Tu veux parler de manque de respect, Hugo ? Tu veux parler d'hypocrisie ? »

Mes yeux brûlaient dans les siens. « Je me souviens d'un temps où tu passais des heures à lui parler, à tout lui raconter. Elle t'aimait, Hugo. Elle croyait en toi. Et tu l'as remerciée en la laissant mourir de chagrin. »

Sa mâchoire s'est crispée, un muscle tressaillant sur sa joue. Il ne pouvait pas soutenir mon regard. Bien. Que la culpabilité le ronge.

« Alix, tu es irrationnelle », est intervenue Ambre, sa voix soudainement ferme, perdant son ton mielleux. « Tu es clairement malade. Hugo, nous devrions y aller. Elle a besoin d'aide. »

« De l'aide ? » J'ai tourné mon regard flamboyant vers elle, mes lèvres se retroussant en un rictus. « Tu penses que je suis malade ? Toi, l'architecte de toute cette mascarade, tu oses me traiter de malade ? »

J'ai fait un pas vers elle, mes yeux ne la quittant jamais. « Ne prononce plus jamais, jamais le nom de ma mère, Ambre. Tu es un poison. Tu es une maladie. »

Ambre, étonnamment, n'a pas reculé cette fois. Ses yeux, habituellement si calculateurs, contenaient maintenant une étincelle de malice authentique. « Et toi, Alix, tu es une femme pathétique et délirante. Tu as tout perdu, et c'est de ta propre faute. »

Ma main a tressailli. Je voulais la gifler. Effacer ce regard suffisant de son visage. Mais une idée différente, plus insidieuse, s'est formée dans mon esprit.

« Mets-toi à genoux, Ambre », ai-je ordonné, ma voix basse, dangereuse.

Elle a cligné des yeux, confuse. « Quoi ? »

« J'ai dit, mets-toi à genoux », ai-je répété, ma voix s'élevant légèrement, l'autorité qu'elle contenait me surprenant même moi-même. « Ici même. Devant la tombe de ma mère. Et supplie-la de te pardonner. »

Les yeux d'Ambre se sont écarquillés, une lueur de peur apparaissant enfin en eux. « Tu es folle, Alix ! Jamais de la vie ! »

« Oh, si, tu le feras », ai-je contré, ma voix froide et inébranlable. J'ai attrapé une poignée de ses cheveux parfaitement coiffés, lui tirant la tête en arrière. « Ou je t'y forcerai. »

Ses yeux ont filé vers Hugo, un appel désespéré en eux. Mais Hugo, pour une fois, était figé, pris entre ses instincts protecteurs et un malaise grandissant.

« Alix, arrête ! » a finalement crié Hugo, s'avançant.

Mais il était trop tard. J'ai tordu le bras d'Ambre derrière son dos, la forçant à s'agenouiller. Elle a poussé un cri, un jappement aigu et douloureux. La terre a taché ses vêtements de marque coûteux.

« Supplie », lui ai-je murmuré à l'oreille, ma voix une promesse glaciale. « Supplie-la de te pardonner. Supplie pour mon père. »

Ambre s'est débattue, des larmes coulant sur son visage, mais elle n'était pas de taille face à ma force brute et viscérale. Ma prise s'est resserrée, ses os grinçant les uns contre les autres.

« S'il te plaît, Alix, arrête ! » a-t-elle gémi, sa voix à peine audible. « Je ne peux pas... je ne peux pas respirer ! »

Hugo nous a finalement atteintes, son visage déformé par la fureur. Il a arraché ma main des cheveux d'Ambre, envoyant une décharge de douleur dans mon poignet.

« Alix, putain, qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? » a-t-il rugi, ses yeux flamboyants. « Tu agis comme une bête sauvage ! »

J'ai reculé en titubant, me frottant le poignet, mon regard toujours fixé sur Ambre, qui sanglotait maintenant hystériquement, s'accrochant à Hugo.

« Elle mérite pire », ai-je déclaré, ma voix plate, dénuée de remords. « Bien, bien pire. »

Hugo s'est placé devant Ambre, la protégeant de mon regard. « Tu as besoin d'aide, Alix. D'une aide sérieuse. Tu perds la tête. »

« Je perds la tête ? » J'ai ri, un son sans joie, brisé. « Tu m'as manipulée, Hugo. Tu m'as trompée. Tu as détruit ma famille. Et tu as l'audace de dire que je perds la tête ? »

Son visage s'est durci. « Tu es un danger pour toi-même et pour les autres, Alix. Je ne peux pas te laisser continuer comme ça. »

Il s'est tourné vers Ambre, sa voix s'adoucissant. « Ambre, je suis tellement désolé. Ça va ? »

Elle a hoché la tête, sanglotant contre sa poitrine, me jetant un regard triomphant par-dessus son épaule. La pure méchanceté dans ses yeux était indubitable.

« Tu la protèges toujours, n'est-ce pas ? » ai-je demandé à Hugo, ma voix un écho creux dans le cimetière silencieux. « Après tout ce qu'elle a fait. »

Il n'a pas répondu. Il a simplement serré Ambre plus fort, son regard fixé sur moi, un mélange de pitié et de mépris dans les yeux.

« Très bien », ai-je dit, une nouvelle résolution durcissant mes traits. « Alors je devrai juste m'assurer que vous obteniez tous les deux ce que vous méritez. »

Je leur ai tourné le dos, m'éloignant de la tombe de ma mère, m'éloignant des deux personnes qui m'avaient tout volé. Je n'ai pas regardé en arrière.

« Alix ! » a appelé Hugo derrière moi, sa voix un appel désespéré. « Ne fais rien que tu regretteras ! »

J'ai fait une pause un instant, puis j'ai continué à marcher, ma démarche ferme, mon but clair. Regretter ? Je n'avais plus rien à regretter. Seulement la vengeance.

La berline noire élégante, le chauffeur de Jacques, m'attendait aux portes du cimetière. Alors que j'approchais, le chauffeur, un homme grand et imposant, est sorti et a ouvert la portière arrière. Mon évasion. Mon avenir.

Je suis montée, et la voiture a démarré, laissant Hugo et Ambre derrière, debout au milieu de la désolation des rêves brisés et des vies anéanties. Mon dernier regard dans le rétroviseur les a montrés comme des silhouettes petites et insignifiantes.

Le chauffeur m'a regardée dans le rétroviseur. « Destination, madame ? » a-t-il demandé, sa voix neutre.

« L'aéroport », ai-je dit, ma voix ferme, mes yeux fixés sur l'horizon. « Et ensuite, une nouvelle vie. »

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