
Un Alpha juste pour moi
Chapitre 3
La nuit était silencieuse, presque oppressante. Alina se tourna et se retourna dans son lit, incapable de trouver le repos. Ses rêves avaient été troublés ces derniers jours, des ombres s'infiltrant dans son subconscient pour lui murmurer des choses qu'elle ne comprenait pas. Cette fois-ci encore, elle se réveilla en sursaut, son souffle court et sa peau moite. Elle porta une main à son front, essayant de calmer les battements frénétiques de son cœur.
Elle se souvenait du rêve, vif et inquiétant. Un loup noir, immense, aux yeux incandescents, l'avait fixée au milieu d'une clairière baignée par une lumière irréelle. Sa voix, rauque et profonde, avait résonné dans l'air comme un avertissement.
« Trouve ta voie avant que les ténèbres ne t'engloutissent. »
Ces mots résonnaient encore dans son esprit. Elle se leva, incapable de rester plus longtemps dans cette chambre qui lui semblait soudain trop étroite. Enroulant une couverture autour de ses épaules, elle s'approcha de la fenêtre. La lune, ronde et lumineuse, semblait la surveiller. Elle ressentit un frisson parcourir son échine, un mélange de peur et de curiosité.
Pourquoi ces rêves ? Pourquoi maintenant ? Elle était habituée à ressentir des choses étranges, des intuitions qu'elle ne pouvait expliquer, mais cela... c'était différent. C'était plus intense, plus réel. Et ce loup noir... elle avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part, mais où ?
Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas immédiatement les pas légers qui approchaient derrière elle. Ce fut la voix douce mais grave de sa mère qui la ramena à la réalité.
« Encore ces cauchemars ? » demanda-t-elle doucement.
Alina hocha la tête, se tournant pour faire face à la femme qui l'avait élevée avec une force et une grâce qu'elle admirait chaque jour un peu plus. Sa mère semblait fatiguée, comme si elle portait un fardeau invisible, mais ses yeux brillaient toujours de cette sagesse insondable.
« Ils sont différents cette fois, maman. Plus clairs. Et cette voix... ce loup... » Elle s'interrompit, cherchant les mots justes. « Il veut me dire quelque chose. »
Sa mère la regarda longuement, comme si elle pesait chaque mot avant de parler. « Il est peut-être temps que je te dise certaines choses, ma chérie. »
Alina sentit son cœur se serrer. Elle savait que sa mère cachait des secrets, des choses sur leur famille, sur ses origines. Mais elle n'avait jamais osé poser trop de questions, craignant les réponses.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » murmura-t-elle.
La femme s'assit sur le bord du lit, son regard perdu dans le vide. « Ton père... il n'était pas comme les autres. Il venait d'un monde que tu ne connais pas encore, un monde où les règles sont dictées par la force et la loyauté. Il m'a parlé d'une prophétie avant ta naissance, une prophétie qui te concerne. »
Alina sentit un frisson la traverser. « Une prophétie ? »
Sa mère hocha la tête. « Je ne connais pas tous les détails, mais ce que je sais, c'est que tu as un rôle important à jouer. Et ces rêves... ces visions... elles sont peut-être là pour te guider. »
Alina ouvrit la bouche pour poser une question, mais sa mère leva une main, l'arrêtant. « Ce n'est pas encore le moment de tout savoir. Mais fais-moi confiance, ma chérie. Écoute ton instinct. Il te mènera là où tu dois aller. »
Un mélange de frustration et de peur s'empara d'Alina. Pourquoi ne pouvait-elle pas tout savoir maintenant ? Pourquoi ces secrets, ces demi-vérités ? Mais elle connaissait sa mère. Si elle disait qu'il n'était pas encore temps, c'est qu'il y avait une raison.
Elle passa le reste de la nuit à réfléchir, incapable de trouver le sommeil. Lorsque l'aube arriva enfin, elle se sentait encore plus fatiguée qu'avant, mais une détermination nouvelle brûlait en elle. Elle devait découvrir la vérité, quoi qu'il en coûte.
Le jour suivant, elle retourna à la bibliothèque, espérant y trouver un semblant de normalité. Les livres avaient toujours été son refuge, son échappatoire. Mais à peine eut-elle franché la porte qu'elle sentit une présence familière. Kai était là, assis à une table, feuilletant distraitement un livre.
Elle hésita, ne sachant pas si elle devait l'ignorer ou aller le voir. Mais avant qu'elle ne puisse prendre une décision, il leva les yeux et croisa son regard. Un sourire énigmatique étira ses lèvres, et il lui fit signe de s'approcher.
« Décidément, on dirait que nos chemins se croisent souvent, » dit-il avec un ton moqueur lorsqu'elle s'installa en face de lui.
« Peut-être que c'est toi qui me suis, » répliqua-t-elle, reprenant les mots qu'elle lui avait lancés la veille.
Il éclata de rire, un rire sincère qui adoucit les traits de son visage habituellement si sérieux. « Touché. »
Un silence s'installa, mais ce n'était pas un silence gênant. Il y avait quelque chose dans l'air, une tension, une curiosité mutuelle. Kai la regardait avec une intensité qui la mettait mal à l'aise, mais elle ne détourna pas les yeux.
« Tu sembles fatiguée, » dit-il finalement. « Mauvaise nuit ? »
Elle hésita, se demandant si elle devait lui parler de ses rêves. Mais quelque chose dans son regard la poussa à se confier. « Disons que j'ai eu des... cauchemars. »
Il hocha la tête, comme s'il comprenait parfaitement. « Les cauchemars, je connais. Parfois, ils sont plus qu'ils ne le paraissent. »
Elle le fixa, intriguée. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Il haussa les épaules, mais son regard était sérieux. « Disons que dans notre monde, les rêves peuvent être des messages. Des avertissements. »
Un frisson la traversa. Comment pouvait-il savoir ? Était-il possible qu'il ait vécu quelque chose de similaire ? Mais avant qu'elle ne puisse poser d'autres questions, une voix grave les interrompit.
« Kai. »
Ils se retournèrent pour voir un homme imposant, vêtu d'un costume sombre, se tenir à l'entrée de la bibliothèque. Kai se leva, son expression passant de détendue à méfiante en un instant.
« Qu'est-ce que tu veux, Theron ? » demanda-t-il d'un ton sec.
« Ton père veut te voir. C'est urgent. »
Kai grogna, mais il se tourna vers Alina, son regard s'adoucissant légèrement. « On reprend cette conversation plus tard. »
Et avant qu'elle ne puisse répondre, il était parti, laissant Alina seule avec ses pensées. Elle se sentait étrangement vide, comme si sa présence avait chassé un poids qu'elle ne réalisait même pas porter. Mais elle savait que leur histoire ne faisait que commencer.
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