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Couverture du roman Tu es à moi !

Tu es à moi !

Amanda, une médium de vingt-six ans, met ses capacités surnaturelles au service d'autrui. Sa vie prend un tournant intrigant lorsqu'elle fait la connaissance de George, son séduisant voisin. Invitée chez lui, elle découvre sur son piano un cliché mystérieux qui éveille sa curiosité. Le récit se concentre ensuite sur Lola, la petite sœur d'Amanda. Plongée dans une profonde détresse, la jeune femme livre un combat acharné contre la dépression pour tenter de se reconstruire.
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Chapitre 2

Un soir, alors qu’il rentra ivre une fois de plus, il avait évoqué une tache sur le tapis du salon, Amanda préféra ne pas lui répondre et alla dans la cuisine remplir le lave-vaisselle et il l’avait suivie.

— Où est-ce que tu vas comme ça ?

Matthew l’attrapa par les cheveux et la jeta sur le carrelage de la cuisine.

Il s’avança vers elle et la roua de coups de pied.

Elle se mit en boule et protégea sa tête du mieux qu’elle pouvait.

Quand il s’arrêta, il la força à se lever. Monte ce putain d’escalier dit-il, la poussant vers l’avant. Amanda trébucha plusieurs fois, mais se força à monter l’escalier. Elle savait que de toute façon, elle devrait les monter que cela soit par elle-même ou lui qui devait la traîner. Il l’obligea à rentrer dans leur chambre et à se déshabiller. Amanda savait que ce n’était pas la peine de lui résister. Les coups pleuvraient encore. Son haleine qui puait l’alcool la rendait malade, mais elle dut se faire violence pour ne pas vomir.

Cette nuit-là fut pire que toutes les autres.

Son mari la viola, ne lui épargnant rien.

Quand ce fut fini, il lui attrapa le visage de sa main puissante et l’obligea à le regarder.

— N’ose jamais me quitter, tu m’as bien compris ? Tu es à moi, je fais ce que je veux de toi ! Et si malgré tout tu pars, sache que tu n’auras jamais de répit. Je peux aussi m’en prendre à ta chère maman et à ta sœur si naïve !

Ses yeux étaient rouges de colère et d’alcool.

Il se coucha sur le côté et s’endormit, il se mit presque tout de suite à ronfler, ce qui était le cas à chaque fois qu’il buvait.

Amanda attendit quelques instants qu’il dorme profondément et se leva sur la pointe des pieds, bien décidée cette fois à se défendre

Tremblant de tous ses membres, elle descendit prudemment les marches, elle passa devant le grand miroir du couloir et vit les marques des doigts de son mari sur son visage, sa rage doubla d’intensité, elle traversa la cuisine et sortit par la porte arrière.

Elle marcha dans la nuit jusqu’au chalet où étaient rangés les outils. Elle prit garde à ne pas faire grincer la porte, heureusement Matthew était très maniaque et chaque chose était à sa place, elle regarda les outils, illuminés par la lumière les petits lampadaires du jardin, se demandant lequel elle allait prendre. Finalement, elle s’avança vers une armoire et l’ouvrit, y trouvant les affaires de sport de son mari et parmi ceux-ci une batte de baseball, souvenirs des années du lycée.

Elle la prit dans ses mains, referma l’armoire, la porte du chalet.

À cet instant, un chat sorti d’un buisson et fut aussi surprit qu’elle, heureusement elle s’était retenue de crier, mais elle pouvait sentir son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine.

Silencieusement, elle rentra par la cuisine, la batte contre son cœur.

Elle écouta quelques instants les bruits de la maison, avant de se décider à remonter.

Arrivée en haut, elle se pencha vers la porte de la chambre, elle remarqua, horrifiée, qu’il n’était plus dans le lit. Quand tout à coup elle entendit à chasse d’eau, elle se précipita dans la chambre et se cacha derrière la porte.

À peine Matthew passa la porte, à moitié endormi, de toutes ses forces elle abatis la batte sur son crâne. Il n’eut pas le temps de réagir et tomba face contre terre sur la moquette de la chambre. Amanda lui rendit un deuxième coup sur le crâne. Elle se retient de le frapper encore et encore.

Le sang se répandit sur la descente de lit, blanche aux longs poils.

Du pied, elle tâtonna le corps inerte.

Voilà tu ne toucheras plus !

Elle déposa délicatement la batte de baseball dans la baignoire.

Dans l’armoire de la buanderie se trouvaient toutes sortes de produits, elle attrapa l’eau de javel et en recouvrit la batte.

Elle prit également de grands sacs-poubelle noirs.

Elle s’habilla avec ses anciens vêtements dans lesquels elle se sentait si bien. Un jean, des baskets et un sweat. Ensuite, elle attacha ses cheveux en queue de cheval, Matt détestait ça, elle ne pouvait le faire que quand il n’était pas là.

Elle roula sa nuisette et la fourra dans le sac poubelle qu’elle ferma par un nœud.

De la salle de bain attenante à la chambre elle réfléchit, elle ne peut pas abandonner le corps quelque part, comme ça, en caleçon. Et la solution se trouva sous son nez, dans le panier à linge sale, un pantalon de jogging qui dépassait du panier, elle y trouva également la veste qui compléterait l’ensemble.

Elle n’aurait qu’a l’enfiler au-dessus de ses sous-vêtements, ce qu’elle fit tant bien que mal.

Prenant un autre sac noir, elle y enveloppa le haut du corps et entreprit de le descendre.

Heureusement, sa voiture était dans le garage attenant à la maison. Elle ne dut pas sortir avec le corps, un voisin aurait pu la voir. Malgré l’immense jardin qui entourait la maison, on ne sait jamais.

Difficilement, elle le traîna jusqu’au coffre de la Chevrolet Jeep.

Amanda détestait cette voiture, elle représentait tout ce que Matthew était, forte, puissante, et imposante.

Trouvant des gants de jardinerie et une casquette dans le garage elle les chaussa, elle hissa le corps dans le coffre et claqua la portière sans même le regarder.

Elle s’installa au volant et prit 2 minutes pour réfléchir à quoi faire. Quand elle voulut mettre sa main pour démarrer la voiture elle se rendit compte que les clefs n’y étaient pas.

Elle ressortit du garage par la porte intérieure et remonta dans la chambre pour fouiller les poches de la veste de son mari. Elles n’y étaient pas !

Où sont-elles ?

Elle redescendit jusqu’au bureau, et vis en entrant, qu’elles étaient posées à côté de l’ordinateur.

Amanda les empoigna et passant la porte du bureau, vis devant la penderie les baskets de sport de Matthew, les attrapa et en hâtant le pas, rejoignit la voiture.

Personne n’aurait compris qu’il parte courir en chaussette.

Elle appuya sur le bouton pour ouvrir la porte automatique du garage.

Descendant l’allée, le portail celui-ci ouvrit directement.

Elle roula une dizaine de kilomètres avant de voir un panneau qui a indiqué : Janie Pierce Park.

Elle décida de prendre cette direction.

Elle arrive à un endroit où les routes sont plus escarpées. Elle s’est arrêta et attendit.

Apparemment personne en vue.

Elle descendit prudemment et regarda aux alentours, quelque peu rassurée elle ouvrit le coffre, prit le corps en le laissant tomber sur le sol. Elle le traîna jusqu’au bord de la route. Celle-ci était en pente jusque dans le bois plus bas, rempli de rocailles.

Elle retira le sac-poubelle qui recouvrait le haut de son corps, frotta les baskets dans la terre alentour, les lui chaussa et du pied, poussa Matthew dans la pente.

Adieu crapule.

Elle regarda le corps rouler, se cognant ci et là dans les rochers qui dépassait de la terre. Il s’arrêta à une quinzaine de mètres dans une espèce d’arbuste.

Amanda remonta dans la voiture et reprit le chemin de chez elle.

L’ardeur dominatrice de son mari n’avait eu pour effet que de l’enfermer un peu plus dans sa bulle.

Elle avait fondé trop d’espoir en Matthew qui l’avait séduite juste pour avoir quelqu’un à exhiber devant ses congénères.

Il avait eu pas mal d’expérience avec les femmes contrairement à elle, mais sa brutalité physique et psychologique ne lui avait inspiré que de la haine et du dégoût envers lui au fil des mois.

Une fois rentrée chez elle, elle regarda la descente de lit autrefois immaculée, cette fois tachée de sang qui avait viré aux tons brunâtres. Elle le roula pour le descendre jusque dans le jardin.

Réfléchissant comment s’en débarrasser, cela lui fessait mal au cœur sachant toutes les recherches qu’elle avait dû faire pour la trouver dans les dimensions exactes.

Finalement, elle opta pour tout découper en petits morceaux pour mieux la jeter.

Elle reprit sa vie presque comme si de rien n’était, après tout Matthew disparaissait souvent pour ses voyages d’affaires et ne donnait jamais de précision sur l’endroit ou sur la date de son retour.

Le lendemain était le jour de la venue de Madame Guillardo.

— Madame, vous avez eu un problème dans votre chambre ?

Les sens d’Amanda furent en alerte.

— Non, pourquoi ?

— La descente de lit du côté de monsieur n’est plus là.

— Effectivement, monsieur a pris ses pieds dedans et s’est fâché, il m’a demandé de l’enlever.

Madame Guillardo ne répondit pas, sachant pertinemment comment était son employeur, cela ne l’étonna pas.

Soulagée que son employée paraisse la croire elle changea de pièce en lui disant de ne pas oublier d’emmener les sacs poubelles se trouvant dans la buanderie.

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