Couverture du roman Trouver sa liberté en petite ville

Trouver sa liberté en petite ville

8.2 / 10.0
Épouse-trophée du milliardaire Adrien, Aurore vit sous une emprise totale. Alors qu'il lui refuse une somme dérisoire pour se soigner, elle découvre qu'il offre un bijou de fortune à son ex. Humiliée par ses pairs et privée d'indépendance, elle réalise qu'elle n'est qu'un simple ornement à ses yeux. Déterminée à briser ses chaînes, elle s'enfuit sous la pluie vers le Salon Velours. Dans ce club sélect, elle compte bien conquérir sa liberté et rebâtir sa vie par elle-même.

Trouver sa liberté en petite ville Chapitre 1

J'étais la femme-trophée d'un milliardaire, mais quand je suis tombée malade, j'ai dû supplier mon mari, Adrien, de me donner cinquante euros juste pour des tampons.

Il a refusé, m'humiliant pour avoir mal géré mon argent de poche dérisoire.

Quelques minutes plus tard, mon téléphone s'est allumé. Des photos de lui sur un yacht, offrant à son ex un collier à cinq millions d'euros. Les messages des autres épouses étaient d'une cruauté sans nom : « Pauvre Aurore. Éternellement le second choix. »

Il m'avait interdit de travailler, de posséder la moindre indépendance. Il disait que j'étais un « ornement ». J'étais une possession qu'il avait achetée, avec moins de valeur que le bijou qu'il offrait à une autre.

L'humiliation me consumait plus violemment que n'importe quelle fièvre. Il contrôlait ma vie, mais il ne contrôlerait pas ma fuite.

Trempée par la pluie, j'ai pris une décision. Si l'argent était la liberté, alors j'allais la gagner moi-même. J'ai poussé la lourde porte du Salon Velours, un club huppé où les secrets se vendaient et les fortunes se faisaient. Ma nouvelle vie allait commencer.

Chapitre 1

Ma bague de mariage en diamant, un caillou de cinq carats qu'Adrien avait acheté pour afficher son immense richesse, pesait plus lourd que d'habitude à mon doigt. Un rappel constant de ma cage dorée. Elle scintillait sous les néons crus du hall de la Tour Vendôme, se moquant de mon portefeuille presque vide, enfoui au fond de mon sac de créateur.

« Aurore, y a-t-il un problème ? » demanda Marc, l'assistant d'Adrien, d'une voix sèche.

Je déglutis. Le sol en marbre élégant me parut soudain moins luxueux, plus froid, plus dur. La vérité en face. Mon allocation mensuelle, une somme ridicule de 500 euros, s'était évaporée deux semaines plus tôt. J'étais tombée malade et j'avais dû acheter des médicaments en urgence. Maintenant, même les besoins les plus élémentaires semblaient un obstacle insurmontable.

« Je... j'ai besoin de voir Adrien un instant », réussis-je à dire, ma voix à peine un murmure. Je détestais demander. Mon estomac se tordait de honte.

Marc haussa un sourcil parfaitement dessiné. « Madame Marchand, Monsieur Marchand est dans une réunion capitale. »

« Ça ne sera pas long », insistai-je en serrant mon sac. « C'est urgent. »

Il soupira. Un son à peine perceptible, mais qui traduisait toute son exaspération. « Attendez ici. » Il disparut derrière les portes en verre dépoli de la suite de direction d'Adrien.

L'attente me parut une éternité. Chaque personne impeccablement vêtue qui passait semblait voir à travers ma façade, plongeant son regard dans la réalité pathétique de mon existence. Finalement, Marc réapparut, un sourire crispé aux lèvres. « Il va vous recevoir. Cinq minutes. »

Adrien était assis derrière son immense bureau en acajou, baigné par la douce lumière de son bureau, l'image parfaite du magnat de la tech qu'il était. Il ne leva pas les yeux tout de suite. Son regard était fixé sur l'écran holographique flottant au-dessus de son bureau, un enchevêtrement complexe de chiffres boursiers et de données.

« Aurore », dit-il. Ce n'était ni une question, ni une salutation. Juste la reconnaissance de mon existence dans son espace. Sa voix était lisse, dépourvue de toute chaleur.

« Adrien », commençai-je, les mains moites. « Je... j'ai besoin d'un peu d'argent. »

Il leva enfin les yeux, son regard aussi tranchant que l'acier chirurgical. « Ton allocation a été versée le premier du mois. Tu l'as encore mal gérée ? »

Mes joues s'embrasèrent. « Non, c'est juste que... je suis tombée malade. Les médicaments coûtaient cher, ça a presque tout pris. J'en ai besoin pour... des produits de première nécessité. » Je ne pouvais pas le dire à voix haute. Pas ici. Pas à lui.

Il se pencha en arrière dans son fauteuil, un sourire narquois jouant sur ses lèvres. « Des produits de première nécessité ? Tu as tout ce que tu pourrais désirer. Tu ne travailles pas, Aurore. Pour quoi pourrais-tu bien avoir besoin d'argent ? »

Une rage froide et tranchante me submergea. Travailler ? Je me mordis la lèvre jusqu'au sang. Il m'avait interdit de travailler, de poursuivre ma passion pour la restauration d'œuvres d'art, et même de faire du bénévolat dans un refuge local, prétendant que cela « ternirait le nom des Marchand ». Chaque tentative que j'avais faite pour gagner ma vie, pour avoir ne serait-ce qu'une once d'indépendance, s'était heurtée à sa désapprobation glaciale et, parfois, à bien pire.

« Je n'ai besoin que d'une petite somme », plaidai-je, repoussant le souvenir de sa fureur quand il m'avait surprise en train de vendre en secret une antiquité restaurée en ligne. La punition pour cette transgression me faisait encore trembler. Il m'avait coupé mon allocation pendant un mois entier, me forçant à fouiller dans le garde-manger pour des restes, comme un chien errant.

L'expression d'Adrien se durcit. « Travailler, Aurore ? Suggères-tu que tu irais te trouver un emploi ? Sais-tu ce que cela ferait à ma réputation ? À notre réputation ? » Il se leva, sa taille soudainement imposante, menaçante. « Une femme Marchand ne travaille pas. Elle se repose. Elle soigne les apparences. C'est un ornement, pas une ouvrière. »

Il fit un geste à Marc, qui était revenu silencieusement dans la pièce. « Marc, raccompagnez Madame Marchand chez elle. Elle a besoin de se reposer. » Son ton laissait entendre que j'étais une enfant, ou peut-être un animal de compagnie qui se comportait mal.

Marc s'approcha, sa main se posant légèrement sur mon bras pour me guider vers la porte. L'humiliation me brûlait vive, plus intensément que n'importe quelle fièvre. Je sortis de ce bureau opulent la tête haute, mais à l'intérieur, j'étais en miettes.

Dehors, le ciel reflétait mon désespoir. Des nuages lourds et sombres pesaient sur la ville, et une pluie froide et mordante commença à tomber. Je resserrai ma veste fine autour de moi, rêvant de la chaleur d'un taxi, d'une tasse de café chaud, de n'importe quoi pour me sentir moins seule au monde. Mais mes poches étaient vides.

Mon téléphone vibra. Une notification du groupe de discussion des « Épouses de l'Élite Parisienne ». Je redoutais ces messages, mais la curiosité, une curiosité morbide et autodestructrice, l'emportait toujours.

Mon souffle se coupa. Une rafale de photos, toutes d'Adrien. Et d'Éléonore de Martel. Son amour de fac. Celle qui lui avait « échappé ». Ils étaient sur un yacht, riant, des flûtes de champagne à la main. La légende en dessous : « Adrien Marchand ne regarde pas à la dépense pour son unique véritable amour ! Un collier en saphir à 5 millions d'euros pour l'anniversaire d'Éléonore ! Le grand amour existe ! »

Mon mari, l'homme qui refusait de me donner 50 euros pour des tampons, venait de dépenser 5 millions pour son ex.

Les messages affluèrent. « Pauvre Aurore », écrivait l'une. « Toujours le second choix. » Une autre : « Elle savait dans quoi elle s'engageait. Une femme-trophée n'est que ça, un trophée. »

Un trophée. Un bel objet silencieux à exposer, à admirer, puis, lorsque le vrai prix apparaissait, à jeter. Je me souvins du visage rayonnant de mon père le jour de mon mariage, de la dot considérable qu'Adrien avait payée, déguisée en « contrat de mariage ». J'avais été achetée. Une transaction. J'avais l'impression que même un chien errant avait plus d'autonomie.

La pluie se transforma en un déluge torrentiel, trempant mes vêtements, me glaçant jusqu'aux os. Je marchais à l'aveugle, les lumières de la ville se brouillant en traînées de couleurs. Mon corps était engourdi, mais mon esprit était un tourbillon de douleur et d'une résolution féroce et grandissante.

Un autre message s'afficha sur mon écran, cette fois une vidéo d'Adrien embrassant Éléonore. Ses propres mots résonnèrent dans ma tête : « L'argent ne fait pas le bonheur, mais putain, il achète la liberté. »

Je m'arrêtai de marcher. Je levai les yeux, la pluie ruisselant sur mon visage, se mêlant à mes larmes. J'étais complètement trempée, debout devant une enseigne au néon qui clignotait sous l'averse : « Le Salon Velours ». Cet « endroit spécial » dont j'avais entendu parler à mots couverts. Un lieu où l'argent n'était pas seulement un moyen, mais une fin en soi.

Mes mains se serrèrent en poings. Je trouverais ma liberté. Et je l'achèterais moi-même.

J'ai poussé la lourde porte ornée.

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