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Couverture du roman Trop tard pour son pardon

Trop tard pour son pardon

Mon fiancé me quitte pour ma jumelle, Annabelle, exigeant mon rein et nos fiançailles pour ses derniers jours. Ma famille me renie, ignorant qu'Annabelle a volé mon héroïsme passé : c'est mon rein qui a sauvé mon père, pas le sien. Personne ne sait qu'il ne me reste qu'un organe et que je suis condamnée par une maladie rare. Face au chantage d'Abel, j'accepte de me sacrifier. Puisque tout est perdu, je signe mon arrêt de mort pour sauver celle qui a brisé ma vie.
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Chapitre 1

L'homme que j'aimais, celui que j'allais épouser, m'a demandé de sauver la vie de ma sœur jumelle. Il n'a pas croisé mon regard en m'expliquant que les reins d'Annabelle la lâchaient complètement.

Puis, il a fait glisser les papiers d'annulation de fiançailles sur la table. Ils ne voulaient pas seulement mon rein. Ils voulaient aussi mon fiancé. Il m'a dit que le dernier vœu d'Annabelle était de l'épouser, ne serait-ce qu'un jour.

La réaction de ma famille a été impitoyable.

« Après tout ce qu'on a fait pour toi ? » a hurlé ma mère. « Annabelle a sauvé la vie de ton père ! Elle lui a donné une partie d'elle-même ! Et toi, tu ne peux pas faire la même chose pour elle ? »

Mon père se tenait à côté d'elle, le visage fermé. Il m'a dit que si je ne voulais pas faire partie de la famille, je n'avais plus ma place dans sa maison. On me mettait à la porte. Encore une fois.

Ils ne savaient pas la vérité. Ils ne savaient pas que cinq ans plus tôt, Annabelle avait drogué mon café, me faisant manquer l'opération de transplantation de notre père. Elle avait pris ma place, devenant une héroïne avec une fausse cicatrice, pendant que je me réveillais dans un hôtel miteux, traitée de lâche. Le rein qui fonctionnait dans le corps de mon père était le mien.

Ils ne savaient pas qu'il ne me restait qu'un seul rein. Et ils ne savaient certainement pas qu'une maladie rare ravageait déjà mon corps, ne me laissant que quelques mois à vivre.

Abel m'a retrouvée plus tard, la voix brisée.

« Choisis, Aurore. Elle, ou toi. »

Un calme étrange m'a envahie. Quelle importance cela avait-il encore ? J'ai regardé l'homme qui m'avait autrefois promis l'éternité et j'ai accepté de signer l'arrêt de ma propre vie.

« Très bien, ai-je dit. Je le ferai. »

Chapitre 1

Point de vue d'Aurore Dubois :

L'homme que j'aimais, celui que j'allais épouser, m'a demandé de sauver la vie de ma sœur. Puis il m'a tendu les papiers pour mettre fin à la nôtre.

Abel Fournier ne me regardait pas en faisant glisser le document impeccable sur le bois poli de ma petite table de salle à manger. Sa mâchoire était crispée, un muscle tressautait juste sous son oreille. L'épuisement dans ses yeux n'était pas seulement dû au manque de sommeil ; c'était une lassitude profonde, une fatigue de l'âme qui s'était installée depuis des semaines.

« C'est Annabelle », a-t-il dit, la voix basse et rauque, comme s'il avait avalé du gravier. « Ses reins... ils la lâchent, Aurore. Complètement. »

Je n'ai pas bronché. Je le savais déjà. Les murmures dans la maison familiale étaient devenus un vacarme que je ne pouvais plus ignorer. Ma sœur jumelle, Annabelle, la poupée de porcelaine fragile que ma famille avait passé sa vie à protéger, était enfin en train de se briser.

« Les médecins ont dit qu'elle avait besoin d'une greffe. Immédiatement. »

J'ai suivi du doigt le bord de la table, le regard fixé sur les papiers. Les mots en haut de la page étaient noirs et crus : ANNULATION DE FIANÇAILLES.

Il a enfin levé les yeux, son beau visage marqué par une douleur si profonde qu'elle semblait presque être la mienne. « On a besoin de ton rein, Aurore. »

Voilà. La requête qui n'en était pas une. C'était une exigence, déguisée en désespoir. Il a hésité, sa main flottant dans l'air entre nous avant de retomber le long de son corps. Un petit geste de défaite.

« C'est la seule façon pour qu'elle l'accepte », a-t-il continué, sa voix baissant encore d'un ton. « Elle se sent... coupable. Pour nous. Elle pense qu'elle nous déchire. »

J'ai failli rire. Le son qui s'est échappé de ma gorge était sec et creux. Annabelle, se sentir coupable. Ça, c'était nouveau.

« Tes parents sont d'accord. On l'est tous. C'est ce qu'il y a de mieux. » Il essayait de paraître résolu, comme un homme prenant une décision difficile mais nécessaire. Mais je voyais les fissures dans son armure. Je voyais l'homme que j'aimais se noyer sous le poids des attentes de ma famille.

« Je t'aime toujours, Aurore. Il faut que tu le saches », a-t-il murmuré, et c'est ça qui m'a vraiment brisée. Pas la demande pour mon organe, ni même les papiers d'annulation. C'était le mensonge. Le mensonge doux et tendre qu'il se racontait, et qu'il me racontait, pour que sa trahison soit moins douloureuse.

« Après qu'elle sera rétablie », a-t-il promis, ses yeux me suppliant. « Après que tout ça sera fini, on pourra arranger les choses. Je te le promets. »

Mon regard est retombé sur le document légal. Une promesse d'un homme qui me demandait de renoncer à notre avenir. Ça ne valait rien.

Annabelle avait été malade toute sa vie, ou du moins c'est ce qu'on nous disait. Un cœur faible, des poumons fragiles, une constitution qui ne supportait pas le stress. Elle était la fleur délicate qui avait besoin de soins constants, tandis que j'étais la mauvaise herbe tenace qu'on pouvait négliger, piétiner, et qui devait repousser tout aussi forte.

Maintenant, ses reins avaient lâché. Insuffisance rénale terminale. Les mots sonnaient cliniques, distants, mais leur signification était une condamnation à mort sans donneur.

Et selon Abel, elle avait un dernier vœu avant de sombrer dans les ténèbres.

« Elle veut m'épouser, Aurore », a-t-il avoué, les mots sortant dans un flot de honte. « C'est... son dernier vœu. Être ma femme, ne serait-ce qu'un jour. »

Être la femme de mon mari.

Il essayait d'adoucir les choses, de présenter ça comme un sacrifice noble, un dernier acte de pitié pour une fille mourante. « C'est juste une cérémonie, Rory. Ça ne signifie rien. Mon cœur est avec toi. »

Sa lutte était palpable. Il a passé une main dans ses cheveux sombres, le geste frénétique. Il était écartelé, et dans son désespoir, il avait choisi de me sacrifier pour se sauver lui-même de ce tourment.

J'ai de nouveau fixé les papiers. Mon nom, Aurore Dubois, tapé proprement à côté d'une ligne vide. Son nom, Abel Fournier, déjà signé d'une écriture assurée et familière.

Il me demandait de donner à ma sœur mon rein, mon fiancé et mon avenir. Tout en une seule transaction nette. Et il le faisait avec une déclaration d'amour sur les lèvres.

L'ironie était si épaisse que je pouvais la goûter, amère comme du poison sur ma langue.

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