
Trop tard pour notre Lilas
Chapitre 3
Lilas POV:
Je les regardai, Adelbert et Robin. Leurs visages étaient tendus, leurs yeux fixés sur les cendres encore fumantes. Je restai calme.
« On peut en refaire d'autres », dis-je, ma voix sans émotion.
Adelbert, toujours le conciliateur, acquiesça.
« Oui, bien sûr. On fera de nouvelles photos. On pourrait partir en vacances, tous les trois. »
Robin, qui avait retrouvé ses esprits, ajouta immédiatement :
« Et Natacha aussi ! Elle n'a jamais voyagé, la pauvre. »
Un sourire moqueur se dessina sur mes lèvres. Ils étaient si prévisibles. Ils pensaient que j'acceptais. Leurs visages se détendirent, un soupir de soulagement collectif.
Ils firent un pas vers l'entrée de mon appartement, mais leurs regards s'attardèrent sur les cartons entassés dans mon salon. Des cartons qui n'étaient pas là ce matin.
« C'est quoi, ça ? » demandèrent-ils en chœur.
Je jetai un coup d'œil aux cartons.
« J'ai démissionné. Je change de travail. Je déménage. »
Ils échangèrent un regard confus. Je savais ce qu'ils pensaient. J'aimais mon travail. Mon comportement était étrange pour eux. Une inquiétude sourde commençait à les envahir. Robin ouvrit la bouche pour poser d'autres questions.
Le téléphone d'Adelbert sonna. Il décrocha. La voix de Natacha, plaintive et effrayée, traversa le combiné.
« Adelbert ! Il n'y a plus d'électricité chez moi. J'ai peur ! »
Robin, entendant la détresse, pâlit. Il arracha le téléphone des mains d'Adelbert.
« Ne t'inquiète pas, Natacha ! J'arrive tout de suite ! »
Adelbert fronça les sourcils, mais l'inquiétude pour Natacha prit le dessus. Ils agrippèrent leurs clés de voiture et s'élancèrent.
Je restai là, immobile, mon visage sans expression. Quand ils furent partis, je composai le numéro de ma tante. Elle m'avait élevée. Elle était ma famille, ma confidente. Je devais lui dire.
« Lilas ! Ma chérie ! » Sa voix était pleine de chaleur.
« Tatie, je rentre à la maison. Je me marie. »
Un silence. Puis, sa voix, empreinte de surprise et de tristesse.
« Adelbert et Robin sont au courant ? »
J'hésitai.
« Non. »
« Je t'en prie, Tatie. Ne leur dis rien. Je ne veux plus de drames. »
Un soupir profond résonna à l'autre bout du fil.
« Ma chérie, tu étais leur petit trésor. Tout le monde voyait qu'ils t'aimaient. Je pensais que tu finirais par épouser l'un d'eux. C'est si triste. »
« Ce n'est pas triste, Tatie. Nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre. »
« Je savais que tu finirais par revenir un jour. Mais si vite… » Elle soupira de nouveau. « Promets-moi de passer me voir avant ton départ. J'ai de la bonne cuisine pour toi. »
« Bien sûr, Tatie. J'ai même un cadeau pour toi. »
Nous parlâmes encore un peu avant qu'elle ne raccroche. À peine avais-je reposé le téléphone que le mien vibra. C'était ma manager.
« Lilas ! Ton projet a remporté le prix ! Le trophée est arrivé, mais puisque tu as démissionné… J'ai demandé à Natacha de te le livrer. »
Pile au moment où elle finissait sa phrase, ma sonnette retentit. Je décrochai, incrédule. Natacha.
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