Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Transforme ses larmes en diamants - Tome 1

Transforme ses larmes en diamants - Tome 1

Héritière richissime à la beauté insolente, Carmen de la Fresnay ne recule devant aucun caprice. Excédés par son tempérament rebelle, ses parents décident de lui imposer une surveillance constante. Saul Rivet, un jeune homme sans-abri et tatoué, devient alors son garde du corps. Recruté par la mère de Carmen, il bénéficie d'une formation et d'un salaire en échange de sa protection. Mais derrière son allure brute, Saul cache une personnalité bien énigmatique.
Chapitres
Partager

Chapitre 3

Hors de moi, je faisais inlassablement les cent pas dans ma chambre depuis une bonne heure. Gen et Nomiko s’étaient fait attaquer durant leur trajet vers l’aéroport et Gen s’était battu pour défendre sa mère.

Leurs trois gardes du corps avaient été tués. Encore sous le choc, je me laissai tomber au sol face à mon miroir. Les Sugimoto auraient pu y passer. Je passai une main fébrile dans mes cheveux.

— Je n’aurais jamais cru vous voir pleurer un jour.

Je me relevai vivement pour rencontrer le regard de Gen. Adossé contre ma porte, sa chemise ouverte, il caressait du bout du doigt le bandage qui lui entourait l’estomac. Je ne l’avais même pas entendu arriver tant j’étais concentrée à fixer ma réflexion.

— Vous n’avez même pas toqué, qu’est-ce qu’il vous prend, de rentrer dans la chambre des gens sans prévenir ? Et que faites-vous là ?

— Je m’excuse, Carmen, dit-il dans un faible rire. J’en oublie mes bonnes manières. Je voulais vous prévenir que ma mère et moi resterons chez vous quelques jours, peut-être semaines.

Je haussai un sourcil d’incompréhension.

— Le temps que la situation se tasse, expliqua Gen.

— Pourquoi est-ce qu’on vous a attaqués ? Ça n’a aucun sens.

Gen soupira longuement et fit tourner sa chevalière entre ses doigts.

— Je pense qu’il s’agit des Vénézuéliens. Ils n’ont pas bien pris notre refus d’alliance. N’ayez aucune crainte, on s’en est déjà occupé.

Je ne fis rien paraître mais leur efficacité m’impressionna. Je vis Gen grimacer discrètement en portant la main à son sourcil. Un fin filet de sang atterrit sur ses cils et le fit cligner des yeux

— T’as mal ? dis-je aussitôt en m’approchant, munie de mouchoirs.

Surpris, Gen eut un mouvement de recul mais en voyant ma détermination, je vis les muscles de son ventre se détendre. Sur la pointe des pieds, j’appliquai le tissu sur sa plaie et le balançai dans ma poubelle. Gen me remercia d’un sourire et il porta la main sur une des mèches de mes cheveux tombant sur mes yeux.

— Ils sont plus foncés que l’été dernier, chuchota-t-il. D’un blond presque brun

Je regardai quelques instants sa main si près de ma bouche et secouai la tête en me détournant. Je n’aimais pas cette proximité. Je lui avais essuyé un peu de sang, pas la peine d’en faire une dégoûtante ode nostalgique. Gênée de l’ambiance que j’avais causée, je remuai l’élastique de mon short avec nervosité.

— Tu devrais y aller, t’as besoin de repos.

Gen me détailla plusieurs secondes, acquiesça, mais juste avant de passer la porte, il dit :

— J’apprécie que t’acceptes enfin de me tutoyer, Carmen. Merci encore.

Une fois la porte fermée, je poussai un bruyant soupir et me jetai sur mon lit. Je ne m’étais même pas rendu compte que je pleurais. Les larmes d’émotion étaient silencieuses et discrètes, un peu trop parfois.

Le lendemain, je ne croisai ni mon père ni ma mère. J’en avais l’habitude, de toute façon. La jupe courte imposée par l’uniforme du lycée me faisait grelotter et malgré la BMW chauffée, je ne pus retenir quelques grelottements.

Lorsque le chauffeur se gara sur le parking, je me retrouvai comme toujours parmi les premiers arrivés. Je m’apprêtai à gravir les marches de l’établissement quand une lourde masse s’abattit sur mes épaules.

— Putain, Maddy ! m’écriai-je avec colère.

— Désolée, s’esclaffa-t-elle dans un gigantesque sourire. Tu sais qu’on parle encore plus de toi ?

— Mais de quoi tu parles, à la fin ? dis-je avec impatience.

Il était vrai que le peu d’élèves que j’avais croisé m’avait regardée de haut en bas avec une expression bizarre. J’avais mis ça sur le coup de la réception du week-end précédent qui leur restait en travers de la gorge mais c’était différent, cette fois. J’ouvris la bouche mais je fus aussitôt coupée :

— Carmen, c’est vrai que tu héberges d’autres criminels dans le domaine ?

— D’autres? Comment ça, d’autres, Everett ?

Fils d’une journaliste sans scrupules mais célèbre pour son exécrable manière de gagner sa vie en violant l’intimité des autres, Everett ravala difficilement sa salive face à moi. Détesté de tous (à croire que c’était de famille), il cherchait par tous les moyens d’entrer dans le domaine depuis notre première année au lycée.

— Plus rien à dire, Bayeux ? renchérit Maddy avec une moue amusée face à son silence.

— Laisse tomber, marmonna-t-il en croisant mon regard noir.

Ce fut à ce moment qu’Alek et Oscar choisirent de pointer le bout de leur nez

— Quelle star, de la Fresnay ! s’exclama Alek les bras écartés. On ne parle que de ces fameux Sugimoto.

— Alors ? me chuchota Oscar en passant son bras autour de mes épaules. Ils sont vraiment dans la mafia ?

— Vous êtes ridicules, je croirais entendre la mère de ce connard d’Everett, soupirai-je en me dégageant d’Oscar.

Alek échangea un regard avec Oscar avant que tous deux partent dans un fou rire et s’éloignent. J’avais donc la cause de ces murmures incessants.

Maddy et moi bousculâmes un groupe de filles qui nous fixaient sans discrétion et nous nous rendîmes en cours de maths. Cette montée soudaine en popularité n’annonçait rien de bon pour Gen, Nomiko, mes parents et moi. J’avais le mauvais pressentiment qu’il y aurait bientôt des changements.

Sans surprise, je ne m’étais pas trompée. Plus tard dans la soirée, bien décidée à monter mon étalon, je finissais à peine de le seller que des bruits de sabots dans la carrière résonnèrent dans les écuries. Il n’y avait que mon père pour monter à cette heure tardive. Et il était censé n’être jamais présent. Je poussai un grognement et grimpai sur le dos d’Apollon.

Arrêtée devant la barrière ouverte de la carrière éclairée, j’observais mon père franchir les quelques oxers avec aisance. Saphir, sa splendide jument, était un pur-sang alezan né de deux anciens champions de saut d’obstacle. Sa grâce était à couper le souffle.

— C’est à en oublier que j’ai un père.

— Je t’en prie, Carmen, soupira-t-il.

Son front trempé de sueur et ses cheveux rabattus en arrière le rajeunissaient. Néanmoins, ses traits étaient tirés par l’inquiétude. Il flatta de sa main gantée l’encolure de Saphir avant d’avancer vers la barrière de la carrière. Je le suivis en silence et nous prîmes le chemin de la forêt.

— Tu t’es amélioré en dressage, c’est bien.

— Et si tu me disais ce que t’as à me dire, au lieu de tourner autour du pot, dis-je avec agacement.

— Très bien, mais ça ne va pas te plaire.

— Ce que tu dis ne me plaît jamais.

— Tu es en danger, Carmen, lâcha mon père en ignorant ma remarque. Nous pensions que les agresseurs des Sugimoto en avaient après Nomiko mais il se trouve que c’est à Gen qu’ils en veulent. Nous ne savons pas encore qui, mais on en a après lui. Et toi aussi.

— En quoi est-ce une surprise ? je ris amèrement. Je suis entourée de gardes du corps depuis toujours, papa.

Nous arrivions maintenant à la bordure de la forêt. Elle était sombre, seuls quelques rayons de lune éclairaient le chemin. Mon père s’arrêta et tourna la tête vers moi.

— Maintenant que tu es majeure, il semblerait qu’ils soient bien plus déterminés que les années précédentes à…

— Me faire la peau ?

Mon père m’administra un regard sévère mais fut contraint d’acquiescer. Ce n’était une surprise pour personne, mon père avait un nombre incalculable d’ennemis et ils avaient bien compris qu’il y a bien pire que de tuer la personne que l’on déteste par-dessus tout. Il suffit de s’en prendre à ses proches pour la voir dépérir à petit feu.

— Tu es ma fille unique, je dois te protéger, dit-il en me caressant la joue.

Je fermai les yeux. Il faisait la même chose depuis que j’étais petite. Mais je n’étais plus une gamine. Je tournai la tête pour me dégager de son emprise et je vis une ombre traverser les yeux bleus de mon père. Je regrettai presque instantanément mon geste mais j’étais bien trop fière pour le laisser paraître. Que pouvait-il me reprocher ? Après tout, c’était lui qui m’avait appris à rester impassible peu importe la situation.

— Nous devons ruser et opérer de manière différente, cette fois-ci. Fini les mastodontes visibles à des kilomètres nous avons besoin d’un jeune homme avec des capacités hors norme capable de tout le temps se fondre dans le décor.

— T’es en train de me dire que j’aurai un garde du corps à temps plein ?

— Exactement. Il t’accompagnera aux galas, en cours, lors de tes sorties, de tes soirées et tout le reste.

Je tombais des nues. J’étais étouffée depuis ma naissance, limitée dans mes déplacements et dans mes activités et on m’apprenait maintenant qu’en plus de tout le reste, je serais suivie les seuls moments où j’avais un semblant de vie normale ?

— C’est du foutage de gueule, papa, lui crachai-je.

Une vive douleur me traversa le visage. Je réprimai un rire et passai la main sur ma joue.

— J’aurais dû m’en douter. Dès qu’on te contredit, tu en passes aux mains. Mais je suis majeure, je suis libre de décider par moi-même.

Un rictus mauvais tordit les lèvres de mon père.

— N’oublie jamais à qui tu parles, ma fille. Tant que tu vivras sous mon toit, tu n’auras aucun mot à dire sur les méthodes que je choisis pour assurer ta protection. Si je juge qu’un garde du corps est nécessaire alors il y en aura un. Suis-je assez clair ?

— Et si je refuse ?

— Je te bloque l’accès à ton compte bancaire. Arrête tes enfantillages, dois-je te rappeler que tu es l’héritière de l’entreprise ?

Il me posait un ultimatum. Contrainte d’accepter, je refusai cependant d’admettre à haute voix qu’une fois de plus, Ivann de la Fresnay avait gagné. Je poussai un grognement et donnai un violent coup de talon à Apollon, qui partit aussitôt au galop.

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman De l'Humiliation à la Reine de New York
8.0
Chassée de l'université par les calomnies de sa rivale, une jeune femme perd ses parents et hérite des dettes familiales. Pour sauver son frère Benjamin de la prison, elle accepte un emploi dégradant en club privé. Elle y retrouve son ex-fiancé, Dimitri, désormais avocat de ses ennemis. Bien qu'il l'ait humiliée par le passé, il tente de se racheter au prix de sa carrière quand la vérité éclate. Trop tard : elle part conquérir New York, loin des décombres de son ancienne vie.
Couverture du roman La Vengeance de l'Épouse du Mafieux : Déchaîner ma Fureur
9.7
Aliana Ricci pensait vivre un conte de fées auprès d'un redoutable Capo marseillais. Tout s'effondre lorsqu'elle découvre la double vie de son mari et l'existence de son fils caché. Pire encore, son propre père a orchestré cette trahison, allant jusqu'à la droguer pour protéger ce secret. Face à cette machination familiale, la douleur d'Aliana se change en une rage glaciale. Armée de preuves compromettantes, elle organise sa fuite et leur ruine avant de disparaître.
Couverture du roman L'Amour Sous Contrainte
8.3
Léa, avocate, voit sa vie basculer quand elle défend son frère contre Marc, son rival de toujours. Leurs familles ennemies leur imposent alors un mariage politique. Pour saboter l'union, ils multiplient les scandales, mais une complicité naît. Après une trahison apparente et une accusation de complot, Léa perd tout et accepte l'exil pour sauver les siens. Pourtant, au tribunal, Marc surgit. Loin de l'avoir délaissée, il s'apprête à mener l'ultime combat pour sa vérité.
Couverture du roman Le retour de mon ex-mari
9.7
Pour lui, elle n'était qu'une opportuniste ayant manipulé son chemin vers le mariage pour le pouvoir. Après cinq années de mépris, de souffrances et d'humiliations quotidiennes, son amour s'est brisé. Le retour de l'ancienne amante de son époux sonne le glas de leur union. Elle signe le divorce et s'efface par sacrifice. Pourtant, son départ provoque une fureur inattendue chez cet homme. Désormais résolue à vivre pour elle-même, quel destin attend cette femme libérée ?
Couverture du roman Le retour du Maître caché
8.0
Autrefois redoutable, l'homme connu sous le nom de Brûler mène une existence paisible de livreur au cœur d'une métropole. Sa vie d'anonyme bascule après une nuit d'ivresse avec l'héritière d'une lignée prestigieuse, qui tombe enceinte. Alors que tous le méprisent, le prenant pour un individu insignifiant, Brûler garde le silence. Pourtant, face à une révolution mondiale imminente, il doit révéler sa puissance. Entre ses nouveaux devoirs amoureux et ses ennemis, saura-t-il triompher ?
Couverture du roman Livrée à la Bratva : La trahison de mon mari
8.8
Vendu par Dante à un cartel russe pour sauver sa maîtresse Lucia, je reviens le jour de mes propres funérailles. Mon mari ne regrette rien : il protège son héritier à naître et me laisse être torturée par mon père, avant de tenter de me noyer. Il ignore que Lucia simule sa grossesse et le trahit. Six mois plus tard, Dante supplie mon pardon avec des bijoux. Mais j'ai déjà choisi l'homme de l'ombre, le soldat qui m'a protégée quand mon roi m'a brisée.