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Couverture du roman Trahison du sang: La vengeance du véritable héritier

Trahison du sang: La vengeance du véritable héritier

Après huit ans de captivité, le retour chez mon père, le parrain Damien Marchand, fut un enfer. Persuadé que j'étais le fruit d'un viol, il me traitait comme une souillure, me laissant mourir de faim et me livrant aux crocs des chiens. Pourtant, c'est mon sang qui l'a sauvé d'une mort certaine. Jetée à la rue malgré mon sacrifice, ils découvrent trop tard mon test ADN : je suis sa fille légitime. Des années plus tard, ils implorent mon pardon. Ma seule réponse ? Un avis d'expulsion.
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Chapitre 1

Je pensais que sortir de la cave de mon ravisseur après huit ans d'enfer était la fin de mon calvaire, mais ce n'était que le début.

Mon père, le puissant Parrain Damien Marchand, a regardé mon visage de douze ans et n'y a vu que le monstre qui nous avait séquestrées. Il était convaincu que j'étais le fruit du viol de sa femme, me qualifiant de « souillure » dans sa lignée si pure.

La vie au domaine était un cauchemar. J'étais forcée de récurer les sols pendant que sa belle-fille, Chloé, vivait comme une princesse.

Un jour où je mourais de faim, Damien m'a surprise en train de manger dans les poubelles et s'est moqué de moi.

Quand Chloé a ordonné à un Doberman de m'attaquer, déchiquetant ma jambe sur la pelouse immaculée, il s'est contenté de regarder et a dit aux gardes de me recoudre sans anesthésie.

Pourtant, quand il se mourait d'une blessure par balle et que l'hôpital était à court de sang, c'est moi qui me suis portée volontaire.

J'ai donné deux poches de mon sang pour le sauver, espérant qu'il me verrait enfin.

Il ne m'a pas vue.

Dès qu'il a été stable, sa mère m'a jetée dehors, me livrant à l'Aide Sociale à l'Enfance comme un déchet indésirable.

Ils n'ont réalisé qu'une fois la voiture partie que le dossier médical sur la table contenait un secret.

Mon sang n'était pas impur. L'ADN correspondait à 99,9 %.

Je n'étais pas la fille du ravisseur. J'étais la sienne.

Quand ils sont finalement revenus des années plus tard, suppliant mon pardon, je ne leur ai pas offert un câlin.

Je leur ai tendu un avis d'expulsion.

Chapitre 1

Point de vue d'Élise Marchand

J'ai compris que ma mère ne m'aimait pas au moment où le canon silencieux d'un fusil s'est pressé contre mon front et qu'elle n'a pas hurlé pour me sauver la vie – elle a hurlé pour l'homme qui tenait l'arme.

Pendant huit ans, nous avions pourri dans une cave d'un trou perdu dans les Cévennes, une cage qui sentait le moisi et le whisky bas de gamme de Bruno.

Je pensais que l'explosion qui a arraché la porte d'acier de ses gonds était la fin.

La poussière tourbillonnait dans l'air lourd, étouffant la faible lueur de l'unique ampoule qui se balançait au-dessus de nous. Des hommes en tenue tactique noire ont inondé la pièce, silencieux et mortels.

Ce n'était pas la police.

La police crie des avertissements.

Ces hommes se déplaçaient avec l'efficacité synchronisée de faucheuses.

Bruno, le monstre qui nous avait gardées en cage depuis mes quatre ans, n'a même pas eu le temps d'attraper son fusil de chasse. Un des soldats l'a frappé avec la crosse de son fusil, le craquement humide de l'os résonnant contre les murs de béton.

Bruno s'est effondré sur le sol, inconscient ou mort. Je m'en fichais.

J'ai reculé en rampant, pressant ma colonne vertébrale contre les parpaings humides, serrant le pendentif en argent que j'avais volé dans la cachette de Bruno des mois auparavant. C'était ma seule monnaie d'échange.

« Maman », ai-je murmuré en tendant la main vers elle.

Elle l'a repoussée d'un coup sec.

Ce n'était pas une réaction de panique. C'était un rejet.

Elle se relevait déjà péniblement, les yeux fixés sur la silhouette qui emplissait l'embrasure de la porte.

Il est entré dans la pièce, et l'atmosphère a instantanément changé, aspirant l'oxygène de l'air.

Damien Marchand.

Je connaissais son visage grâce aux coupures de journaux froissées avec lesquelles Bruno nous avait nargués. Le Parrain. Le Prince Noir du clan Marchand.

Mon père.

Il portait un costume qui coûtait plus cher que la maison où nous étions piégées, taillé sur mesure pour des épaules larges qui portaient le poids d'un empire criminel.

Il n'a pas regardé le sang sur le sol. Il n'a pas regardé la misère.

Il n'a regardé qu'elle.

« Éléonore », a-t-il dit. Sa voix était profonde, un grondement qui vibrait à travers le plancher.

« Damien ! »

Ma mère s'est jetée sur lui. Elle ne s'est pas retournée vers moi. Pas une seule fois.

Elle a enfoui son visage dans sa poitrine, sanglotant, se fondant en lui comme s'il était la seule chose solide dans l'univers. Il a enroulé ses bras autour d'elle, son expression passant du granit froid à quelque chose de possessif, de féroce.

Il a enfoui son visage dans son cou, inhalant son odeur, récupérant son bien.

Je me suis levée, les jambes tremblantes. J'avais douze ans, j'étais mal nourrie, vêtue d'un t-shirt taché trois fois trop grand.

J'ai fait un pas en avant. « Papa ? »

Le mot est resté en suspens dans l'air, fragile comme du verre.

Damien Marchand a relevé la tête.

Ses yeux se sont posés sur les miens.

Je m'attendais à des larmes. Je m'attendais à du soulagement. Je m'attendais à un père.

Au lieu de ça, j'ai vu un vide.

Ses yeux étaient de la couleur de l'acier, et tout aussi durs. Il m'a regardée avec la même expression que l'on pourrait avoir en voyant un cafard ramper sur un gâteau de mariage.

Du dégoût. Un dégoût pur et absolu.

Il a serré Éléonore plus fort contre lui, la protégeant de ma vue.

« Dégagez-moi cette saleté de ma vue », a-t-il ordonné.

Sa voix n'était pas forte, mais elle portait le poids d'une condamnation à mort.

Un soldat m'a attrapé le bras. Sa poigne était de fer.

« Attendez », ai-je haleté, le pendentif s'enfonçant dans ma paume. « Je suis votre... »

« Tu n'es rien », m'a coupé Damien. Il m'a regardée de haut, avec un rictus méprisant. « Tu lui ressembles trait pour trait. »

Il parlait de Bruno.

Il pensait que j'étais le fruit du viol de sa femme. Il pensait que j'étais la souillure dans sa lignée si pure.

Je voulais hurler que j'avais ses yeux. Je voulais hurler que mon sang était rare, tout comme le sien.

Mais le soldat m'a traînée vers les escaliers.

J'ai jeté un dernier regard en arrière.

Éléonore chuchotait à l'oreille de Damien, le dos tourné vers moi. Elle avait choisi son sauveur. Elle avait choisi sa survie.

Je n'étais que le dommage collatéral de son traumatisme.

Ils m'ont poussée à l'arrière d'un SUV blindé noir. Les sièges en cuir étaient frais et sentaient l'eau de Cologne chère.

Damien et Éléonore sont montés dans le véhicule de tête. J'étais assise seule, flanquée de deux gardes armés qui refusaient de me regarder.

Mon estomac s'est noué. Le mouvement de la voiture, combiné au choc et à des années de malnutrition, était trop violent.

La bile est montée dans ma gorge.

J'ai plaqué une main sur ma bouche, mais c'était inutile. J'ai vomi sur le tapis de sol immaculé.

Le SUV s'est arrêté brusquement.

La portière s'est ouverte à la volée.

Damien était là. Il était revenu de la voiture de tête. Il a regardé le désordre, puis moi.

« D'abord tu souilles ma femme par ton existence », a-t-il dit, sa voix basse et dangereuse. « Maintenant tu salis ma voiture. »

Il ne m'a pas frappée. Il n'en a pas eu besoin. La haine dans ses yeux était un coup physique.

« Nettoyez ça », a-t-il ordonné au garde, sans me quitter des yeux. « Et mettez-lui un sac sur la tête si elle doit encore être malade. Je ne veux pas que sa puanteur nous suive jusqu'à la maison. »

Il a claqué la portière.

Nous sommes arrivés au Domaine Marchand une heure plus tard.

Ce n'était pas une maison. C'était une forteresse.

Des grilles en fer se sont ouvertes pour révéler un manoir tentaculaire qui semblait avoir été taillé dans l'argent et le sang. Le convoi s'est arrêté dans l'allée circulaire.

La presse était déjà là, tenue à distance par un périmètre de gardes.

Damien est sorti, aidant Éléonore. Elle avait l'air fragile, belle, tragique. La victime parfaite.

Il était le protecteur stoïque.

Les appareils photo crépitaient.

On m'a sortie de la deuxième voiture, dirigée vers une entrée de service à l'écart des lumières. Mais je l'ai vue.

Debout sur les grandes marches, vêtue d'une robe blanche immaculée, se tenait une fille de mon âge.

Chloé.

Je savais qui elle était. La belle-fille. La remplaçante.

Elle avait des boucles blondes et des joues roses de santé. Elle tenait une laisse attachée à un énorme Doberman.

Elle m'a regardée être traînée vers l'entrée des domestiques.

Elle n'avait pas l'air confuse. Elle avait l'air territoriale.

Elle a souri.

Ce n'était pas un sourire amical. C'était le sourire d'un prédateur qui réalisait que le nouvel arrivant était une proie blessée.

Une femme plus âgée se tenait près de la porte. Diane Marchand. La Matriarche. Elle portait des diamants qui valaient plus que ma vie.

Elle m'a regardée, puis le chef de la sécurité.

« La fille n'entre pas dans la maison principale », a-t-elle dit. Sa voix était sèche, comme des feuilles mortes grattant le pavé.

« Où la mettons-nous, Madame ? »

Diane s'est détournée, vérifiant sa manucure.

« Les quartiers des domestiques, au sous-sol. Frottez-la bien. Brûlez ces haillons. »

Elle a fait une pause, regardant l'entrée principale où Damien embrassait le front d'Éléonore pour les caméras.

« Nous avons une réputation à maintenir », a dit Diane. « Nous ne pouvons pas laisser le monde voir la souillure. »

La lourde porte en chêne s'est refermée sur mon visage.

J'étais à la maison.

Et je n'avais jamais été aussi seule.

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