
Trahison, Amour et Renaissance inattendue
Chapitre 3
Le choc de la déclaration de Jean-Pierre Dubois figea l'atmosphère de la salle de conférence. Les murmures cessèrent instantanément. Marc Lefevre fut le premier à retrouver sa voix, son visage passant de la suffisance à une incrédulité rageuse.
"Quoi ? Mais c'est ridicule ! De quoi vous vous mêlez ? C'est un développeur, un moins que rien ! L'accord, c'est avec moi qu'il a été négocié en partie, j'ai les contacts !"
Sa voix était stridente, il perdait le contrôle qu'il pensait avoir.
Jean-Pierre ne lui accorda même pas un regard. Ses yeux étaient rivés sur sa fille, puis sur les dirigeants de "Tech-Horizon".
"Ma fille ne s'associera pas avec un homme qui tente de l'humilier publiquement. La réputation, messieurs, c'est comme un plat. Il faut des années pour la construire et une seconde pour la ruiner. Je ne laisserai personne ruiner ce que ma fille a bâti."
Pendant ce temps, Amélie, encore sous le choc, essuyait ses larmes. Elle regarda son père, puis ce jeune homme, Louis, qui semblait vouloir se fondre dans le mur. Son esprit de femme d'affaires reprenait le dessus sur le chagrin. Le plan de son père était fou, impulsif, mais c'était peut-être la seule issue.
Le directeur de "Tech-Horizon", un homme pragmatique, sentit le vent tourner. L'intervention de Marc avait empoisonné la situation. L'associer de près ou de loin au projet devenait un risque.
Soudain, le téléphone de Marc sonna. Il jeta un coup d'œil à l'écran et son expression changea. Il décrocha, s'éloignant de quelques pas, sa voix un chuchotement furieux.
"Maman ? Non, ce n'est pas le moment... Je t'ai dit que je gérais la situation !"
Il raccrocha brutalement. Cet appel avait brisé le peu de crédibilité qui lui restait. Madame Lefevre, sa mère, était sans doute au courant de son plan, prête à intervenir si nécessaire pour "sauver les apparences". Amélie sentit une vague de dégoût. Cette famille vivait dans un théâtre permanent.
Marc se retourna vers les cadres de "Tech-Horizon", tentant un dernier coup de bluff.
"Cet accord est mort. Sans mon appui, la startup d'Amélie ne vaut rien. Nous annulons tout."
Il parlait comme s'il avait encore un pouvoir de décision.
Jean-Pierre eut un petit rire sec, un son qui fit sursauter tout le monde.
"Vous n'annulez rien du tout, jeune homme. Vous n'êtes rien dans cette équation. Vous êtes juste une erreur de parcours."
Puis, se tournant vers le directeur : "Mon offre tient. Le partenariat se fait, mais avec ce jeune homme, Monsieur Dupont, comme principal interlocuteur technique et partenaire de projet. Ma fondation personnelle garantira les premiers investissements si vous hésitez. Le nom des Dubois est une garantie plus solide que les promesses d'un manipulateur."
L'argument était puissant. Le nom "Dubois" n'était pas seulement synonyme de haute gastronomie, il était synonyme de succès, de qualité et d'un réseau d'influence considérable. Jean-Pierre venait de mettre tout son poids dans la balance pour sauver sa fille.
Le directeur de "Tech-Horizon" hocha lentement la tête, son esprit de calculateur fonctionnant à plein régime. Un partenariat renforcé par la caution personnelle de Jean-Pierre Dubois et mené par l'un de leurs plus brillants talents... C'était encore mieux que l'accord initial.
"Il semble que nous ayons une nouvelle base de discussion," dit-il calmement.
Puis, Jean-Pierre fit un geste vers la porte.
"Sortons d'ici. Allons régler ça ailleurs. Cet endroit est devenu malsain."
Son ton était sans appel. Le groupe se mit en mouvement, les cadres de la société, Jean-Pierre, Amélie et même Louis, qui fut entraîné dans le sillage du chef cuisinier. Ils se dirigeaient vers une autre salle de réunion, laissant Marc Lefevre seul au milieu de la pièce, son plan de sabotage s'étant spectaculairement retourné contre lui. Il était seul avec les échos de sa propre défaite.
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