
Trahi par mon compagnon
Chapitre 2
La nuit était aussi froide que sombre, une brume fine recouvrant les rues désertes de la banlieue parisienne. Les lampadaires clignotaient sporadiquement, projetant des ombres vacillantes sur le sol fissuré. Eliott observait la maison abandonnée, dissimulé dans l'obscurité d'un bosquet. Elle était aussi sinistre que Clara l'avait décrite : un bâtiment délabré, aux volets pendants et aux murs couverts de graffiti. Mais ce qui attirait son attention, c'était les deux silhouettes armées patrouillant à l'entrée principale.
Il ajusta les jumelles et scruta les environs. La sécurité n'était pas excessive, mais il y avait quelque chose d'étrange. Une tension qu'il ne pouvait expliquer. Les Delacourt n'affectaient jamais des hommes à un lieu sans raison. "Colis précieux", avait dit Clara. Mais quoi ? Ou plutôt, qui ?
Eliott rangea les jumelles dans son sac et se prépara. Sa lame de combat glissa silencieusement de son étui, brillante sous la pâle lueur de la lune. Il inspira profondément. Ce n'était qu'une autre mission. Rien qu'un autre obstacle entre lui et les Delacourt.
Il contourna la maison, progressant comme une ombre entre les hautes herbes et les débris jonchant le sol. À chaque pas, il scannait les environs, son instinct de survie aiguisé comme un rasoir.
L'un des gardes approcha, sa cigarette incandescent faiblement dans l'obscurité. Eliott attendit qu'il soit assez proche avant de frapper. Une main sur la bouche pour étouffer le moindre son, la lame trouvant sa cible avec une précision chirurgicale. L'homme s'effondra sans un cri, son corps glissant doucement contre le mur humide.
Le second garde n'eut pas plus de chance. Eliott l'élimina avec la même efficacité, son regard glacial, dépourvu de remords.
Il s'introduisit dans la maison par une fenêtre à moitié brisée, se faufilant à l'intérieur comme un fantôme. L'odeur de moisi et de renfermé saturait l'air, mêlée à une étrange odeur métallique. Des bruits de pas résonnaient quelque part au-dessus. Il y avait d'autres hommes ici.
Chaque pas d'Eliott était calculé. Il montait les escaliers en bois, évitant avec soin les planches qui grinçaient. À l'étage, une lumière vacillante filtrait sous une porte. Il s'arrêta devant, écoutant attentivement.
– Elle est vraiment importante, cette fille ? demanda une voix rauque de l'autre côté.
– Les ordres sont les ordres, répondit une autre voix, plus grave. Personne ne doit savoir qu'elle est ici.
Eliott fronça les sourcils. Une fille ? Son esprit s'emballa, mais il repoussa les pensées parasites. Il ouvrit brusquement la porte, arme au poing.
Les deux hommes n'eurent pas le temps de réagir. Deux détonations sourdes suffirent à mettre fin à leur conversation. Le silence retomba, lourd et oppressant.
Dans un coin de la pièce, une silhouette recroquevillée sur elle-même attira son regard. Une jeune femme, ligotée et bâillonnée, ses vêtements sales et déchirés. Ses cheveux blonds emmêlés encadraient un visage marqué par la peur et la fatigue.
Eliott s'approcha, méfiant.
– C'est toi, le "colis précieux" ? murmura-t-il en rangeant son arme.
La femme releva la tête, ses yeux bleu clair fixant les siens avec une intensité désarmante. Elle tremblait, mais il n'était pas sûr si c'était à cause du froid ou de la terreur.
Il sortit un couteau de sa ceinture et trancha les cordes qui lui liaient les poignets et les chevilles. Elle recula instinctivement, cherchant à s'éloigner de lui.
– Je ne vais pas te faire de mal, dit-il sèchement, bien que sa voix ne contenait aucune chaleur. Qui es-tu ?
Elle ne répondit pas, ses lèvres tremblantes, son regard fuyant.
– Je t'ai posé une question, insista-t-il, un brin d'agacement dans le ton.
Elle finit par secouer la tête, murmurant d'une voix rauque :
– Je ne peux pas... Je ne peux pas dire.
Eliott soupira. Il n'avait pas le temps pour des jeux.
– Écoute-moi bien. Je t'ai tirée de ce trou, mais si tu veux rester en vie, tu vas devoir me suivre et faire exactement ce que je dis. Compris ?
Elle le fixa avec une expression mélangeant défi et panique, mais elle hocha lentement la tête.
– Bien, dit-il. Maintenant, bouge.
Il la tira doucement par le bras pour l'aider à se relever. Elle chancela légèrement, visiblement affaiblie, mais elle le suivit sans protester.
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Ils progressaient dans le couloir sombre, Eliott en tête, ses sens en alerte maximale. Mais quelque chose le dérangeait. Cette fille, qui qu'elle soit, avait clairement une importance capitale pour les Delacourt. Et pourtant, elle n'avait rien d'une criminelle ou d'une alliée potentielle. Alors pourquoi ?
Quand ils atteignirent le rez-de-chaussée, Eliott sentit une présence. Il s'arrêta net, levant une main pour signaler à la jeune femme de ne pas bouger.
Le silence fut brisé par un bruit sourd derrière eux. Une porte s'ouvrit violemment, et des voix crièrent :
– Ils sont là ! Ne les laissez pas s'échapper !
Eliott se retourna, voyant un groupe de cinq hommes armés surgir dans le hall. Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent de panique, et elle recula instinctivement.
– Bouge pas ! cria Eliott en dégainant son arme.
Les premières balles fusèrent, fracassant le bois pourri et envoyant des éclats de plâtre dans l'air. Eliott riposta avec une précision implacable, chaque tir trouvant sa cible. Deux hommes tombèrent rapidement, mais les autres se dispersèrent, cherchant à les encercler.
– Reste derrière moi, ordonna-t-il à la femme, la voix dure mais assurée.
Elle obéit, se plaquant contre un mur, tremblante mais silencieuse. Eliott se déplaça avec une agilité impressionnante, utilisant les ombres et les obstacles pour réduire ses ennemis un par un.
Mais un homme parvint à contourner, s'approchant de la jeune femme avec un couteau en main. Elle poussa un cri, reculant encore, mais Eliott fut plus rapide. Une balle bien placée envoya l'homme s'effondrer à ses pieds.
– Je t'ai dit de pas bouger, gronda-t-il en la rejoignant.
Elle ne répondit pas, trop choquée pour articuler un mot.
Les derniers mercenaires furent éliminés, mais Eliott savait que d'autres pourraient arriver.
– On doit partir, maintenant, dit-il en l'attrapant par le bras.
Alors qu'ils sortaient enfin de la maison, Eliott sentit un doute le ronger. Ces hommes étaient clairement là pour la tuer, pas pour la ramener. Mais pourquoi ?
– Qui es-tu, au juste ? demanda-t-il brusquement en la regardant.
Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son ne sortit. Avant qu'il puisse insister, un grondement de moteur brisa le silence, et une lumière de phare balaya la cour.
Eliott plissa les yeux, son arme toujours prête. Une camionnette noire approchait rapidement, des silhouettes armées visibles à l'intérieur.
– Merde, murmura-t-il, le ton glacé mais tendu.
Il se tourna vers elle, ses yeux brûlants d'une intensité qui ne laissait pas place à la discussion.
– Prépare-toi. Ça va être long.
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