
Trahi par l'Amour Familial
Chapitre 3
Mon esprit, en proie à la panique, a exhumé un autre souvenir, encore plus vif. Une des employées de la clinique illégale de ma mère adoptive. Elle avait osé dire que la nouvelle coiffure de ma mère ne lui allait pas très bien. Une simple phrase, dite sans méchanceté. Ma mère adoptive avait souri, un sourire fin et glacial. Le soir même, elle avait convoqué la fille dans son « laboratoire ». Elle l'a attachée à une chaise et lui a injecté un produit expérimental. La fille a convulsé pendant des heures, sa peau changeant de couleur, ses yeux injectés de sang, avant de finalement mourir dans d'atroces souffrances. Ma mère l'avait observée tout du long, prenant des notes sur un carnet, comme s'il s'agissait d'une simple expérience scientifique. Elle m'avait forcée à regarder, pour que « j'apprenne le respect ».
Rien que de repenser à l'odeur chimique et aux gémissements étouffés, la bile m'est remontée dans la gorge.
« S'il vous plaît », j'ai supplié à nouveau, ma voix brisée. « Je regrette. Je regrette de vous avoir retrouvés. Je n'aurais jamais dû vous laisser entrer. Laissez-moi juste partir, je ne vous dérangerai plus jamais, je le jure. »
Mon père a éclaté d'un rire méprisant.
« Il est un peu tard pour les regrets, tu ne crois pas ? »
Ma mère a regardé la villa avec des yeux brillants de cupidité.
« Tu te rends compte de ce qu'on va pouvoir faire avec l'argent ? Léo pourra enfin aller dans une bonne université. On pourra acheter une nouvelle maison, loin de ce quartier pourri. »
« Et je pourrai enfin monter mon garage », a ajouté Léo, en me serrant le bras encore plus fort, comme s'il tenait un ticket de loterie gagnant.
Ils parlaient de ma vente comme s'il s'agissait d'une simple transaction commerciale. J'étais un produit, une marchandise. Mon père s'est tourné vers ma mère, l'air affairé.
« Le contact a dit qu'ils cherchaient des filles jeunes et en bonne santé. Ils paient bien. Surtout pour une vierge, et il pense que tu l'es encore. Tu as l'air innocente, ça leur plaira. »
Le mot « vierge » prononcé par mon propre père m'a donné la nausée.
« Il a dit qu'une fille comme toi pourrait faire du bon travail pour eux », a continué Léo. « Il a mentionné un type, un certain Marc. C'est le lieutenant du chef de la sécurité, apparemment. C'est lui notre contact. »
Marc.
Le nom a explosé dans mon esprit. Marc. Le lieutenant de mon frère adoptif, Antoine. Un homme grand et musclé, couvert de tatouages, mais qui, devant moi, baissait toujours les yeux. Un homme qui tremblait de peur dès que mon père adoptif haussait la voix. Un homme qui savait pertinemment qui j'étais.
Une minuscule, folle lueur d'espoir s'est allumée dans les ténèbres de ma terreur. Ils ne savaient pas à qui ils avaient affaire. Ils marchaient droit dans la gueule du loup.
J'ai relevé la tête, essayant de contrôler les tremblements de ma voix.
« Vous ne savez pas ce que vous faites. Cet homme, Marc... vous ne devriez pas traiter avec lui. »
Ma tentative de les avertir, ma dernière once de pitié pour ces gens qui partageaient mon sang, s'est heurtée à leur incompréhension totale.
« Qu'est-ce que tu racontes encore ? » a grogné mon père. « Tu essaies de nous faire peur pour qu'on te laisse partir ? C'est raté. »
Ils étaient trop stupides, trop aveuglés par l'argent pour comprendre le danger mortel dans lequel ils se jetaient. Et ils m'y entraînaient avec eux.
Vous aimerez aussi





