
Les Templiers: Le secret de la 7e Croisade ou le mystère du Dogma
Chapitre 3
Les analyses de sang font apparaître quelques traces d’alcool et aucune de produits de nature à provoquer des troubles d’équilibre.
Des fibres ont été trouvées sous les ongles de la victime.
Dans la case Remarques particulières,l’annotation suivante précise : « aucune autre expertise particulière n’a été effectuée (rapport sexuel, pathologie, examen du squelette et organes internes, analyses diverses) en l’absence de demande du Juge ».
Cela fait maintenant 4 jours que le drame a eu lieu et Sarah ne peut plus vivre dans cette atmosphère nocive où chaque regard de sa tante, chaque vision de cet escalier et de sa chambre lui rappellent son viol et le décès de son oncle. Elle décide de déménager au plus tôt. Elle en informe sa tante qui ne peut qu’adhérer à cette décision. Une semaine plus tard, elle a trouvé un appartement. Elle est sur le point de prendre son indépendance en accord avec ses parents qui vivent en Égypte et qui l’aident financièrement.
Le déménagement
Elle quitte donc le domicile de sa tante le 8 octobre 2013 pour s’installer dans un appartement 3 pièces-cuisine dans le 6earrondissement. La semaine qui suit est vouée à son aménagement et surtout à la livraison des meubles. Cinq jours plus tard, la dernière livraison se fait et Sarah demande à ce que les chaises de la cuisine restent sur le palier, car elle veut faire un peu de place avant.
Il est 20 heures et un homme charmant, la trentaine, pénètre dans l’appartement situé en face du sien. Ils font connaissance, sympathisent et finalement Cédric, c’est son nom, l’aide à rentrer le reste des meubles. Il s’étonne de voir de nombreux bleus sur les bras de sa voisine et quelques traces sur son cou. Il ne relève pas.
Ça, y est, Sarah est autonome et se sent prête pour affronter la vie active.
L’agression du 26 février 2017
6earrondissement, il est environ 4 heures du matin et un nuage de neige fondue s’abat sur Paris. Une jeune femme s’arrête devant la porte d’entrée d’un immeuble. Elle fouille dans son sac. Elle cherche sa petite lampe de poche : le clavier du digicode est toujours mal éclairé. Tout près d’elle, dans l’ombre du porche, un « Hé, toi ! »la fait sursauter et se retourner. Avant qu’elle ne comprenne, deux coups de feu éclatent, elle s’effondre et heurte lourdement le sol avec la tête.
À la même heure, mais dans le 10e, il fait froid et la neige fondue recouvre régulièrement le pare-brise d’une auto. Elle est garée dans un endroit sombre face à un ancien garage apparemment abandonné. Deux policiers, Cédric Grandas et Nadine Lusset, sont en planque dans le cadre d’une enquête portant sur un pourvoyeur d’objets d’art. Il est 4 h 50 et le vibreur de Cédric s’active. Avant de prendre la communication, il masque avec une carte de tarot l’éclairage de l’écran particulièrement puissant dans l’obscurité.
— Grandas ? C’est Mézard.
— Que se passe-t-il ?
— Tu connais une certaine… Sarah Ronseil ?
— Oui, bien sûr, je suis un ami. Pourquoi ?
Il fait très froid dans la voiture et les deux policiers sont affaiblis et fatigués. À l’annonce de cette question qui ne présage pas une bonne nouvelle, Cédric subit une montée d’adrénaline provoquant un tremblement incontrôlable de ses mains.
— Elle a été agressée devant chez elle.
— Agressée ? mais comment ?
— C’est très sérieux, elle vient de faire l’objet d’une tentative d’homicide.
— Comment ça, homicide ? Allez, accouche s’il te plaît !
Cédric est de plus en plus excédé par le manque de discernement de son collègue qu’il connaît trop bien
— Elle a été transportée aux urgences de l’hôpital Cochin dans un état grave : elle a reçu deux balles dans la poitrine.
Totalement désorienté, Cédric pose bien évidemment la question probablement sans réponse :
— Et on en connaît l’auteur ?
— Pas encore, Grandas. Le commissaire Dubourdieu n’est pas au courant et l’agression a eu lieu il y a cinquante minutes à peine. La police ne sait pas faire plus vite.
Au ton employé par Mézard, Cédric mesure son agressivité.
— Désolé, Mézard, mais je suis personnellement touché par ce drame.
Le voyant atteint au plus profond de lui-même et ayant compris la situation, Nadine, 25 ans, policière depuis peu est célibataire et fait équipe avec Cédric, ce beau garçon de 35 ans en instance de divorce avec Chloé qui l’a quitté en raison de ses absences trop fréquentes liées à son métier. Leur fils, Ludovic, est âgé de sept ans. Le couple a gardé malgré tout de très bonnes relations, se souciant de l’équilibre de leur enfant et de sa construction pour l’avenir.
Nadine, cette belle brune est la coqueluche du commissariat qui la gâte et la protège.
Elle propose à Cédric d’abandonner la planque. Tous feux et sirènes allumés, Nadine conduit son collègue aux urgences Cochin. La route glissante ralentit ses ardeurs et ce n’est qu’au bout de 50 minutes que Cédric peut enfin prendre des nouvelles.
Sarah est en salle d’opération depuis 30 minutes. La nervosité de Cédric lui vaut un sévère rappel de l’infirmière de service qui lui ordonne d’attendre en salle d’attente, flic ou pas flic. Il repère rapidement la machine à café et ne s’en éloignera pas pendant 3 heures. Au bout de son énième gobelet, il aperçoit un chirurgien qui se dirige vers lui.
Il est 9 h 15, les deux hommes s’isolent. Fatigué, le médecin s’assoit et se montre très direct :
— Vous êtes de la famille ?
— Non, je suis un ami très proche de Sarah Ronseil.
— Je vais être direct : le pronostic vital est engagé. Sarah a donc reçu deux balles dans la poitrine et, à un degré de gravité moindre, un traumatisme crânien n’arrange pas les choses. Les 24 prochaines heures seront vitales.
Cédric, complètement effondré, s’assoit à son tour. Il arrive à remercier le chirurgien pour ses explications. Alors qu’il erre d’une démarche léthargiquedans les couloirs de l’hôpital, son portable le ramène à la réalité : c’est son patron, le commissaire Dubourdieu qui lui demande de le rejoindre au commissariat. Cela fait maintenant 30 heures que Cédric est en service, et, éreinté, se présente chez son patron. Cet homme de 1 mètre 85, au comportement bourru, cachant en réalité une personne altruiste, ne voit pas cette fatigue et le sollicite dès son arrivée :
— Alors Grandas, comment vas-tu ou plus exactement, comment va-t-elle ?
Cédric brosse un tableau alarmant sur l’état de santé de la victime.
— On ne peut qu’attendre, le temps travaille pour elle. J’ai donc appris que tu apparaissais en tête de liste des contacts de la victime et que c’est toi qui as été bien évidemment appelé par Mézard en premier lieu ?
— Oui, je lui ai expliqué qui était Sarah et lui ai donné un contact familial sur Paris.
— Mais quelle est la nature de tes relations avec elle ?
— C’est une amie, nous sommes très proches, mais nos relations s’arrêtent là. Nous sommes voisins de palier depuis quatre ans.
— Ah bon ? Elle vit seule ?
— Oui et elle n’a pas d’enfant. Bon, si tu permets, je t’en dirai un peu plus demain, mais là, j’attaque ma 31eheure de service et, là, je vais me coucher.
— Ah oui, quand même ! Bon, on se voit demain à 9 h et nous ferons le point sur tout cela.
Enfin rentré chez lui, Cédric s’écrase sur son lit à peine sorti de la douche. Il est 6 h du matin quand il se réveille après 16 heures d’un profond sommeil. Un copieux petit déjeuner le remet en forme et il est enfin prêt pour rejoindre Dubourdieu à son bureau.
Il appelle l’hôpital et apprend que le pronostic vital est toujours engagé. Plutôt dans le relationnel au quotidien, Cédric ne peut se sortir de l’affectif dans lequel il a sombré depuis le drame. Il refuse d’imaginer que cette magnifique jeune femme de 27 ans disparaisse de sa vie, car elle est un soleil pour lui.
Le cambriolage
Il sort et ne peut s’empêcher de jeter un regard mélancolique en passant devant la porte de l’appartement de Sarah.
Là, stupeur, elle n’est pas fermée et laisse entrevoir un filet de lumière. Il s’approche et constate qu’elle a été fracturée sans ménagement probablement au pied de biche. Il appelle immédiatement Dubourdieu pour envoyer une équipe scientifique sur les lieux pendant qu’il surveillera l’appartement sans y rentrer.
Une heure plus tard, Dubourdieu et les experts arrivent sur les lieux sous les regards des badauds du rez-de-chaussée et de l’étage. Cédric explique brièvement la découverte de la scène à Dubourdieu. Restant à l’extérieur avec Cédric, il fait rentrer les experts pour commencer l’investigation.
La porte est grande ouverte et les deux flics inspectent à distance l’étendue des dégâts.
— Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, Grandas, mais d’ici, on dirait qu’ils n’ont pas touché à grand-chose.
Au bout d’un quart d’heure, les deux flics sont invités à enfiler les couvre-chaussures, gants et bonnet pour rentrer à leur tour. Dubourdieu découvre l’univers de cette jeune femme qu’il ne connaît pas.
L’appartement 3 pièces-cuisine est spacieux et très lumineux. La déco porte une touche franchement féminine, mais quelque chose le choque : l’essentiel de la déco tourne autour de statuettes et d’objets historiques apparemment d’époque médiévale. De nombreuses photos de chantiers de fouilles archéologiques, et, au chœur de tout cela, une photo d’une jeune fille et d’un jeune garçon arborant fièrement en gros plan un cadre dans lequel trône une pièce de monnaie ou une médaille. Il peut lire la minuscule légende « Sarah et Michou – pièce mérovingienne découverte en l’été 2001 à Tarbes / Urac, trouvaille miraculeuse qui m’a transportée pendant toutes ces années dans cette aventure ».
Le bureau aménagé dans la première chambre, lui, ne parlera plus, car il a été entièrement fouillé et saccagé. Cédric constate que son PC portable a disparu ainsi que le disque dur de sauvegarde. La vingtaine de livres qu’elle possède a également fait l’objet d’une fouille approfondie. Dubourdieu continue à visiter les lieux : le matelas, ainsi que trois vases datant du Moyen-Âge ont été retournés.
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