
Sœur jumelle
Chapitre 3
Les voisins accourraient pour s’enquérir de la situation, tous furent choqués par la scène ma*cabre qui se dessinait devant qu’eux…
Ma’a fit éruption dans la concession avec iyo tenant son bâton dans la main, tout le monde se tue, une grande aura se dégageait d’elle, iyo se chargea d’emmener le bébé dé*cédé pour l’en*terrer dans la concession familiale.
Azani (en larmes) : iyo ramène moi mon enfant s’il te plait, c’est ma chair, non !
Aziz la retenait et la calmait du mieux qu’il pouvait. Iyo compatissait à la douleur de sa sœur, mais que pouvait-il faire? Le mal était déjà fait…
Azani se jeta dans les bras de ma’a, son chagrin était trop fort.
Ma’a : calme-toi Azani c’est ton destin…Pleure ça te libèrera mon enfant.
Elle resta dans les bras de ma’a plus d’une heure. Ma’a tient son visage dans ses mains comme lorsqu’Azani commettait une bêtise petite et voulait la réprimander.
Azani : ma’a je suis désolée, j’ai échoué.
Dit-elle à chaudes larmes.Ma’a sourit, elle ne parla pas sévèrement comme à son habitude mais l’entoura de ses bras, où Azani retrouvait du réconfort depuis petite.
Ma’a : n’oublie pas que je t’aime mon enfant, je ne me fâcherai jamais longtemps de toi, tu salueras ta mère de ma part. Ma’a lui esquissa un sourire et une larme s’écoula de ses yeux, c’était la première fois qu’Azani voyait sa grand-mère verser une larme, elle qui l’idolâtrait tant et la prenait pour une déesse, au grand jamais ma’a ne s’était montrée émotive devant qu’eux.
Azani était perturbée par ses propos qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Ma’a se leva et se retourna pour s’en aller.
Azani : ma’a qu’est-ce que cela signifie ?
Ma’a : c’est ta destinée mon enfant…
Elle dit ses quelques mots et partit même Aziz n’avait pas saisi leur sens, trop chagrinés sa femme et lui pour comprendre quoique ce soit.Ma’a rejoignit sa maison, iyo l’attendait…
Ma’a : tu as fait tout ce qu’il faut ?
Iyo : oui !
Le regard triste iyo regarda sa grand-mère.
Ma’a : ne t’inquiète pas, ta sœur ne souffrira pas !
Iyo : tu sais bien qu’elle ne méritait pas tout ceci, tu aurais pu faire quelque chose ! dit-il la voix débraillée.
Ma’a : tu sais bien que je n’ai pas le droit de dévier le destin de tout un chacun, la nature à ses limites, Dieu établit un certain nombre de choses que nous devons respecter, j’ai reçu ce don pour faire le bien, aider des gens, en aucun cas nous ne devons changer leur destin cela pourrait avoir des conséquences néfastes sur le long terme.
Iyo : Azani méritait bien cela, tu as laissé nos parents mourir alors que tu pouvais faire quelque chose, tu es aussi prête à laisser ta petite fille partie ?
Ma’a : le chemin est encore long mon fils tu t’y feras, au fils du temps j’ai appris à vivre avec la douleur, elle ne m’a jamais quitté, lorsque ta sœur est née, je l’ai tenu dans mes bras tout comme à ta venue et j’ai su ce qui l’attendait. Soit fort mon fils, tu auras une nièce qui viendra vers toi un jour, elle aura besoin de toi et là je sais que tu seras à la hauteur pour l’aider dans sa quête pour éradiquer le mal.
Iyo comprenait bien la profondeur des mots de sa grand-mère, il devait accepter que les choses se déroulent ainsi.
Le bébé d’Azani avait été en*terré dans le ca*veau familial, iyo avait fait tout le nécessaire pour qu’Irma n’accède pas au corps au cas où l’envie lui prenait de le faire.
Azani était mal en point depuis quelques jours, la douleur de la perte de son enfant était encore vive, mettre au monde deux bébés et se retrouver avec un seul était dé*chirant, toute mère ne souhaite pas perdre un enfant.
Aziz est allé en ville pour vendre les vivres de son champ, il a laissé sa femme chez ma’a vu son état. Iyo prend soin de sa sœur de son mieux, il est au petit soin avec qu’elle, mais l’éclat qu’il animait autrefois s’était éteint, ma’a s’occupe du bébé, elle voit en elle un grand avenir malgré les rudes combats qu’elle mènera.
Ma’a : Azani, tu comptes te ressaisir ou bien demeurer dans cet état ?
Elle regarda ma’a et ne parla pas.
Ma’a : tu sais le jour que j’ai per*du votre mère dans ce tra*gique acci*dent avec votre père j’ai cru que la vie devait s’arrêter pour moi, mon cœur de mère n’avait pas dirigé cette perte brusque, mais que devais-je faire ? M’ô*ter la vie ? Et qui allait prendre soin de mes petits fils ? qui allait encadrer iyo pour qu’il soit aussi bon sinon meilleur que moi ? Toutes ses questions qui me taraudaient l’esprit et me faisaient me remettre en question. Il était hors de question que je vous laisse livrer à vous-même dans ce monde cruel, et toi tu désires laisser cet enfant et ton mari ?
Azani saisissait l’ampleur des mots de ma’a, ils étaient très percutants, devait-elle se laisser aller ou bien lutter ?
Azani : je suis fatiguée ma’a, j’ai l’impression que la vie s’acharne sur moi. Durant de nombreuses années j’ai prié de toutes mes forces j’ai jeuné, j’ai pleu*ré, j’ai dû endurer toutes les moqueries des femmes de ce village me traitant de sté*rile, j’ai juste demandé un enfant mais hélas Dieu ne répondait pas à mon appel, j’ai été naïve de penser qu’une entité malé*fique telle qu’Irma pouvait me venir en aide naturellement, elle m’a arraché une partie de moi, je me sens vide et abattus.
Ma’a : Dieu n’est pas sourd Azani, il peut être lent dans ses actions mais soit en sûr il finit toujours par nous exaucer, tu as été naïve de croire à ses contes de fées tirés de l’antiquité, ne t’ai-je pas prévenu du chemin que tu voulais emprunter ? Mais comme à chaque fois tu as fait la sourde oreille car ton désir était plus grand, tu as pac*tisé avec qu’elle, quelle naïveté ! Sache qu’elle ne lâchera rien d’aussitôt.
Azani pleurait à chaudes larmes, ma’a lui donna son enfant, elle la prit et l’entoura de ses bras, ses larmes ruisselaient et tombaient sur les joues de la petite, celle-ci qui était endormie profondément, se réveilla et regarda sa maman, on aurait dit que le bébé comprenait la profonde peine qui animait sa maman.
Ma’a : cet enfant s’appellera Hilda qui signifie combat car elle sera une combattante.
Azani acquiesça en signe d’approbation. Elle se mit à fredonner une berceuse que sa maman avait l’habitude de lui chanter elle et son frère pour qu’ils s’endorment tout en caressant les cheveux de la petite elle fredonnait.
Mon cher enfant…
Je pars…
Je m’en vol vers d’autres cieux…
Maman sera toujours là mais je pars…
Ne m’en veut pas je pars, maman t’aimera où qu’elle soit…
Azani : je t’aime ma petite Hilda ! Maman sera toujours là près de toi pour te protéger, où que tu iras tu seras source de bénédiction, tu apporteras toujours la joie, quelques soit les tentations et les attaques du malin, tu sortiras toujours vainqueur mon enfant.
Les mots d’Azani sonnaient comme un adieu à sa fille, savait-elle que c’était son issue finale ?Aziz était rentré le lendemain.
Plusieurs jours s’étaient écoulés et la santé d’Azani allait de mal en pire, la femme qu’il avait épousé autre fois était en train de fané sous ses yeux et ça l’attris*tait énormément, ma’a lui avait dit de se préparer qu’elle pouvait partir d’un moment à un autre, ce n’était que l’œuvre d’Irma, elle comptait en finir avec Azani et sa progéniture, pour elle ça avait sonné comme un affront d’Azani de ne pas lui obéir, d’autant plus que l’aura d’Hilda était bien trop forte pour un bébé elle avait hérité de pou*voir comme cela était transmis dans la famille mais ma’a ne voyait pas en elle les pouvoirs de prêtresse mais d’une justicière qui aura une mission bien particulière à accomplir.
Aziz était très attristé à l’idée de perdre sa femme, il s’était toujours vu finir ses jours auprès d’elle, cette idée de ne plus la voir était inconcevable pour lui, car son amour pour Azani était éternel.
Une nuit d’Azani dormait dans la concession familiale lorsqu’elle fit un rêve, elle se retrouva au bord de la rivière toute en pleurs avec des habits de bébé en mains lorsqu’une personne posa sa main sur son épaule elle se retourna et vit Irma, celle-ci se mit à lui rire au nez et se moquer d’elle, elle tenait dans ses bras le bébé dé*cé*dé d’Azani, celle-ci lui dit de la suivre si elle voulait être à nouveau avec son enfant, Azani entra dans l’eau et la suivit dans les profondeurs de l’abîme, aussitôt des gardes sirè*nes se chargèrent de l’arrêter et de l’emprisonner dans la prison cé*leste, Azani comprit qu’elle ne reverra plus jamais sa famille tout était finir pour elle, Irma lui dit ces mots.
& désormais l’âme de ta fille m’appartient, elle sera mienne et sera à mon service, tout comme sa sœur elles sont dotées de pouvoir que j’utiliserai très bientôt pour semer le chaos et régner sur le monde, bientôt sa sœur sera à moi, toi également tu souffriras pour l'éter*nité…Haha ! &
Le vent souffle au loin, maa munie d’une lampe inspecte la concession, lorsqu’elle sentit un vent frais venir du salon elle s’y dirige la lampe éclairée, elle voit une silhouette de femme se dessiner.
Ma’a : qui es-tu es*prit ?
La silhouette marchait et se dirigeait à extérieur, puis se retourna, ma’a compris que ce n’était qu’autre que celle de sa petite fille qui coulait des larmes de sa*ng lui demandant de lui venir en aide.
Ma’a laissa échapper des lar*mes sa petite fille avait rendu l’â*me et était prisonnière de cet es*prit malé*fique, il fallait agir pour au moins lui accorder un doux repos, et pour cela il fallait la sortir des griffes d’Irma, ma’a de sa voix appela son petit-fils iyo, celui-ci ne tarda pas à être là, lui également avait sentir la présence de sa sœur.
Tous deux se dirigèrent dans la chambre qu’Azani occupait avec son bébé. Le bébé dormait comme un ange dans son berceau entouré de son aura toujours aussi perceptible et forte. Le corps d’Azani était étendu sur le lit et son es*prit en souffrance pleurant des lar*mes de sa*ng à coté, elle apparaissait et disparaissait par moment dû aux nombreuses souffran*ces qu’on lui infligeait dans les abî*mes…
Les yeux d’iyo s’emplirent de larmes, son unique sœur s’en était allée, sa douleur était bien forte, mais il devait se ressaisir pour délivrer son â*me des tour*ments, ma’a posa sa main sur l’épaule de celui-ci en signe de compassion.
Ma’a : mon fils dépêchons nous, si le jour se lève l’â*me de ta sœur sera à jamais empri*sonné dans les abî*mes nous devons agir.
Iyo : d’accord ma’a, Iyo dressa un lit de feuilles sur la cour, il entoura de poudre blanche, il porta le corps sa*ns vie d’Azani et le plaça sur ce lit, il disposa des bougies autour du corps qu’il alluma, elles brillaient de mille feux. Ma’a et iyo se mirent à faire des in*can*tations, elle mâcha de nombreux écor*ces qu’elle cra*cha sur le corps, elle l’oint d’huile, et se plaça au-dessus du corps et dit quelques mots tout en fermant les yeux en une langue que seuls les initiés pouvaient comprendre, le corps d’Azani se mit à bouger et faire des mouvements comme s’il était en tran*se ses yeux s’ouvrirent et devint tout rouges, sa bouche s’ouvrit et elle se mit à parler, mais ce n’était guère sa voix mais celle d’Irma…
Irma : haha ! Qu’espères-tu prêtresse ? Tu ne peux rien, elle m’appartient bientôt je prendrai l’â*me de l’autre bébé haha !
Ma’a : nous verrons bien !
Ma’a versa un liquide sur les yeux et la bouche du corps on aurait dit qu’il brulait…
Ma’a : va-t’en ! je t’ordonne de libérer l’â*me de ma petite fille, es*prit malé*fique. Ma’a n’arrêtait pas ses in*can*tations, on aurait dit que l’es*prit qui possédait le corps était étouffé.
Iyo prit la main de sa grand-mère, une force puissante s’émanait d’eux, les chaînes qui retenaient Azani dans les profondeurs des abî*mes se libérèrent, ses plaies disparurent, elle appa*rut plus apaiser, elle était libérée des griffes d’Irma celle-ci qui étouffait dans le corps d’Azani disparue aussitôt et le corps redevint calme. Iyo et sa grand-mère était fatigués par le com*bat qu’ils venaient de mener.
Ma’a : va maintenant ma petite fille, tu peux aller te reposer, ne t’inquiète surtout pas, Hilda sera entre de bonnes mains, rien ne lui arrivera.
La visage d’Azani était plus apaisé, elle leva sa main pour un dernier au revoir à son frère et ma’a. Elle visita son mari dans les rêves pour lui dit au revoir également.
Aziz était troublé par les rêves qu’il avait fait la nuit, le matin de bonheur il alla chez ma’a, iyo et elle l’attendaient à la cour, le corps de sa femme toujours posé sur le sol sur ses feuilles, il ne comprenait pas ce qui passait…
Aziz : que fait ma femme coucher sur ces feuilles ?
Ma’a : Azani a rejoint d’autres cieux Aziz soit fort !
Aziz (en armes) : ma’a que dis-tu? Jamais elle ne m’a cette promesse si cruelle, qui veillera sur notre bébé comme elle savait si bien le faire, pourquoi tout ceci m’arrive-il ? Je suis un pois*seux !
Iyo : ne dit pas cela personne ne choisit de mou*rir, tu dois l’accepter pour que son â*me soit en paix, elle t’a laissé une fille tu devras en prendre soin…
Aziz était très abattu par le décès de sa femme en l’espace de moins d’un mois, il avait per*du l’une de ses filles et sa femme, la vie pouvait être cruelle…
Tous les villageois avaient été prévenu du dé*cès d’Azani, Tous étaient déboussolés et trouvaient cela étrange, qu’est ce qui avait bien pu se passer ? Se demandaient-ils. Une chose était sure sa grossesse n’avait apporté que mal*heur à sa famille c’était bien triste.
Ma’a et iyo s’étaient chargés de faire toutes les coutumes et surtout de rompre le lien de dé*cès tragique sur la descendance d’Azani, elle avait été en*terré dans le ca*veau familial comme il était de cou*tume pour tous les descendants de ma’a la prê*tresse même ses descendantes filles, qu’elles soient dotées ou non !
Aziz tenait sa fille dans les bras et se demandait bien quel avenir elle aura si elle ne suivait pas aussi sa mère, allait-il s’en sortir avec un enfant sous les bras ?
Quelques jours après les obsè*ques, ma’a, iyo et Sophie eurent une conversion avec Aziz…
Ma’a : mon fils, ta femme nous a quittés il y’a quelques jours, laissant en nous beaucoup de tristesse…dit-elle à Aziz.
Aziz : oui ma’a, elle me manque énormément !
Ma’a : je sais à nous aussi, mais pour ta propre sécurité et celle de ton enfant tu ne resteras plus dans ce village, c’est mieux que tu ailles en ville très loin, en restant ici Hilda est exposé au danger .
Aziz : mais ma’a, je ne sais pas grand-chose de la ville, j’y vais juste pour vendre mes vivres, je n’ai pas réellement de famille là-bas, sauf un oncle qui nous a quittés il y’a quelques années, toute ma vie est ici dans ce village comment vais-je survivre avec un bébé en ville ?
Ma’a : ne t’inquiète pas tu y arriveras, il en va de la vie de ta fille et de la tienne, d'autant plus qu’Hilda mènera de grands combats…Tu connais l’amie de la mère Azani mama Sophie ?
Aziz : oui ma’a !
Ma’a : elle vit en ville depuis des années, son mari est dé*cé*dé il y’a quelques années. Elle a eu trois enfants qui ont des enfants déjà, ils vivent en Europe. Sophie vit seule depuis le dé*cès de son mari dans une grande maison, donc elle se sent parfois seule c’est pour cela qu’elle vient parfois se ressourcer ici au village. Je lui ai fait part de ta situation et elle compte t’héberger chez elle avec la petite en contrepartie tu l’aideras à entretenir sa maison, elle te rémunéra. Ta fille et toi ne manqueriez de rien n’est-ce pas Sophie ? Demanda-elle à la concernée.
Mama Sophie : bien sûr ma’a, toi-même tu connais l’affection que j’ai pour votre famille la mort d’Azani me chagrine énormément, j’ai vu sa mère qui était mon amie, une sœur s’en aller, connaissant le danger que ce bébé encoure dans ce village, je ne peux accepter qu’elle reste ici, c’est avec beaucoup de joie que je l’accueillerai avec son père, la maison sera plus vivante avec un enfant…Tu n’auras pas à faire grand-chose mon fils juste t'occuper du jardin, et faire quelques bricoles parfois si tu acceptes ma proposition, ne t’inquiète surtout pas tu seras rémunéré…
Aziz réfléchit et donna sa réponse.
Aziz : je suis d’accord ma’a, tu es la voix de la raison et j’accepte la proposition de mama Sophie, merci infiniment pour l’aide que vous me tendez ma fille et moi.
Iyo : sage décision, je viendrai vous rendre visite par moment.
Aziz : d’accord!
Mama Sophie : je t’en prie mon fils!
Ma’a : voilà qui est fait !
Aziz avait accepté la proposition qui lui avait été faite, il voyagera demain pour la grande ville avec mama Sophie et sa fille, le début d’une nouvelle vie.
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