Couverture du roman Souvenirs de l'aube

Souvenirs de l'aube

9.6 / 10.0
Dans Souvenirs de l'aube, un jeune homme explore les valeurs de l'internat montagnard d'autrefois. Ce récit young adult authentique offre une immersion sur le partage et la responsabilité. Découvrez cette fiction de qualité parmi les fiction books à lire pour se ressourcer.
Résumé de Souvenirs de l'aube
Plongez quarante ans en arrière, au cœur d'un internat de montagne où l'éducation reposait sur le partage, le respect et la responsabilité. À travers ce récit authentique, Pierre-Emmanuel Brun livre une immersion émouvante et drôle dans une époque révolue. Entre anecdotes vécues et apprentissage de la vie en société, l'auteur fige ses souvenirs pour lutter contre l'oubli. Un ouvrage essentiel pour quiconque souhaite redécouvrir les valeurs fondamentales de la transmission.
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Souvenirs de l'aube Chapitre 1

Je dédie ce récit à la mémoire de ceux qui ne sont plus là, et qui ont emporté avec eux le précieux témoignage de leur vécu au Val d’Arly. Inévitablement, à leur façon, ils ont laissé, eux aussi, une trace indélébile dans l’histoire, cette formidable expériencehumaine.

Préambule

En 1937, deux ans à peine avant le début de la Seconde Guerre mondiale, l’abbé Bernier pose ses bagages à Saint-Nicolas la Chapelle, un petit village de Savoie, surplombant, à 1000 mètres d’altitude, la bourgade de Flumet ; un écrin de verdure, cadre montagnard majestueux, face à la station de sport d’hiver de Notre Dame de Bellecombe, découpé par la vallée de l’Arly (affluent de l’Isère), à dix kilomètres de Megève et trente kilomètres de Chamonix ou Alberville.

C’est donc à cet endroit que l’abbé Bernier fonda une école, dans un chalet situé sur un chemin communal, en contrebas du centre du village de Saint-Nicolas la Chapelle, un lieu, sans murs ni clôtures, sur l’adret de la vallée, à côté de l’hôtel-restaurant Le Marteray, « Le Chalet des Alpes ». Équipe de salles de classe, il était destiné à accueillir des pensionnaires : les enfants des villes en mauvaise posture sociale. Son Institution durera vingt-six ans quand, en 1953, un dénommé Monsieur Didier reprendra l’établissement d’une soixantaine d’élèves et le rebaptisera « Le Val d’Arly».

Le 19 juin 1965, Monsieur Didier quittait ses fonctions de Directeur et occupa, deux ans plus tard, le même poste pour l’école privée de Chamousseau à Villedieu sur Indre, et remettait les clés de l’école à Bruno Desmarets, un de ses anciens élèves de 1953 à 1956, entre temps diplômé de Sciences Politiques de l’Université de Louvai, et de l’I.A.E. (Institut d’Administration des Entreprises) de Grenoble. Anita Desmarets, son épouse, titulaire d’une maîtrise d’espagnol, l’accompagna à la Direction de ce qui devint l’École Secondaire d’Altitude Privée (E.S.A.P.) – Le Vald’Arly.

Monsieur Desmarets travailla dur, avec l’aide de ses élèves, pour remettre l’école en état et agrandir l’internat. En effet, depuis 1937, l’école s’était pourvue de deux bâtiments supplémentaires : Le Marteray, reconverti, pour une partie, de l’internatet,enboutdechemincommunal,uneancienneferme bicentenaire, une ruine qu’il fallut complètement reprendre de fond en comble, à coup de pioche, de pelles et de dynamite, pour en faire le lieu de vie principal du collège, comprenant la plusgrossepartiedel’internat(douzechambres),unevastesalle à manger d’une centaine de places, les cuisines, l’économat, un foyerdedétenteetloisirs,l’appartementprivédelaDirectionet, sous les toits, une salle de gymnastique ainsi qu’une salle de télévision.Unerénovationquidura14ans,de1971à1985.

Pendant 25 ans, Monsieur Desmarets a insufflé au Val d’Arly une évolution très importante. Outre plusieurs espaces extérieurs dédiés au sport : un terrain de football (construit à la force des poignets et par la seule volonté féroce, des élèves), un terrain de basket et handball, un autre de volley-ball ainsi qu’un court de tennis. Un laboratoire audiovisuel pour l’apprentissage des langues étrangères est tout d’abord mis en place dans les années 70, et en 1982, un laboratoire d’informatique, destiné aux élèves, dans un premier temps,puis ouvert aux adultes de l’extérieur par la suite. Sa vocation avant-gardiste lui donnera l’appellation de « Centre d’informatique et de formation humaine Léonard de Vinci ». Ainsi je peux dire, sans crainte de me tromper, que sur beaucoup de points l’école était en avance sur son temps mais restait de plain-pied dans le monde contemporain, pour une raison majeure évoquée par Monsieur Desmarets : « connaître le progrès pour mieux le dominer»

Cette histoire vraie, dans ses détails comme son ressenti, est devenue un désir irrépressible de raconter, avec émotion et authenticité, cinq années de mon adolescence qui furent si cruciales que, plusieurs décennies après, je me dois de livrer les bienfaits d’une période si déterminante pour le reste de ma vie, et montrer ô combien le Val d’Arly ne peut être qu’inoubliable, tant il me futsalutaire.

Introduction

Avant de rentrer dans le vif du sujet, positionnons-nous un an avant mon arrivée au Vald’Arly.

Septembre 1977, alors que le couple de mes parents était au bord de l’implosion, il fut décidé, peut-être arbitrairement mais d’intention louable, que je sois éloigné du contexte de crise afin de me préserver. Ma sœur Stéphanie, d’un tempérament alors plus affirmé serait, disait-on, plus forte pour affronter un séisme conjugal imminent.

C’est donc en cette fin d’été que je quittais le Châtelet en Brie, village Seine et Marnais de mon enfance, direction le village haut savoyard de Servoz, dans la vallée de Chamonix.

Pour l’anecdote, le jour de mon départ, le grand podium de RTL qui s’arrêtait chaque matin dans une commune de France, devait faire escale au Châtelet en Brie pour la retransmission d’une émission de milieu de matinée, face à la Mairie, sur la place de l’église. Comme d’accoutumée, chacune de ces émissions débutait son direct par quelques mots du Maire de la commune. Ce matin-là, Monsieur le Maire – Richard Brun1–, mon père, était aux abonnésabsents, et pour cause : mes parents ma sœur et moi venions de prendre la route. C’est donc le premier adjoint – Guy Charpentier – qui prit la parole pour excuser l’absence de Monsieur le Maire «parti conduire son fils dans les Alpes ». Ironie de ma destinée : ce fut la première fois qu’on parlait de moi à laradio.

J’intégrais donc une institution privée de petit effectif appelée « Les Moinillons » fondée et tenue par des moines Bénédictins, originaires de l’Abbaye bourguignonne Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire. Pendant quelques mois, j’allais pouvoir terminer le cycle primaire de ma scolarité, avec vue sur le Mont-Blanc, vivant au rythme des promenades locales et des offices religieux.

Cette première année d’internat, bien que ponctuée de souvenirs morcelés, fut bénéfique et permit de me prouver à moi-même ma capacité d’autonomie en dehors du giron familial ; ce fut aussi la seule année passée aux Moinillons : la classe de 7e(renommée CM2 de nos jours) était, en effet, la dernière dispensée parl’établissement.

Au printemps 1978, le Père Maurice qui dirigeait alors l’établissement conseilla, pour la suite de mon parcours en secondaire, une autre école de la région : le Vald’Arly.

Dès les vacances de Pâques 1978, ma mère établissait le premier contact en écrivant à Bruno Desmarets et débutait son courrier par « Mon Père », ce à quoi l’intéressé répondit que le Val d’Arly était un établissement laïc et que, lui-même, n’était pas un homme d’Église. Se joignaient à cette réponse les documents concernant mon inscription dont l’un d’entre eux esquissait déjà l’état d’esprit d’une telle structure:

« L’école ne reçoit aucune subvention d’aucun organisme, et ne peut vivre et se développer que grâce aux pensions qu’elleperçoit.

Elle se doit de procurer à son personnel un niveau de vie décent en regard des sacrifices qu’il consent. Sa survie dans un milieu de libre entreprise l’oblige à soigner la qualité de ses prestations, et la valeur de ses résultats. Le maintien d’une école privée, actuellement, nécessite, de la part de tous, un effort et une étroite solidarité. Nous considérons chaque parent comme un actionnaire de l’entreprise que nous dirigeons…»

À ces propos suivaient les éléments financiers qui devaient mettre à réciprocité l’engagement des parents face à celui des enseignants. Des montants assez onéreux pour l’époque, mais qui étaient justifiés par la qualité de l’environnement présenté sur la plaquette illustrée qui accompagnait le courrier formel. Celle-ci précisait : « Le Val d’Arly reçoit des enfants qui éprouvent des difficultés dans leur milieu scolaire habituel, ou qui ont besoin de l’internat pour accroître leur maturité ou leur autonomie ; pour l’année scolaire : l’enfant est UN, il est en classe comme il est dans lavie.

Dès lors, tout ce qui permet son développement concourt à sa réussite scolaire. Aussi, nous nous efforçons d’agir sur plusieurs plans : intellectuel, physique et sur la personnalité » Sur ce dernier point, l’accent était mis sur les responsabilités confiées au sein de l’internat, l’affermissement du caractère de chacun par une discipline basée sur le « self control».

La plaquette, la présentation générale se terminait par la devise de l’école : « Être libre c’est être responsable».

Ces mots eurent une résonance toute particulière pour ma mère qui, même si la projection d’une nouvelle séparation la rongeait, sentait que cette opportunité ne me serait que bénéfique. Et, bien que le contexte familial, devrais-je dire conjugal, allait de mal en pis, les mois qui suivirent s’inscrivaient dans l’élan positif qu’allait représenter mon entrée au Val d’Arly, pour la rentrée scolairesuivante.

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Table des matières de Souvenirs de l'aube

Ch. 1 Ch. 2 Ch. 3
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Ch. 5
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Ch. 9
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