
Sous les Étoiles d'Or
Chapitre 2
Élodie sourit malgré elle. « Je serai là pour m'assurer que tout se déroule sans accroc. Le travail passe avant tout. »
« C'est une qualité rare, » murmura-t-il, plus pour lui-même que pour elle, avant de la regarder à nouveau dans les yeux. « Mais j'espère que vous trouverez un moment pour profiter un peu de votre propre travail. »
Élodie, bien que flattée, savait qu'elle devait garder ses distances. « Je vous remercie, Alexandre, mais je préfère rester concentrée sur mes responsabilités. »
« Je comprends, » répondit-il avec un léger hochement de tête. « Mais n'oubliez pas que même les plus grands maîtres d'œuvre méritent de profiter du fruit de leur labeur. »
Il la salua ensuite avec un léger signe de tête avant de s'éloigner, disparaissant dans la foule de plus en plus dense. Élodie le suivit du regard un instant, son esprit tourbillonnant encore de cette rencontre imprévue. Elle sentit son cœur battre un peu plus vite, et elle ne put s'empêcher de se demander ce que cette soirée lui réservait encore.
Peu de temps après, la salle était pleine à craquer, chaque coin résonnant des voix et des rires des invités qui savouraient la somptueuse réception. Élodie continua à surveiller l'événement, se frayant un chemin parmi les convives pour s'assurer que tout se passait comme prévu. Mais une petite partie de son esprit restait fixée sur cet homme mystérieux, sur son sourire énigmatique et sur l'étrange attraction qu'elle ressentait malgré elle.
La soirée avançait, et bien que chaque détail soit maîtrisé, Élodie ne pouvait secouer ce sentiment persistant que cette rencontre avec Alexandre Verne n'était que le début de quelque chose de bien plus grand. Elle sentait que ce chapitre de sa vie ne faisait que commencer, et que, qu'elle le veuille ou non, Alexandre en ferait partie.
Et alors que la nuit s'approfondissait, elle se demanda si elle était prête pour ce qui allait suivre.
La soirée battait son plein dans la grande salle de bal, où des dizaines d'invités se pressaient pour goûter aux délices culinaires, danser sous les lustres scintillants, et surtout, se montrer. L'air était chargé d'un mélange enivrant de parfums raffinés, de rires cristallins et de musique classique jouée en live par un quatuor à cordes. Élodie Lambert, quant à elle, se tenait près de la table des desserts, observant les invités avec une attention quasi clinique, vérifiant que chaque détail était à sa place.
Depuis sa rencontre avec Alexandre Verne, quelques heures plus tôt, elle n'avait cessé de penser à lui. C'était une réaction à laquelle elle ne s'attendait pas, elle qui avait toujours su séparer vie professionnelle et émotions personnelles. Elle s'efforçait de rester concentrée, mais chaque fois qu'elle levait les yeux, il semblait être dans son champ de vision, discutant avec un groupe d'hommes d'affaires, échangeant des sourires avec des femmes élégamment habillées, ou simplement se tenant là, un verre à la main, comme s'il appartenait naturellement à ce décor luxueux.
Alors qu'elle vérifiait une dernière fois les arrangements floraux, elle sentit à nouveau sa présence avant même de le voir. Alexandre se dirigeait vers elle, traversant la salle d'un pas assuré. Son costume sombre, impeccable, accentuait sa stature imposante. Lorsqu'il arriva à sa hauteur, Élodie prit une grande inspiration, s'efforçant de garder son calme.
« Bonsoir encore, Mademoiselle Lambert, » dit-il en s'arrêtant à quelques pas d'elle, son sourire laissant entrevoir une certaine malice. « Vous semblez très occupée. »
« Bonsoir, Alexandre, » répondit Élodie, essayant de paraître détendue. « Je m'assure simplement que tout se passe bien. C'est mon travail, après tout. »
« Je comprends, » répondit-il en inclinant légèrement la tête. « Mais est-ce que cela inclut aussi de rester debout toute la soirée, à surveiller chaque détail ? Vous avez fait un travail remarquable. Vous devriez prendre un moment pour vous détendre et profiter de votre succès. »
Élodie esquissa un sourire, bien que la proposition l'ait légèrement déstabilisée. « Je vous remercie, mais je préfère m'assurer que tout est parfait jusqu'à la fin. C'est ce que mes clients attendent de moi. »
Alexandre la regarda intensément pendant un moment, comme s'il cherchait à lire au-delà de ses mots. Puis, il lui tendit un verre de champagne qu'il avait pris sur le plateau d'un serveur en passant.
« Alors, peut-être qu'un verre pour accompagner votre vigilance ? » proposa-t-il avec un sourire charmeur.
Élodie hésita une seconde avant de prendre le verre. « Merci, » dit-elle en prenant une gorgée, le regard toujours fixé sur lui. Le champagne pétillait sur sa langue, mais elle ne pouvait se concentrer que sur la présence d'Alexandre à ses côtés.
« Vous savez, » commença-t-il en se tournant légèrement pour faire face à la salle, « il est rare de rencontrer quelqu'un avec un tel souci du détail. J'ai été dans beaucoup d'événements, mais ce soir, tout est... impeccable. Ça reflète beaucoup sur vous. »
« Merci, c'est gentil, » répondit Élodie en essayant de rester professionnelle malgré le compliment. « Je m'efforce de donner le meilleur de moi-même à chaque projet. »
« Et ça se voit, » dit-il en hochant la tête, son regard se posant brièvement sur la salle avant de revenir sur elle. « Mais dites-moi, qu'est-ce qui vous pousse à vous donner autant ? Est-ce la passion pour l'événementiel ou simplement l'envie de bien faire ? »
Élodie se mordit légèrement la lèvre, un peu surprise par la question. Elle réfléchit un instant avant de répondre. « Je dirais que c'est un mélange des deux. J'aime voir les gens heureux, voir que tout se déroule sans accroc. Mais il y a aussi une part de moi qui aime relever des défis. Chaque événement est unique, et c'est toujours une nouvelle opportunité de me surpasser. »
Alexandre hocha la tête, semblant apprécier sa réponse. « Une perfectionniste, donc. C'est une qualité rare, mais dangereuse si on n'y prend pas garde. »
Élodie haussa un sourcil, intriguée. « Dangereuse, comment ça ? »
« Le perfectionnisme peut devenir une obsession, un besoin de contrôler chaque aspect de la vie, même ceux que l'on ne peut pas maîtriser. Cela peut être épuisant, voire destructeur, » répondit-il, son ton devenant plus sérieux. « Mais c'est aussi ce qui pousse certaines personnes à atteindre des sommets que d'autres ne peuvent qu'imaginer. »
Elle le regarda, surprise par la profondeur de ses propos. « Vous parlez d'expérience, je suppose ? »
« Disons que j'ai appris, à mes dépens, à faire la part des choses, » répondit-il avec un sourire énigmatique. « Mais assez parlé de moi. J'aimerais en savoir plus sur vous, Élodie. Que faites-vous quand vous n'organisez pas des soirées pour l'élite parisienne ? »
Élodie, bien que flattée par son intérêt, était toujours sur ses gardes. « Je suppose que je fais ce que font la plupart des gens. Je passe du temps avec mes amis, je lis, je vais au cinéma... Rien d'extraordinaire. »
« Rien d'extraordinaire, vraiment ? » demanda-t-il, comme s'il doutait de ses paroles. « Je suis sûr que vous avez des passions cachées, des rêves que vous n'avez pas encore réalisés. »
Elle éclata d'un petit rire nerveux. « Vous allez finir par me faire un interrogatoire, Alexandre. »
« Pas du tout, » rétorqua-t-il avec un sourire amusé. « Je suis simplement curieux. Les gens fascinants ont souvent des histoires intéressantes. »
« Je ne suis pas sûre d'avoir une histoire aussi intéressante que vous l'imaginez, » répondit-elle en secouant la tête. « Je suis simplement une jeune femme qui fait de son mieux pour réussir dans ce qu'elle fait. »
« Et c'est précisément ce qui est fascinant, » insista-t-il. « La détermination, l'ambition... Ce sont des qualités que j'apprécie. »
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