
Séduite par un Alpha Playboy
Chapitre 2
Assise dans la cuisine à la lueur pâle de l'aube, l'héroïne sentait la tension envahir la pièce. Sa mère et son père étaient assis de part et d'autre de la table, épuisés, leurs visages marqués par la nuit d'angoisse qu'ils venaient de passer. Depuis l'annonce de leur déchéance au rang d'Omégas, un silence pesant régnait sur leur famille, écrasant chaque espace d'une résignation amère.
« Pourquoi ? » murmura sa mère d'une voix éraillée, les yeux rivés sur la table comme si elle cherchait des réponses dans les nervures du bois usé. « Pourquoi nous infliger ça, alors que nous avons toujours été loyaux ? »
L'héroïne baissa la tête, la mâchoire serrée. Elle savait que personne ici n'avait de réponse à cette question. Mais la rage grondait en elle, une colère sourde et brûlante qu'elle peinait à contenir. Son père semblait brisé, presque résigné à leur sort. « Peut-être que... c'est ainsi », dit-il d'une voix basse. « Les Omégas ont aussi leur rôle. Peut-être est-ce notre destin de... »
« Non ! » s'exclama-t-elle, coupant net la phrase de son père. Elle se redressa brusquement, ses poings serrés. « Ce n'est pas notre destin ! Ce n'est pas juste ! On n'a rien fait pour mériter ça ! »
Son père leva des yeux tristes vers elle, posant une main apaisante sur son bras. « Parfois, il vaut mieux accepter et apprendre à vivre avec. Résister à un homme comme Jaxon... c'est courir à sa perte. Tu as vu de quoi il est capable, n'est-ce pas ? »
Elle hocha la tête, se souvenant du regard froid et impitoyable de l'Alpha. Elle l'avait affronté, l'avait défié en silence, et elle n'avait rien gagné si ce n'était une brûlure amère au fond de son cœur. Mais renoncer ? Accepter cette humiliation sans rien dire ? Non, elle ne pouvait pas le concevoir.
« Alors quoi ? » Elle haussa le ton, sentant sa frustration éclater. « On va baisser la tête, le laisser nous piétiner comme des insectes ? On a été ses guerriers, Papa ! On a risqué nos vies pour la meute, pour notre Alpha ! Et lui, il nous traîne dans la boue sans même un regard ! »
Sa mère posa une main douce sur celle de son père, cherchant son soutien en silence. Les larmes aux yeux, elle murmura : « Tu ne sais pas à quoi cet homme est capable. S'il découvre que tu penses à te rebeller... »
L'héroïne secoua la tête. « Ce n'est pas de la rébellion. Mais... je ne peux pas le laisser gagner si facilement. » Un plan commençait à germer dans son esprit, aussi sombre que l'ombre qui planait sur eux. Elle pensa à l'arrogance de Jaxon, à la façon dont il semblait dominer chaque pièce dans laquelle il entrait, à ce regard sûr de lui qui l'avait scrutée comme si elle n'était rien de plus qu'un simple pion. Elle savait qu'il se croyait invincible, au-dessus des lois et des émotions des autres.
Et elle, si elle exploitait cette arrogance ? S'il se croyait tellement supérieur... alors pourquoi ne pas le laisser baisser sa garde ? Se laisser séduire ? Elle connaissait sa beauté, savait que d'autres hommes s'étaient laissés envoûter par son regard, par son allure... Peut-être, juste peut-être, pourrait-elle l'utiliser contre lui.
Son cœur battait plus fort rien qu'à l'idée, et elle se pencha vers sa mère, chuchotant comme si ce simple acte rendait son plan plus concret. « Et si... et si je le séduisais ? »
Le regard de sa mère passa de la surprise à l'incrédulité, et finalement à l'inquiétude. « Ne parle pas de ça, tu ne sais pas à quel jeu tu joues. Cet homme n'est pas comme les autres. Si tu crois pouvoir manipuler Jaxon... »
« Peut-être que je peux. Peut-être que c'est notre seule chance », répondit-elle avec défi. Elle sentait en elle une étrange conviction, une certitude qui la poussait à aller de l'avant. Elle ne le laisserait pas écraser leur famille sans réagir. Si séduire Jaxon pouvait l'amener à se relâcher, à baisser sa garde, alors elle le ferait, même si cela impliquait de se perdre un peu dans le processus.
Le lendemain, elle se rendit dans la grande salle commune, là où Jaxon tenait ses réunions, là où il dictait ses ordres avec ce même ton impérieux et autoritaire. Elle se glissa parmi les autres membres de la meute, gardant un visage neutre mais scrutant chaque détail, chaque mouvement de l'Alpha. Il parlait d'une voix forte et assurée, et elle ne pouvait s'empêcher de noter la manière dont les autres se courbaient presque instinctivement, intimidés par sa simple présence.
Mais elle ? Non. Elle refusait de se soumettre. Elle se tenait droite, refusant de détourner le regard quand il passa près d'elle. Et ce fut à cet instant que leurs yeux se croisèrent.
Jaxon s'arrêta un instant, le regard légèrement froncé. Elle sentit un frisson la parcourir, mais elle ne cilla pas. Elle ne reculerait pas. C'était là sa première étape. Le premier contact, le premier signe qu'elle n'était pas comme les autres. Elle le dévisagea sans rien dire, ses lèvres légèrement arquées en un sourire indéchiffrable, une insolence à peine voilée.
Il l'observa quelques secondes de plus, son regard d'acier s'attardant sur elle. Elle soutint ce regard, sentant une tension électrique s'installer entre eux. Enfin, il haussa un sourcil, visiblement amusé. « Tu sembles avoir quelque chose à dire, » lâcha-t-il, un léger sourire en coin.
Elle haussa les épaules, un air faussement détaché. « Peut-être que tout le monde ici n'est pas aussi impressionné par votre... autorité. »
Un silence surpris tomba dans la pièce. Les autres membres de la meute la regardaient avec stupeur, incapables de croire qu'elle osait répondre de cette manière. Mais elle restait immobile, droite, le regard fixé sur lui, comme un défi muet.
Un éclat de rire éclata dans la gorge de Jaxon. « Vraiment ? » dit-il en s'approchant lentement, réduisant la distance entre eux. « Et que penses-tu de moi, alors ? Dis-moi, petite Oméga. »
Sa voix était douce, presque caressante, mais elle sentait la menace sous-jacente. Elle déglutit, mais ne détourna pas les yeux. « Je pense que vous êtes un homme qui aime l'idée de faire peur. Mais la peur n'est pas le respect. »
Jaxon s'arrêta à quelques centimètres d'elle, son regard brillant d'une étincelle dangereuse. « La peur est le respect, petite. Tu apprendras bientôt la différence. »
Elle ne répondit rien, se contentant de le regarder avec un sourire en coin. Elle savait qu'elle le provoquait, qu'elle jouait avec le feu, mais elle sentait aussi qu'elle touchait quelque chose en lui, une corde sensible, une faille qu'elle pourrait exploiter.
Finalement, il recula, la scrutant d'un air pensif. « Je te surveillerai, » dit-il d'une voix qui n'admettait aucun doute. Puis, sans un mot de plus, il se détourna, laissant derrière lui une atmosphère chargée, un sentiment d'inachevé.
Elle se tenait là, le cœur battant à tout rompre. Ce premier échange avait laissé une empreinte en elle, une promesse silencieuse de quelque chose de plus, de quelque chose de dangereux et d'irrémédiable.
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