
Sa trahison, mes vœux de mariage précipités.
Chapitre 3
Les allées et venues incessantes de Damien s'arrêtèrent. Il se tourna vers moi, une lueur indéchiffrable dans les yeux. De la surprise ? Je m'attendais à ce qu'il soit satisfait, à ce qu'il voie mon accord rapide comme l'obéissance qu'il avait cultivée pendant sept ans. Mais sa mâchoire était crispée, ses lèvres pressées en une ligne fine.
« Tu pourrais dire non », dit-il, sa voix étrangement tendue.
Pendant un instant fou, insensé, j'ai failli le faire. Le mot était sur le bout de ma langue, une rébellion née d'un cœur brisé. Mais que se passerait-il alors ? Il trouverait un autre moyen. Il trouverait une autre fille. Et moi... je serais rejetée, renvoyée dans les ténèbres d'où il m'avait tirée, mais cette fois sans espoir et avec une cible dans le dos. J'étais sa possession. Une possession qui avait survécu à son utilité première.
Il fit un pas vers moi, sa main se tendant comme pour toucher mon visage. C'était un geste familier, un geste qui faisait autrefois battre mon cœur.
Cette fois, j'ai reculé d'un pas.
Sa main se figea en l'air.
« Je suis votre assistante de direction, Monsieur Beaumont », dis-je, ma voix plate et professionnelle, un ton que je réservais habituellement à ses affaires. « Vous donnez un ordre, je l'exécute. C'est l'arrangement. »
Ses yeux se plissèrent, m'étudiant comme s'il me voyait pour la première fois. Le silence s'étira, lourd de mots non dits. Je pouvais sentir son regard sur moi, analytique et froid, effaçant les années d'histoire partagée, de lits partagés, ne laissant que la nature brute et transactionnelle de notre relation.
Finalement, il laissa échapper une lente respiration. « Très bien. »
Il s'approcha de moi, ses mouvements de nouveau fluides et confiants. Il se plaça derrière moi, ses mains se posant sur mes épaules. Je sentis la chaleur de ses paumes à travers la fine soie de ma robe, un fantôme d'une intimité désormais morte.
Je tressaillis, mes muscles se tendant involontairement. Sa prise se resserra une seconde, un ordre silencieux de rester immobile.
« C'est juste un rôle, Alexa », murmura-t-il, sa voix maintenant douce et persuasive, la voix qu'il utilisait pour conclure des marchés et plier les gens à sa volonté. « Pense à ça comme du cinéma. Éric n'est qu'une cible. Ça ne change rien entre nous. »
Un rire amer menaça de monter à ma gorge. Ça ne change rien ? Ça avait tout changé.
« Une fois que ce sera fait », continua-t-il, ses doigts traçant la ligne de ma clavicule, « tu pourras avoir tout ce que tu veux. Cette villa à Santorin que tu aimais ? Elle est à toi. La nouvelle collection de Van Cleef ? Je te l'achèterai en entier. »
Je levai la tête, croisant son regard dans le reflet de la fenêtre sombre. « Merci, Monsieur Beaumont », dis-je, ma voix vide. « J'accomplirai mes devoirs au mieux de mes capacités. »
La chaleur de son corps derrière moi, un réconfort que j'avais cherché pendant des années, me semblait maintenant une cage. L'odeur familière de son eau de Cologne, bois de santal et quelque chose d'unique à lui, était suffocante.
Je me suis dégagée et j'ai marché vers la porte, ayant besoin d'échapper à l'intimité écœurante de la pièce.
« Alexa. »
Sa voix m'arrêta sur le seuil. C'était la façon dont il disait mon nom, le même ton bas et intime qu'il utilisait dans le noir, juste avant de me serrer contre lui.
Je me suis retournée. Il se tenait près du lit, une silhouette sombre contre le paysage urbain scintillant. Les ombres cachaient son expression, mais je pouvais sentir son regard, intense et lourd.
« J'espère... quand tout ça sera fini », dit-il lentement, « que tu trouveras quelqu'un qui te rendra heureuse. » Sa voix était douce, presque tendre. « On pourra se séparer en bons termes. Une rupture nette. »
Une rupture nette. Après sept ans à lui appartenir, à avoir ma vie si complètement liée à la sienne que je ne savais plus où il finissait et où je commençais.
J'ai pensé au jour où il m'avait trouvée, une chose brisée dans une cave sale. Il avait été mon sauveur, mon dieu. Dès le début, je savais que nous venions de mondes différents. Il était le soleil, et j'étais une ombre, chanceuse de pouvoir exister dans sa lumière. Chaque jour que j'avais passé avec lui, chaque contact, chaque repas partagé, m'avait semblé un cadeau volé. Quelque chose que je ne méritais pas mais que j'étais assez avide pour prendre.
J'avais toujours su que ce jour pourrait arriver. Je n'avais juste jamais pensé que ça ferait aussi mal.
J'ai forcé mes lèvres à former un sourire, une chose fragile et craquelée. « Bien sûr, Damien. Merci. »
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