
Reprends Mon Cœur, Tu n'as Plus à Rester
Chapitre 5
Il y a une semaine, la mère de Claire était décédée.
Elle était atteinte d’un cancer du cerveau en phase terminale. Malgré son admission dans le meilleur hôpital du pays, grâce aux arrangements de François, son état n’avait cessé d’empirer.
Ses moments de lucidité étaient de plus en plus rares, tandis que ses périodes de confusion s'allongeaient. La plupart du temps, elle ne reconnaissait même plus Claire.
Le médecin traitant avait insisté sur l'urgence d'une opération, sans laquelle la mère de Claire ne tiendrait probablement pas une semaine.
Ne sachant que faire, Claire avait tenté de joindre François pour solliciter son avis.
Après avoir raccrochés trois appels, il avait finalement décroché à la quatrième tentative, mais uniquement pour la réprimander : « Pourquoi m'appelles-tu pour rien ? Je suis occupé, arrête de me déranger ! »
Le médecin, sachant que Claire était la jeune épouse de Monsieur Martin, avait suggéré que François intervienne pour faire venir des spécialistes étrangers. Une consultation médicale conjointe avec les experts locaux augmenterait les chances de réussite de l'opération.
Claire avait remercié le médecin, puis s'était assise dans le couloir de l'hôpital, comptant chaque minute jusqu'à six heures du soir.
C'était l'heure habituelle à laquelle François quittait le bureau.
Rassemblant son courage, elle l'avait rappelé.
Sans réponse, elle s'était dit qu'il devait faire des heures supplémentaires. Ce n'était pas grave, elle pouvait encore attendre.
Cette fois, elle avait attendu plus longtemps, jusqu'à minuit. Mais en vain : ses appels restaient sans réponse.
Il lui avait fallu un moment pour comprendre que François l'avait bloquée.
Durant toute la semaine qui suivit, il ne remettait plus les pieds à la maison. Injoignable par téléphone, silencieux face à ses messages, il les avait ainsi privés du moment idéal pour l’opération de sa mère...
François était-il vraiment si occupé ?
Comment avait-il trouvé le temps, pendant une semaine d’absence totale, de choisir des cadeaux pour Sophie et de commander son gâteau d'anniversaire ?
Ne voulant pas pousser plus loin ces réflexions, Claire fermait les yeux. D'une main tremblante, elle saisissait les papiers du divorce et quittait le bureau.
À midi, Madame Rose avait préparé un festin, mais Julie, venue exprès pour le repas, avait commencé à chercher querelle avant même de s'asseoir.
« Claire, c’est toujours toi qui cuisinais, alors pourquoi pas aujourd'hui ? » provoquait Julie. « C’est à cause de Sophie ? Et tu te sens trop supérieure pour lui faire à manger ? »
À ces mots, le visage de François s'était assombri, ses yeux glacials rivés sur Claire, attendant sa réponse.
Quelle ironie ! En tant que son épouse, elle n'avait même pas le droit de refuser de cuisiner pour son Amour Idéal...
« Les plats que je sais préparer sont plutôt épicés », répondit Claire, les yeux baissés. « Mademoiselle Laurent préfère une cuisine plus douce, j'ai craint que cela ne lui convienne pas. »
« Tu ne peux pas simplement moins épicer ? » insistait Julie, mécontente.
« Julie, ne sois pas comme ça, Claire est ta belle-sœur, tu dois la respecter », intervenait Sophie pour apaiser la situation. « Et je trouve que la cuisine de Madame Rose est très bonne... »
Au milieu de sa phrase, Sophie fronçait soudain les sourcils. Aussitôt, elle se pliait en deux, une expression douloureuse sur le visage.
« Sophie, que se passe-t-il ? » François s'était précipité pour la porter, alarmé.
« François, j'ai tellement mal au ventre », a gémit Sophie, pâle comme un linge immaculé, s'effondrant dans ses bras avec une fragilité frappante.
François fronçait les sourcils : « Comment se fait-il que tu aies mal au ventre si soudainement ? »
Julie avait alors l'air d'avoir eu une révélation : « Ah ! Je comprends maintenant ! Voilà pourquoi tu ne voulais pas cuisiner, tu as empoisonné Sophie ! Tu craignais d’être accusée, alors c'est pour ça que tu as évité la cuisine toute la journée ! »
Vous aimerez aussi





