
Reprends Mon Cœur, Tu n'as Plus à Rester
Chapitre 3
Le collier était magnifique, un diamant rouge rarissime encastré dans un cœur en platine, symbole d’un amour unique.
Malheureusement, cet amour unique n'était pas pour elle.
« Non merci », Claire a secoué la tête en guise de refus, affichant tout de même son sourire : « C'est un cadeau que François t'a offert, je ne peux pas prendre ce qui t'appartient, à toi. »
Ce qui n'était pas à elle, elle n'en voulait pas. Le collier, elle n'en voulait pas, et l'homme qui l'avait offert... elle n'en voulait pas non plus !
« Pourquoi tu es si sarcastique ? » François s'est soudainement mis en colère : « J'étais juste trop occupé par le travail et j'ai oublié ton anniversaire, ce n'est pas la fin du monde ! Tu exagères ! »
Claire ne comprenait pas ce qu'elle avait fait de mal. Elle n'avait ni pleuré ni fait de scène, elle avait été aimable et polie tout le temps… pourquoi n'était-il toujours pas satisfait ?
« Je n’étais pas sarcastique », les paupières baissées, Claire cachait sa fatigue : « François, que veux-tu que je fasse alors ? Que j'accepte le collier ? Si c'est ce que tu veux, je vais le prendre. »
En disant cela, elle a vraiment pris le collier et a cordialement remercié Sophie : « Mademoiselle Laurent, merci pour votre cadeau. »
En tant que doublure, Claire pensait qu'elle avait été assez docile, assez coopérative et avait suffisamment préservé la face de François.
Mais pour une raison inconnue, après son acceptation de collier, François est devenu encore plus furieux : « Claire, tu es complètement incompréhensible ! »
Après avoir lancé ces mots, il est parti en claquant la porte.
Qu’elle accepte ou refuse le collier, il se mettait toujours en colère.
Claire a alors compris que cela n'avait rien à voir avec le collier, quoi qu'elle fasse, il ne serait jamais satisfait.
Les bien-aimés peuvent tout se permettre, tandis que les mal-aimés auront toujours tort, quoi qu'ils fassent.
Le gâteau d'anniversaire offert par sa tante Bernadette était énorme, toutefois, personne n'était là pour partager avec Claire. Ne voulant pas gâcher l’affection de sa tante, elle a terminé, à elle seule, le gâteau à quatre étages, en entier.
À la fin, elle avait tellement mal au ventre qu'elle a passé un long moment à vomir dans la salle de bain.
Quelle ironie, pensait-elle, assise par terre dans la salle de bain, pleurant et riant silencieusement : petite, sans le sou, elle n'avait jamais eu de gâteau d'anniversaire, au lieu de quoi, elle les désirait à travers la vitrine de la pâtisserie. Maintenant qu'elle avait plus de gâteau qu'elle ne pouvait en manger, elle en était malade...
Certaines choses, quand on ne peut pas les avoir immédiatement, n'ont plus de sens lors d’une possession trop tardive. Les désirs inassouvis finissaient par périmer.
Le soir, Claire a fait ses bagages et a déménagé de la chambre principale.
Maintenant que l'Amour Idéal était de retour, elle, la remplaçante, devait savoir se retirer. Elle ne pouvait plus partager la chambre avec François, craignant de contrarier l'Amour Idéal.
Pendant qu'elle déménageait ses affaires, Sophie, portant une nuisette sexy qui ne cachait presque rien, révélant ses épaules sensuelles et ses longues jambes, est sortie de la chambre d'à côté.
« Claire, ne te méprends pas, si François ne te rejoignait pas dans votre chambre, c’est parce qu'il est encore en colère », a dit Sophie d'une voix douce : « Ne t'inquiète pas, nous n'avons rien fait, nous jouions juste aux cartes. »
Claire a souri : « Tu n'as pas besoin de vous justifier. »
Quoiqu’ils fassent, cela n'avait plus d'importance. L’accord de divorce étant prêt, demain, elle trouverait une occasion pour que François le signe, lui aussi.
« Claire, tu te trompes vraiment », Sophie s'est mordu la lèvre, l'air peiné : « François et moi... »
Sans laisser à Sophie le temps d’inventer des excuses, Claire l'a interrompue en souriant : « Je sais, François et toi, vous êtes des amis d'enfance très proches ; maintenant, après tant d'années, tu es enfin rentrée au pays, vous avez sûrement beaucoup de choses à vous dire. »
« Alors profitez bien de vos retrouvailles, je ne vous dérangerai pas. »
Sur ces mots, Claire est partie. Sophie, d'un air pensif, la regardait s'éloigner jusqu’à ce que sa silhouette s’effaçait complètement.
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