
Pourquoi souffrir d'amour toute la vie
Chapitre 4
Elle tenait le trophée dans ses bras, sans montrer la moindre joie pour sa victoire, et sans intention de le remettre à Claire. Au contraire, elle se mordillait les lèvres d'un air pitoyable avant de dire :
« Claire, le directeur m'a demandé de te remettre ce trophée. C'est une récompense très prestigieuse, tu es vraiment impressionnante. »
« J'aimerais te demander quelque chose, même si c'est un peu culotté... Je n'ai jamais reçu ce prix, est-ce que je pourrais t'emprunter ce trophée pour quelques jours ? »
L'emprunter pour quelques jours ?
C'était la première fois que Claire entendait une demande aussi absurde.
Elle a froncé les sourcils et a répondu avec un sourire forcé : « Puisque tu admets toi-même que c'est culotté, alors ne fais pas ce genre de demande. Si tu l'aimes tant, participe toi-même au concours. »
Sur ces mots, elle a tendu la main pour récupérer le trophée que Magali tenait contre elle.
Face à l'attitude froide de Claire, Magali est devenue livide, prenant l'air d'une victime maltraitée. « Claire, pourquoi tu parles comme ça ? Je ne veux pas te le voler, juste le garder chez moi pour me motiver, c'est si grave ? »
Voyant Claire tendre la main, Magali a serré le trophée encore plus fort, refusant de le lâcher.
Dans leur lutte, le trophée en cristal est tombé par terre avec un bruit sourd, se brisant instantanément en mille morceaux.
Paul et Yann arrivaient justement à ce moment-là. Voyant la scène, ils se sont précipités vers Magali pour la protéger.
« Magali ! »
Les deux hommes l'entouraient, inquiets, vérifiant minutieusement si elle était blessée.
Paul a légèrement soulevé l'ourlet de la robe de Magali et a vu que sa jambe saignait à cause d'une coupure de verre. Ses yeux se sont assombris de douleur.
« Je t'emmène à l'hôpital ! »
Sans tenir compte des protestations de Magali, il l'a soulevée dans ses bras et est parti.
Regardant les débris de verre éparpillés sur le sol, Yann, le visage sombre, a interpellé Claire : « Claire, tu as déjà tout ce que tu veux, pourquoi tu t'acharnes encore à arracher des choses à Magali ? »
Arracher ?
En entendant ce mot, Claire a presque ri de colère.
« C'était MON trophée, le fruit de TROIS MOIS d'efforts, MA récompense, et c'est elle qui le tenait en faisant sa victime, et tu dis que c'est moi qui lui arrache quelque chose ! »
Elle tremblait de rage, pointant les débris par terre, sa voix glaciale comme le givre.
« Maintenant, elle a cassé mon trophée, et j'exige des excuses de sa part. »
Elle pensait que ces quelques mots suffiraient à clarifier qui avait tort et qui avait raison. Mais contre toute attente, Yann est devenu encore plus furieux, haussant considérablement le ton : « Je croyais qu'il s'agissait de quelque chose d'important, mais ce n'est qu'un simple trophée. Tu peux en avoir autant que tu veux, comment ça pourrait valoir plus que Magali ? Tu l'as blessée, et je pense que ce n'est pas à elle de s'excuser, mais à toi ! »
Sur ces mots, Yann n'a même pas pris la peine de voir la réaction de Claire et s'est précipité pour rejoindre Magali.
Face aux débris éparpillés, Claire est restée figée un long moment, les paroles de Yann résonnant dans sa tête.
Il lui demandait vraiment de s'excuser auprès de Magali ? Demander à la victime de s'excuser auprès de celle qui lui avait fait du tort. Bravo Yann, tu as fait fort !
Son cœur lui faisait mal, et c'est seulement à ce moment-là qu'elle a ressenti une douleur lancinante à la jambe.
Elle a découvert que sa jambe était également entaillée, une longue blessure où la chair et le sang se mêlaient, bien plus grave que celle de Magali...
Claire a serré les dents, supportant la douleur, a nettoyé les débris par terre avant de rentrer chez elle pour soigner sa blessure.
Le soir, Claire a reçu un message de sa mère qui lui avait envoyé une quinzaine de modèles de robes de mariée, lui demandant de choisir celle qu'elle préférait.
Claire les a toutes regardées avant d'appeler sa mère.
Après quelques échanges, sa mère a perçu la fatigue dans la voix de Claire et lui a demandé ce qui s'était passé.
En repensant à l'humiliation subie aujourd'hui, les yeux de Claire se sont emplis de larmes, mais elle n'a rien dit, changeant plutôt de sujet : « Maman, je pense pouvoir régler mes affaires ici dans une semaine environ. Comment avancent les préparatifs du mariage ? »
À ce moment-là, Paul et Yann rentraient justement à la maison.
Entendant les derniers mots de Claire, ils ont demandé en même temps : « Mariage ? Quel mariage ? »
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