
Plus Jamais Toi, Antoine
Chapitre 3
Le lendemain, alors que je préparais le café, la sonnette a retenti.
J'ai ouvert la porte et je suis tombée nez à nez avec Chloé.
Elle se tenait sur notre paillasson, l'air contrit, serrant contre elle une pile de dossiers. Elle portait une des chemises de travail d'Antoine, beaucoup trop grande pour elle, qui lui tombait sur les cuisses et laissait voir ses longues jambes nues. Une provocation à peine déguisée.
« Léa, bonjour. Je venais juste déposer ces dossiers pour Antoine, il en a besoin pour la réunion de ce matin. »
Son regard a balayé l'appartement, s'attardant sur les photos de nous deux sur la console de l'entrée.
Antoine est sorti de la salle de bains, une serviette autour de la taille. En la voyant, il a froncé les sourcils.
« Chloé ? Qu'est-ce que tu fais là ? »
Elle a baissé les yeux, jouant la jeune employée zélée.
« Je voulais juste être sûre que tu aies tout, patron. »
Je n'en pouvais plus de cette comédie. J'ai croisé les bras, mon regard passant de l'un à l'autre.
« Tu le dragues ouvertement, c'est ça ton objectif ? » ai-je lancé directement à Chloé.
L'air s'est figé.
Le visage de Chloé s'est empourpré, et ses yeux se sont remplis de larmes en un temps record. Elle a commencé à sangloter doucement.
« Je... je ne sais pas de quoi tu parles. Je voulais juste bien faire mon travail... Je suis désolée si je t'ai offensée, Léa. Vraiment. »
C'était une performance digne d'un Oscar.
Antoine a soupiré lourdement, passant une main dans ses cheveux humides. Il m'a regardée avec un mélange de pitié et d'agacement.
« Léa, s'il te plaît. Tu vois bien qu'elle est juste maladroite. Ne la mets pas mal à l'aise. »
Il s'est tourné vers Chloé avec un ton protecteur.
« C'est bon, Chloé. Merci pour les dossiers. Tu peux y aller maintenant. »
Il me faisait passer pour la méchante, la jalouse hystérique, devant elle. La colère montait en moi, brûlante et amère.
« Je veux qu'elle parte maintenant, Antoine. Et je ne veux plus la voir ici. » ma voix était basse, mais ferme.
La pression dans la pièce est tombée à un niveau glacial.
Antoine a pris les dossiers des mains de Chloé, son regard dur comme de la pierre.
« Va-t'en, Chloé. »
Elle a hoché la tête, reniflant pitoyablement, et a tourné les talons sans me jeter un regard. Elle est partie en laissant derrière elle une aura de victime innocente et moi, le rôle de la harpie.
Je l'ai regardée s'éloigner, le cœur lourd. Je savais que ce n'était que le début. Cette fille n'allait pas abandonner si facilement.
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