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Couverture du roman Piégé par l'amour, déchaîné par la vengeance

Piégé par l'amour, déchaîné par la vengeance

Ancienne avocate brillante, j'ai tout perdu à cause de la trahison d'Édouard, mon mari, et de sa maîtresse. Après sept ans d'exil et une mort présumée suite à un sabotage, je réapparais lors des fiançailles de mes bourreaux. Alors que mon fils Léo me supplie de m'excuser pour ne pas gâcher leur fête, la vérité éclate. Je ne suis plus la victime qu'ils ont tenté d'éliminer. Devant leurs invités, je compte bien leur rappeler le rôle cruel qu'ils ont joué dans ma chute.
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Chapitre 3

Point de vue d'Amélie Fournier :

Le sommeil n'est pas venu. Leurs visages, leurs voix, le sourire suffisant de Céline, la culpabilité pathétique d'Édouard, le visage de Léo taché de larmes – ils étaient tous des envahisseurs vifs et indésirables dans mon esprit. Chaque souvenir était une étincelle, ravivant l'enfer de haine qui couvait encore en moi. C'était une douleur sourde la plupart du temps, mais ce soir, c'était un incendie déchaîné.

J'avais besoin de bouger, de faire quelque chose, n'importe quoi, pour calmer la tempête à l'intérieur. Ma petite chambre offrait peu de choses à organiser, mais j'ai commencé quand même, redressant les quelques livres, pliant mes vêtements limités. J'ai poussé une pile de vieux magazines, et ma main a heurté quelque chose de dur, caché au fond du petit placard poussiéreux.

Une boîte oubliée. Lourde, usée, fermée par du ruban adhésif. Je l'ai sortie en grognant sous l'effort. Alors que je la soulevais sur le lit, le fond a cédé. Le contenu s'est répandu sur la couverture élimée, se dispersant sur le matelas. Parmi eux, un cadre photo, vieux et en bois, a heurté le sol. La vitre s'est brisée avec un craquement sec et écœurant.

Mon souffle s'est coupé. Mes yeux sont tombés sur l'image à l'intérieur du cadre brisé. Une photo de famille. Édouard, Léo et moi. Nous souriions, debout devant un sapin de Noël, des guirlandes de lumière scintillant autour de nous. Un souvenir parfait, fabriqué.

Léo. Mon Léo. Mon fils adoptif. Celui que j'avais aimé avec une férocité qui frisait la folie. Il n'était pas mien par le sang, mais il était mien par toutes les autres mesures qui comptaient.

Édouard, à ses débuts, avait été marqué par la première trahison de Céline. Il avait juré de ne jamais avoir d'enfants, prétendant qu'il ne pouvait supporter l'idée de plus de douleur. Mais j'avais vu autre chose en lui, un désir qu'il ne pouvait admettre. J'avais désespérément voulu un enfant, mais la vie m'avait distribué une autre main.

Un après-midi pluvieux, je l'ai trouvé. Un minuscule bébé abandonné, laissé sur les marches de l'église locale. Il était frêle, mal nourri, avec une malformation cardiaque congénitale qui nécessiterait d'innombrables opérations, une vie de soins. Édouard avait hésité, inquiet du coût, des murmures, du fardeau.

Mais moi, je n'ai pas hésité. Pas une seconde. J'ai ramassé le petit paquet, mon cœur débordant d'un amour féroce et protecteur. Je l'ai appelé Léo, un nom qui signifiait « serviable » et « gentil » dans un vieux dialecte que j'avais étudié autrefois. Il était mon but, ma raison d'être.

Je me suis battue pour lui, j'ai payé ses traitements, j'ai tenu sa petite main à travers chaque procédure douloureuse. J'ai tout appris sur sa condition, devenant une experte en cardiologie pédiatrique par nécessité. Édouard, finalement, a fini par accepter, mais c'était toujours ma bataille. Mon sacrifice. Et Léo, à son tour, s'accrochait à moi, ses petits bras enroulés fermement autour de mon cou, m'appelant « Maman » avec une révérence qui faisait fondre mon cœur. C'était ma plus grande joie.

Puis Céline est revenue. Un fantôme du passé d'Édouard, une sirène qui l'a ramené dans son orbite avec une facilité déconcertante. Elle était tout ce que je n'étais pas – tape-à-l'œil, ambitieuse et totalement impitoyable. Elle me voyait comme un obstacle, Léo comme une nuisance.

Édouard a commencé à travailler tard, ses excuses devenant de plus en plus minces, ses yeux plus froids. Léo, lui aussi, a changé. Céline, avec ses cadeaux coûteux et ses promesses chuchotées, a lentement empoisonné son esprit. Il a commencé à me qualifier de « contrôlante », de « surprotectrice ». Il est devenu rancunier envers les rendez-vous médicaux sans fin, l'œil vigilant que je gardais sur sa santé fragile. Il voulait la liberté, le genre de liberté que Céline faisait miroiter comme un nouveau jouet brillant.

Je me souviens d'une dispute, moi criant : « Édouard, qu'est-ce qui nous arrive ?! » Lui, se détournant, les épaules voûtées : « Rien, Amélie. Tu t'imagines des choses. » La porte de son bureau était toujours verrouillée maintenant, son téléphone collé à sa main. Léo a cessé de me raconter sa journée, passant plutôt des heures avec Céline, qui le comblait d'attention et de gadgets coûteux. Il a même commencé à l'appeler « Tatie Céline », un mot qui a eu l'effet d'un coup de poignard dans mon ventre.

Mes yeux brûlaient, une nouvelle vague de larmes menaçant de déborder. Le bord dentelé du verre brisé s'est enfoncé dans mon doigt, une fine ligne rouge fleurissant contre ma peau, tachant les visages souriants sur la photo. C'était un écho physique de la douleur dans ma poitrine. Le verre brisé, la famille en éclats, le sang qui s'infiltrait dans le souvenir.

Je me suis souvenue du dixième anniversaire de Léo. Il avait soufflé les bougies de son gâteau, ses yeux brillants d'espoir. « Je voudrais », avait-il dit, « qu'on soit une famille pour toujours, Maman. Juste nous. »

J'ai ri maintenant, un son amer et brisé qui s'est coincé dans ma gorge. Pour toujours. Quel vœu naïf.

Avec un sanglot étouffé, j'ai attrapé la photo, le sang de mon doigt maculant l'image. Je l'ai froissée dans ma main, puis je l'ai jetée dans la petite corbeille à papier dans le coin. Les visages froissés me regardaient, accusateurs et moqueurs.

Juste à ce moment-là, mon téléphone a vibré. Un SMS. Un numéro inconnu.

Tu es invitée à la célébration des 18 ans de Léo. Ce samedi. Au Dôme de Lyon.

Mon sang s'est glacé. Léo. Son anniversaire. Après toutes ces années. Et après la visite d'Édouard et Céline. Cela ressemblait à un piège, un autre tour de vis cruel. Mais une partie de moi, une petite partie stupide, se demandait si c'était une chance. Une chance de le revoir, de comprendre. Ou peut-être, une chance de dire enfin, vraiment, adieu.

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