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Couverture du roman Oublie et souviens-toi : Tome 1

Oublie et souviens-toi : Tome 1

La vie d'Erwan Araste, psychiatre à la carrière prometteuse, bascule lorsqu'une silhouette sur la route ravive des blessures enfouies. Sa réussite reposait sur une mystérieuse sauveuse aujourd'hui volatilisée. Confronté à une expérience scientifique ayant dérapé, le médecin voit ses souvenirs se transformer en un cauchemar oppressant. Entre ambiance de laboratoire et suspense psychologique, il entame alors une lutte acharnée pour regagner sa propre liberté.
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Chapitre 3

Chapitre 2

Il était vingt heures quand Erwan arrêta son rapport, il ne pouvait pas pour le moment émettre un quelconque jugement car il ne connaissait pas totalement ce garçon. Erwan le trouvait intelligent et sa vision du monde fut très intéressante. Au fond, Arthur n’avait pas perdu sa candeur, au contraire c’était un garçon ayant une grande pureté dans le cœur. Un jeune homme sensible sans aucun doute. Et en ce qui concerne le relationnel avec les autres, c’était un travail qu’il fallait faire avec la victime. Il devait l’aider comme il devait aider ses autres patients. N’était-ce pas pour ça qu’Erwan avait voulu faire ce métier ? Bref, c’était l’un de ses plus grands objectifs.

Il descendit les escaliers avec son cartable à la main quand il croisa une de ses collègues, une psychologue très appréciée du centre. Stéphanie de son prénom, c’était une jolie brune avec des yeux gris. Une femme rayonnante et fleurissant la santé. Elle avait les traits fins et était d’une très grande intelligence. En effet, son charme ne le laissait pas indifférent. Il l’embrassa sur la joue et se retourna pour prendre la sortie.

Erwan prit la petite ruelle sur sa gauche où était stationnée sa voiture, une Opel Insigna grise l’attendait sur une place spécialement dédiée aux médecins et psychologues du centre médico- psychologique (CMP). Il plaça son cartable sur le siège passager. Il alluma le contact et s’en alla en prenant la route principale.

Lorsqu’il arriva dans la cour de sa grande maison, il éteignit le contact et resta une dizaine de minutes dans sa voiture. Enfin, il sortit de son véhicule et se dirigea vers la porte d’entrée. Son chien l’accueillit, un beau Berger-Allemand avec une tache noire posée sur le dos. Il caressa la tête puis s’installa sur le canapé noir. Sa maison était très luxueuse : il possédait un merveilleux salon avec un écran plat avec une image en haute définition, des stéréos et des basses pour mieux entendre le son.

Une grande bibliothèque était disposée à gauche du canapé. On retrouvait toutes sortes de livres tels que des ouvrages médicaux, psychologiques, romans policiers, fantastiques, etc. Chacun de ses livres était par ordre de thème puis par ordre alphabétique. En soi, Erwan était quelque peu perfectionniste mais cela n’était pas maladif, au contraire cela lui permettait de faire un bon travail.

Le téléphone sonna, celui-ci lui brisa ses pensées. Il regagna la cuisine et décrocha. Aussitôt, le médecin reconnut la voix de sa collègue. Une joie l’envahit, une joie comme inexpliqué qui venait au fin fond de son être.

— Bonsoir, Stéphanie, que me vaut le plaisir de votre appel en cette fin de soirée ?

— Que faites-vous ce soir ?

— Oh… je suis libre toute la soirée.

— Pourrai-je vous proposer un dîner ?

— Que si c’est moi qui vous invite… Si vous voulez, je veux bien venir vous chercher. Qu’est-ce que vous en dites d’ici une demi-heure ?

— Ce serait avec plaisir !

— Alors à tout à l’heure, Stéphanie.

Erwan se dirigea dans la salle de bain. Il se passa un coup d’eau sur le visage, recoiffa ses cheveux et se mit de l’eau de Cologne. Juste une légère dose pour ne pas l’asphyxier. Il alla chercher une chemise dans le placard et un pantalon qui lui donnait une certaine classe.

Arrivé devant le portail de la séduisante Stéphanie, il sonna. Il n’eut pas de réponse mais une femme sortant rapidement de chez elle. Elle lui sourit et lui donna un baiser sur la joue.

— Alors, avez-vous choisi un restaurant ? s’empressa de demander Stéphanie.

— Oui, j’ai une amie qui tient un restaurant, vous verrez, ses repas sont de ce qui a de plus succulent. Vous m’en direz des nouvelles.

Erwan invita son amie à rentrer dans le véhicule. Il lui précisa que le restaurant en question était assez loin. Cela ne fut pas un problème pour la charmante demoiselle ici présente.

Après un long moment de silence, Stéphanie entama une discussion et ils se mirent à converser du travail. Elle n’hésita pas à lui demander des conseils. Elle se régala des paroles du docteur Araste et enchaîna question sur question. Par moment, lui-même ne savait que répondre à cet interrogatoire surprise.

Cependant, quand fut venu le tour de Stéphanie de répondre à certaines questions, elle ne se sentit pas vraiment à l’aise, comme si elle avait quelque chose à se reprocher. De toute façon, cela n’était pas dans l’intérêt d’Erwan de la brusquer sur des sujets dont elle ne voulait pas parler.

La conversation s’arrêta net. La bouche entre ouverte, il appuya sur le frein avec toute la force qu’il pouvait y mettre. Stéphanie quant à elle était paralysée par la peur. Les phares du véhicule éclairaient la surface inerte gisant sur la chaussée.

Erwan et Stéphanie descendirent de la voiture et se dirigèrent vers la femme qui paraissait sans vie. Le corps était tailladé et du sang entourait la femme. Erwan saisit le pouls de la victime et constata que celle-ci était encore vivante mais dans un état d’inconscience. Ses vêtements étaient complètement déchiquetés. Elle ne portait pas de chaussures et à en constater l’état de ses pieds, elle avait dû parcourir un long trajet pour se retrouver là, sur le rebord de la route.

— Appelez les pompiers, je vous en prie. Elle est toujours vivante mais si on ne se presse pas, je crois que cette femme se verra mourir sur le bord d’une vulgaire route.

Stéphanie sortit le portable de sa poche et composa le « 18 » et une voix d’homme fini par décrocher.

— Bonsoir, en quoi puis-je vous aider ?

— Bonsoir, je suis madame Edan, Stéphanie Edan et nous sommes à côté d’une femme inconsciente. Nous nous trouvons sur la route de Bois-de-Céné, Châteauneuf à La Garnache. Il faut que vous vous dépêchiez, je pense qu’elle n’en a pas pour longtemps.

— D’accord, on arrive et surtout ne raccrochez pas.

Stéphanie resta droite pour ne pas montrer une quelconque faiblesse. Mais elle ne se sentait pas très bien face à ce spectacle désastreux. Elle ne put s’empêcher de se tenir près d’Erwan qui était accroupi près de la jeune femme. Son pouls ralentissait de plus en plus. Le médecin pria silencieusement pour que la jeune victime ne succombe pas à ses blessures.

— Stéphanie, je vais encore vous faire bouger mais il y a une couverture dans le coffre de ma voiture, pouvez-vous me l’apporter ? Ses mains sont glacées…

— Bien. Pouvons-nous accompagner cette femme à l’hôpital ?

— Oui, bien entendu, je vous remercie.

Erwan déposa la couverture sur le corps gelé de la jeune fille quand les gyrophares du camion de pompiers illuminèrent la nuit. Après que l’inconnue a été disposée sur le brancard, ils se mirent de toute urgence en direction de l’hôpital le plus près, l’hôpital où il travaillait.

Après avoir garé la voiture sur le parking des urgences, Stéphanie et Erwan se précipitèrent vers l’accueil.

— Une jeune femme vient d’être transportée dans cet hôpital, où pouvons-nous la trouver ?

— Elle se trouve au bloc aux dernières nouvelles, elle a été directement prise en charge. Vous faites partie de ses proches ?

— Non, nous l’avons retrouvée et on s’inquiète un peu pour elle et si nous pouvons apporter notre soutien, ce serait avec grand plaisir.

La réceptionniste regarda bizarrement les deux jeunes gens.

— Excusez-nous, intervint Stéphanie d’une voix douce. Nous sommes psychologue et médecin-psychiatre et nous voudrions l’aider à son réveil

— Attendez dans la salle d’attente, je vous prie.

— Pas besoin, je travaille dans le service psychiatrique de cet hôpital, intervint Erwan. Je suis le docteur Araste.

— Oui, excusez-moi, je ne vous avais pas reconnu. Néanmoins, veuillez tout de même attendre.

— Bien sûr.

Stéphanie s’assit et mit sa tête dans ses mains. Elle soupira longuement puis ils restèrent dans le silence durant un petit moment.

— Vous voudriez qu’on en parle ? demanda Erwan timidement.

— Non, cependant pourrai-je rester avec vous ce soir ?

— Je vous invite avec grand plaisir dans ma demeure.

— Comment pouvez-vous avoir le sourire dans un tel moment, Docteur Araste ?

— Parce que si nous devions pleurer à chaque fois qu’un malheur se produisait, chacun de nous aurait perdu sa boîte à larmes, vous ne croyez pas ?

— Vous avez raison, c’est que je n’ai jamais vu une personne dans un tel état et je vous avouerai que c’est un choc pour moi. C’est humain n’est-ce pas ?

— Bien évidemment que c’est humain. Ce n’est pas parce que vous êtes psychologue et moi psychiatre que nous sommes des robots pour autant. Vous êtes plus sensible que d’autres et cette sensibilité montre à quel point vous êtes humaine, ma chère Edan.

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