
Mystères à Istanbul
Chapitre 3
Chapitre 3
La séparation des deux complices
Bon gré, malgré, l’aspect idyllique de la journée ne procurait aucune sensation de bien-être à Maxime qui redoutait intérieurement le pire pour lui, et sa complice de toujours.
Car depuis leur atterrissage, la chance leur avait ouvert la « voie Royale ».
Maxime arriva chez A il fut accueilli avec joie par son grand ami, ce dernier savait que le code 222 avait été mis en place, il se doutait que cela ne concernait pas Maxime mais Gloria, mais là encore il ne fit aucune remarque.
Maintenant, l’excès de tranquillité dégageait des ondes négatives que Maxime ressentait au plus profond de lui-même.
Ainsi, le déplacement des informations à propos des agissements du gouvernement Turc ne se déroulait pas comme prévu, car selon les dires de Maxime, quelqu’un avait à coup sûr renseigné un des protagonistes servant d’intermédiaire entre des personnalités, et des hommes politiques particulièrement influents.
Ils prirent leur quartier à l’auberge comme convenu, ils se reposèrent loin de tout, ils purent enfin prendre une douche, dormir, faire l’amour, et manger. Maxime ne se doutait pas une seconde que ce moment allait être le dernier de leur histoire.
Ils ne partirent pas tout de suite nos deux amants ne pouvaient se passer l’un de l’autre comme les oiseaux qui se nomment à juste titre les inséparables.
Ils quittèrent leur nid douillet qu’au début de la nuit, la fraîcheur leur permit de reprendre des forces, et les ravitaillements en eau et en nourriture ne furent pas de trop.
Ils quittèrent la cour de l’auberge, et se remirent en route vers leur mission. Sa crainte à peine dissipée, la catastrophe prit l’aspect d’un camion devenu en apparence fou.
Tandis qu’ils roulaient correctement, le chauffeur du camion à côté d’eux fit une manœuvre délibérée, il visait la portière de Gloria, mais au moment où il allait frapper une main invisible l’en empêcha.
Heureusement, pour elle, au moment de l’impact, le monstre d’acier finit par s’encastrer dans la rambarde de sécurité, et alla s’écraser contre un rocher, dans le renfoncement du ravin où il avait été projeté d’une manière violente.
Finalement, il explosa, projetant des centaines de débris dont certaines atteignirent la chaussée en fracassant au passage des pierres de haute taille, et de dimension gigantesque.
Et pendant que les conducteurs voisins portaient secours aux occupants de la voiture, d’autres s’assuraient qu’aucun blessé n’était à déplorer lorsqu’ils feraient appel aux héros du feu, et à la police qui réclamerait maintes explications afin de noircir les pages de son rapport.
Justement, suite à cet incident, Gloria qui était la plus maligne des deux partenaires pensait avoir reconnu le visage du chauffeur du camion incontrôlable, et elle en profita pour faire appel à sa mémoire.
« J’ai formellement reconnu le garde du corps de Karl Berti ! », dit-elle à Maxime. Il a tenu sa promesse celle de nous faire la peau car la dernière fois nous avons pris monsieur la main dans le sac avec la fille qui était avec le portier de l’hôtel à Rio lors de ma dernière mission avec Alex.
Je suis intimement persuadée que c’est lui qui a voulu nous tuer ajouta-t-elle soudain n’oublions pas que c’est son chien de garde lorsqu’il faut effectuer pour monsieur les sales missions de dernière minute.
Ordinairement, les réflexions de Gloria attiraient toujours l’attention de Maxime, mais ce fut l’inverse cette fois-ci, étant donné qu’il était à l’heure actuelle dans les bras de Morphée, ce qui vexa son amie pour tout le reste de la soirée.
Après une partie de la nuit éreintante que Gloria et Maxime avaient passée dans la voiture, les fenêtres grandes ouvertes, Gloria allait connaître une seconde tragédie par l’intermédiaire d’un bruit de fusillade venant de l’extérieur, le matin du 11 juillet 1984.
Inquiète, elle se retourna, mais eut la désagréable surprise de ne pas découvrir Maxime à ses côtés, son homme, son roc avait rejoint les limbes tout seul avec uniquement sa main dans celle de sa compagne, et ce pour toujours malgré les remarques acides d’Alex envers Gloria.
Normal, l’homme qui venait de tomber sous les balles des tueurs n’était autre que Maxime Forestier, appelé « FAFA » par l’agence spéciale des renseignements, sorte de groupement interne au sein d’une brigade d’intervention rapide, et vraiment bien organisée.
Or, Gloria réalisait douloureusement que son Maxime adoré avait négligé le danger environnant en laissant le choc lui dicter sa conduite à venir.
La seule question que Gloria se posait restait sans aucune réponse pourquoi Maxime avait-il pris le risque insensé de rester dans les vapes pendant que ses ennemis veillaient à la bonne exécution de leur plan le concernant.
Maxime avait emporté son dernier secret avec lui dans l’au-delà en laissant Gloria esseulée, et sans réponse.
Toutefois, après s’être confiée à l’une de ses amies journaliste au Daily Mirror qui, seule, connaissait maintenant la vérité à propos du Maharadja troisième du nom, Gloria se fixa un nouvel objectif, s’introduire auprès du terrifiant homme.
Pendant ce temps, à l’intérieur du palais tout proche, la domesticité, et la cour au complet se préparaient pour la fête finale.
Là, durant le mois de juillet 1984, les gens du ménage ressemblaient à une multitude de fourmis fébriles dans l’attente de leur souverain.
Et dans tout ce remue-ménage, un seul avait conservé son calme. Il avait abattu ses cartes tel un chien de guerre.
Il se prénommait Morave, « la taupe », c’est lui qui avait trahi Maxime, et Gloria.
Cet homme d’aspect inquiétant, livide, et velu avait trahi pour de l’argent, et pourtant, il devait se douter qu’il ne toucherait peut-être jamais cette récompense.
Dans l’esprit du Maharadja, il était déjà condamné, ou à la mort, ou à l’exil à vie, sans aucune chance de retour chez lui, à moins que ce ne soit en prison.
Pendant ce long laps de temps, restée seule, sans ressources, et ne comptant sur l’aide de personne notre agent avait déjà pris sa décision elle préférait devenir une traîtresse bien vivante plutôt qu’une espionne morte pour sa patrie.
Décidément, malgré leur résistance le gouvernement Turc les avait bien vaincus Maxime, et elle, maintenant Gloria n’avait guère le choix elle devait aller à la rencontre de son plus grand cauchemar.
Mais, ce qu’elle ignorait, c’était que le seigneur le plus despote de la Turquie allait mourir, car un de ses fidèles compagnons allait l’assassiner pour mettre la main sur le gigantesque trésor qui irait rejoindre son tombeau.
Insidieusement, l’atmosphère de ce jour dégageait une impression de froideur tant dans l’air, que parmi les gens au service du grand Maître.
Même celui-ci faisait grise mine, si bien qu’il ne supportait même pas la présence de sa femme, escortée des intimes du souverain, tous habillés de pied, en cape, cérémonie oblige.
Parfois, une femme prête à tout dissimulait son trouble pour accéder à ses fins sans pour autant se faire refouler par les gardes.
À première vue, Gloria semblait d’attaque pour sa confrontation avec le gardien des enfers, Ce personnage usurpateur de titre se faisait appeler Adis.
Notre aventurière usa de tout son charme. Les gardes la laissèrent accéder à la chambre royale. Une fois, l’entrée dégagée, Sedia un des redoutables serviteurs reconnut Gloria, et l’interpella brusquement, ce qui contraria le propriétaire du palais qui, d’un regard courroucé lui demanda expressément des explications.
Immédiatement après cet avertissement, Sedia comprit sa bêtise, il garda le silence devant le tyran. Mais Adis insistant, il lui raconta une histoire insipide concernant la ressemblance de Gloria avec une autre personne.
Malheur à Sedia qui n’avait pas su convaincre le despote en place, du moins, c’était l’avis de Gloria.
Celle-ci dansait comme les femmes qui exécutent à merveille la danse du ventre, les hommes sont sous le charme de ces déesses d’un autre temps, ils n’écoutent plus la raison mais le cœur.
Toutefois, un autre danger rôdait dans ce lieu, il ne portait pas Gloria en haute estime, pour lui Maxime s’était fourvoyé avec cette fille, elle ne lui attirerait que des ennuis.
Le dictateur le considérait comme son digne héritier, Gloria ne représentait rien pour ces deux-là, une femme même belle doit se plier aux bons vouloirs de la gent masculine.
Ses supérieurs l’avaient formé dans ce but séduire les hommes les plus intéressants pour leurs missions, et les affaires inhérentes à celles-ci.
Gloria était un joli pot de fleurs qui s’épanouissait de plus en plus sous le joug du faux détenteur de ce titre de Maharadja
Alex n’en perdait pas une miette lui aussi admirait ce corps parfait lors de leur mission à Rio il n’avait pas pu s’en rendre compte car Gloria était toujours dans les bras de couples plus ou moins en rapport avec leur mission première.
Elle rendait fou tout le monde, la chaleur semblait la suivre pas à pas telle une représentante du sexe faible mais pas si naïve que cela.
Les recruteurs de Gloria avaient-ils mesuré les conséquences de leurs actes, Alex savait pertinemment que non ils s’étaient contenté de la prendre à l’essai deux, ou trois jours alors que les autres agents femmes devaient au minimum faire l’affaire pendant au moins quinze jours.
Avant de renvoyer Gloria au simple titre de secrétaire, Alex la laissa faire tout en pensant au moment où tout s’arrêterait pour elle, et ce de manière définitive, mais s’il avait pu soupçonner une partie de l’avenir il se serait ravisé à son sujet.
Ankara le 11/07/84
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