
Mystère à Balabio
Chapitre 2
Drinnnnngggggg ! Le réveil sonne et il semble insister. Noah l’entend, grogne mais ne bouge pas quand soudain, il est secoué par une force invisible.
— Allez la marmotte, lève-toi ! lui dit Guillaume surexcité.
— Fous-moi la paix. Il fait encore nuit. Rendors-toi.
— Mais enfin, lève-toi ! Il est trois heures du matin. Je ne me suis jamais levé aussi tôt. C’est trop cool !
— Trois heures du matin ! T’es complètement givré ! Et pourquoi tu t’excites comme ça ?
— Mais enfin, t’as Alzheimer précoce ou quoi ? On doit prendre le bus pour aller à Koumac rejoindre ta grand-mère.
Noah est sur ses pieds en un clin d’œil. Il file avec Guillaume dans la cuisine pour prendre un bon petit-déjeuner. Puis une demi-heure plus tard, ils sont dans la voiture, direction la gare routière.
Pendant que madame Leblanc prend les billets des garçons, ces derniers regardent le marché de Nouméa qui se réveille et le va-et-vient des marchands de fruits et légumes ainsi que le ballet des bateaux de pêche qui arrivent et déchargent leur précieuse cargaison.
— Voilà les garçons, dit-elle en leur tendant à chacun un ticket. Venez, vous allez vous installer derrière le chauffeur.
Elle se dirige vers un grand bus orange et blanc avec le nom « Koumac » qui défile sur la girouette située au-dessus du pare-brise. Elle monte à bord, suivie des deux garçons un peu intimidés.
— Bonjour monsieur, dit-elle au chauffeur. Est-ce que vous pourrez jeter un œil à mes deux garçons durant le trajet ? C’est la première fois qu’ils prennent le bus seuls et ils ne sont pas très rassurés.
— Ne vous inquiétez pas madame. Allez jeunes gens, installez-vous car on va bientôt partir.
— Allez tata7mam. On t’appelle dès qu’on arrive.
Après mille bisous et mille recommandations, madame Leblanc descend du bus et le regarde partir.
Après plusieurs heures de route et une halte à Bourail pour prendre la pause casse-croûte et toilettes, le bus arrive enfin à Koumac. À la gare routière, les garçons, après avoir salué le chauffeur, récupèrent leurs bagages et vont sur le parking.
— C’est mamie Colette ! Regarde Guillaume, elle est là. Coucou mamie, crie Noah en lui faisant signe. Viens Guillaume !
— Coucou les enfants, dit mamie Colette en embrassant les deux garçons. Vous avez fait bon voyage ?
— Heu ! C’était intéressant, répond Guillaume.
— C’était chiant, tu veux dire ! On est parti à quatre heures et il est midi. Tu te rends compte. J’en pouvais plus. En plus, à Témala, une dame est montée dans le bus et elle puait. C’était horrible !
— Comment ça elle puait ?
— Ben, en fait je crois que c’était son parfum qui sentait fort, dit Guillaume.
— Bon, ce n’est pas grave du moment que vous êtes là. Allez, je vous emmène manger un morceau car après, on a encore trois heures de route.
— Quoi ? Mais on est à Koumac, on a vu le panneau en passant ! s’étonne Noah.
— Oui, mais ma cousine habite plus loin dans le Nord. Elle a une propriété en bord de mer. C’est super vous verrez.
En ronchonnant, Noah range sa valise dans le coffre de la voiture et s’installe à l’avant.
— Alors Guillaume ? Ma fille m’a dit que tu n’avais jamais été plus loin que Bourail ? Noah non plus d’ailleurs.
— Non madame, dit Guillaume.
— Et comment as-tu trouvé le Nord ?
— Ben en fait, j’ai beaucoup dormi et je n’ai pas vu grand-chose, répond Guillaume un peu dépité. C’est dommage.
— Ne t’inquiète pas, le plus beau reste à venir.
Après un bon hamburger, des frites et un coca, le voyage reprend.
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