
MY TORRID STEPBROTHER !
Chapitre 3
James
Je sors sur la terrasse face à ma chambre, m'appuie au parapet de pierres. Le regard perdu sur le paysage, j'inspire à fond pour chasser les dernières brumes de fatigue : ma nuit a été courte ! Je l'ai passée à discuter avec mes potes de l'école tout en visionnant des films et en descendant des bières. Je m'étire, le corps parcouru d'un intense sentiment de plénitude.
Putain, ça y est, je suis diplômé !
Depuis hier, je suis un putain d'enfoiré de diplômé d'un MBA en finances, je pourrais obtenir un poste dans l'empire familial, mon rêve de toujours ! Empire où travaille dejà mon frère aîné, Daniel, alors que Lucios, mon autre frère, est acteur, allant ainsi à l'encontre des desirs de notre père.
Pour lui, la famille est tout.
Mais il a beau être autoritaire, parfois dur et exigeant, souvent intraitable, je lui voue un amour, une reconnaissance et une admiration sans bornes. D'autant plus que je n'ai que lui comme parent. J'ai grandi sans mère. Quand il nous a annoncé qu'il allait se remarier, je n'ai d'abord pas su qu'en penser, et j'ignore encore si c'est une bonne chose pour lui et notre famille. Lorsque nous étions enfants, mes frères et moi, nous nous amusions à faire fuir ses petites amies. Certaines situations me reviennent soudain en mémoire et je ne peux m'empêcher de sourire : comme cette fois où nous avions mis l'une de mes souris dans le sac à main de... comment déjà... Christina. La pauvre, elle avait failli avoir un malaise !
Elle avait quitté la maison en nous traitant de dégénéres pourris gâtes, ce qui nous avait bien fait rire. Je crois que nous voulions tout simplement protéger notre père des femmes dans son genre, car il avait une fâcheuse tendance à ne nous présenter que des pétasses qui nous déplaisaient.
Ensuite... eh bien... les années ont passé, et s'il a eu des aventures, il est resté très discret sur le sujet et ne nous a plus jamais présenté personne. Il semblait ne vouloir se consacrer qu'à ses affaires. Mais je comprends que la solitude lui pèse et qu'avoir une jeune femme dans son lit est stimulant à son âge, alors s'il est heureux, nous le serons aussi.
Est-ce que Madelline le rendra heureux ? Je n'en sais foutre rien ! Ne l'ayant jamais rencontrée, je n'ai pas pu me faire une idée sur le sujet. En tant que fils aimants et reconnaissants pour tout ce qu'il a fait et fera encore pour nous, nous nous devons de l'accompagner dans cette nouvelle vie, c'est la moindre des choses. Car malgré ses affaires qui lui prenaient tout son temps, il en a toujours eu pour nous. Il a toujours été présent dans toutes les étapes importantes de notre vie, et nous n'avons jamais manqué de rien, ni d'argent ni d'amour. Sauf celui d'une mère.
Je retourne dans ma chambre, puis j'entre dans la salle de bains.
Le miroir me renvoie l'image d'un mec fatigué. Je passe mes doigts sur mon menton. J'asperge mon visage d'eau glacée, passe mes mains dans mes cheveux pour les plaquer, et remets ma chemise dans mon pantalon. Voilà, je suis un peu plus présentable. Je ne voudrais pas que mon père pense que je ne fais pas d'efforts pour me montrer sous mon meilleur jour en l'honneur de Madelline et ses filles.
Quelques minutes plus tard, j'entre au salon, pour aussitôt recevoir dans les bras une tornade blonde qui visiblement m'attendait.
- James !
Son cri manque de faire eclater mon cerveau.
- Salut, mon neveu préféré ! J'adore ce gosse, et il me le rend bien !
Tout en serrant son corps fluet entre mes bras, je regarde par dessus son épaule et aperçois mes aînés en pleine discussion, l'air.. soucieux ?
- Que se passe t-il, j'ai loupé un truc ?
Émilien gigote, estimant certainement m'avoir témoigné suffisamment d'affection. Je lui repose les pieds au sol.
- C'est normal, je suis le seul ! répond-il avec un petit sourire. Son expression m'alarme aussitôt. Je me mets à sa hauteur, inquiet.
À 8 ans, Émilien est un enfant grand pour son âge. Blond, le visage fin, les yeux bleus, il est enjoué et exubérant, du genre à chanter à tue tête les trucs qu'il écoute sur son iPhone et à hurler au monde qu'il existe. Il est bien coiffé et a troqué sa tenue noire et verte contre un bermuda écru et une chemisette blanche, mais je doute que ce soit ça qui le dérange, à moins que Daniel ne lui ait pas laissé le choix.
- Qu'est ce qu'il se passe, Émilien ? Ça ne va pas ?
Il colle sa bouche contre mon oreille et la cache avec sa main, comme pour me délivrer son plus grand secret.
- Mes parents divorcent !
Je ne suis pas surpris ; leur mariage était une erreur et voué à l'échec depuis le début. Daniel a assumé ses responsabilités en l'épousant lorsqu'il a appris qu'elle était enceinte (elle l'a piégé pour se faire épouser !), mais il n'était pas heureux. Je suis d'ailleurs étonné qu'ils soient restes ensemble si longtemps. Certainement pour le bien être d'Émilien.
Je le prends par les épaules, scrute son visage.
- Zut ! Ça va, toi ?
- Ouais ! Tout' façon, j'en avais marre qu'ils se disputent, et mon père va m'acheter un chien ! s'écrie t-il, semblant soudain plus enjoué. Tu veux bien venir avec nous pour m'aider à le choisir ?
- Quand ?
- Tout à l'heure !
Je lui ébouriffe les cheveux.
- Bien sûr ! Tu peux compter sur moi !
- Qu'êtes vous en train de comploter tous les deux ? dit Daniel, mon frère aîné en s'approchant.
Il m'enlace, et je lui rends son accolade.
- James va venir avec nous pour aller chercher mon chien ! s'exclame Émilien, visiblement ravi.
- On verra ! Je ne t'ai rien promis.
J'observe mon frère aîné. Nous nous ressemblons beaucoup tous les trois, surtout habillés à l'identique : d'un jean et d'une chemise blanche, sans nous être concertés. Mais Daniel, avec ses iris pareils aux miens et ses cheveux courts, est celui auquel je ressemble le plus. Alors que Lucios à les cheveux bouclés, et les yeux noirs.
Je ne sais pas ce qu'il s'est passe entre Daniel et sa femme, mais je suppose qu'il nous en parlera dès que nous serons seuls.
Un sourire m'échappe lorsqu'Émilien tente de faire pression sur son père.
- Mais si, t'avais dit que...
- Émilien ! le prévient Daniel pour désamorcer la crise qu'il sent sur le point d'exploser. Je n'ai pas dit « non », j'ai dit « nous verrons ».
- Mais..
- Va faire un tour dehors ! Tu reviendras quand tu seras calmé !
- J'm'en fous ! Si tu changes d'avis, papy m'en achètera un ! crie t-il avant de déguerpir. Parce qu'il est mille fois plus sympa que toi !
- Certainement, ouais ! bougonne Daniel en se dirigeant vers une console sur laquelle trônent une bouteille de whisky ainsi que des verres. Putain, faire des gosses ! Que des emmerdeurs !
- Il ne le pense pas ! me dit Lucios, mon autre frère en riant.
- Je sais, Daniel adore son fils. Je prends Lucios dans mes bras.
- Tu m'as manque, vieux frère !
- Toi aussi, p'tit con ! répond-il avec un coup de poing dans l'épaule.
Il en a toujours été ainsi entre nous : nous nous traitons de tous les noms, mais cela ne nous empêche pas de nous respecter et de nous aimer. Mon père, Émilien, Daniel et Lucios sont les personnes que j'aime le plus sur cette terre.
- Tu viens d'arriver ? Je lui demande.
- Il y a pas longtemps. Daniel est venu me chercher à l'aéroport. Et toi ?
- Hier !
- Et ce diplôme ? Tu as eu les résultats ?
- Je l'ai ! m'exclamé-je.
Mes frères me tombent une nouvelle fois dans les bras pour me féliciter, avec des tapes dans le dos, sur la joue, et bourrades dans l'épaule.
Daniel fait semblant d'essuyer une petite larme.
- Je suis fier de toi ! Qu'a dit Anthonin ?
- Il est content. Enfin, je suppose, il ne s'est pas étendu sur le sujet quand je lui ai annoncé, j'imagine qu'il a d'autres choses en tête !
- Notre père va se remarier, les mecs ! clame Lucios.
Sacré merdité de nouvelle.
Vous aimerez aussi





