Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Morts sur le champ

Morts sur le champ

Lorsqu'un directeur de journal est retrouvé mort, transpercé par une flèche en extérieur, une série de décès mystérieux s'amorce. Le capitaine Durandal doit alors diriger une équipe éclectique, incluant un chrétien évangélique, pour résoudre cette affaire complexe. Entre le milieu du tir à l'arc et celui de la presse, l'enquêteur affronte ses propres failles tout en cherchant le lien entre les victimes. De nouvelles cibles sont-elles menacées par ce schéma criminel ?
Chapitres
Partager

Chapitre 3

2Son poste d’observation n’était pas idéal

Région de Bourgoin-Jallieu – Isère – Trois semaines plus tard

Le lieutenant Quentin Spatha patientait depuis son poste d’observation. Installé au volant de sa voiture de gendarmerie banalisée, il attendait depuis de longues minutes la sortie de celui qu’il filait. Procédure habituelle pour ce personnage suspect de non-dénonciation de crime, remis en liberté par le juge à l’issue de sa garde à vue

Le renseignement parvenu à la section de recherches faisait état d’un déplacement de l’individu dans une zone rurale. Quentin avait pris le relais d’un collègue de la brigade de recherche locale.

La SR avait identifié la propriétaire de la ferme, à la suite de l’envoi des coordonnées GPS de l’endroit. Apparemment elle vivait seule, et ne faisait pas partie des personnes repérées dans l’affaire dans laquelle son visiteur était impliqué. Il fallait aussi envisager que d’autres pourraient se joindre aux deux enfermés là.

Peu de circulation à cet endroit. Des enfants qui jouaient en anorak dans une propriété, un riverain qui passait la débroussailleuse, un tracteur qui labourait un champ. Un chien qui aboyait.

Le lieutenant Spatha réfléchissait, alors que la clarté du jour commençait à décliner en cette fin de journée automnale déjà fraîche. Dans ce contexte rural, il fallait bien calculer le temps passé sur place pour que le jeu en vaille la chandelle. Le moindre mouvement humain pouvait y être facilement détecté, tout comme une station trop longue sur place.

Il savait que son poste d’observation, bien que soigneusement choisi, n’était pas idéal, Les maisons et fermes clairsemées ne lui fournissaient pas un paravent très efficace. Il est souvent difficile de se fondre dans le paysage rural, même si en tant que militaire, il y avait été formé, selon le principe de repérage et dissimulation, baptisé « FOMEC » (Forme, Ombre, Mouvement, Éclairage, Couleur).

Mais Quentin n’était pas un néophyte en la matière. Il avait déjà eu à assurer des planques en zones urbanisées qui présentaient d’autres caractéristiques. Il y était plus simple de s’intégrer anonymement dans les allées et venues, mais il y fallait une bonne dose de doigté lorsqu’il s’agissait d’aller innocemment au renseignement auprès des personnes en contact avec la cible.

Le collègue nouveau venu avec lequel il était en liaison au PC lui avait conseillé de « croiser les doigts » pour que sa filature se passe bien.

Le lieutenant n’avait rien répondu. Il ne répondait jamais rien à ce conseil très populaire. Pourtant l’envie ne lui manquait pas de rétorquer qu’il n’avait pas besoin de pareilles superstitions pour espérer : il était un chrétien convaincu.

Même si sa foi n’était pas un mystère. Ou plutôt, si, parce qu’elle était un mystère pour beaucoup, il préférait limiter ses propos sur un sujet demandant autre chose qu’une simple répartie ou explication forcément réductrice. Sauf si ses interlocuteurs étaient en demande. Et encore, à manier avec précaution… En tout cas, pas question de foncer sur des occasions de prêcher là où elles se présentaient. Plutôt témoigner par ce que sa vie, ses paroles et ses actes pouvaient dire de lui. Même s’il se savait bien faillible et, comme le disait l’apôtre Paul lui-même, il ne faisait pas le bien qu’il voulait et faisait le mal qu’il ne voulait pas.

Spatha n’avait rien de bien particulier dans son physique si ce n’était une stature plus haute que la moyenne et un visage dont le bleu des yeux frappait de prime abord. Une mèche rebelle de ses cheveux châtains balayait son front, et même jusqu’à l’œil gauche. Une gestuelle machinale pour y remédier était chez lui signe d’une intense concentration

À l’inverse de certains de ses collègues, il fonctionnait peu de façon réactive, mais bien plus facilement de façon analytique et synthétique. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir l’esprit vif. Il était précieux en cela à la section de recherches, composante de la gendarmerie, chargée des dossiers criminels les plus compliqués, l’équivalent de la fameuse PJ.

Doté par ses études d’un solide bagage en Droit, il était entré dans la gendarmerie, comme on rentre dans les ordres, à la suite d’une déception amoureuse. À 33 ans, il vivait en célibataire, même s’il n’aspirait pas à conserver ce statut. Il voyait bien qu’il n’était pas indifférent aux yeux de certaines femmes, au physique agréable. Son travail, ou la situation matrimoniale de deux ou trois, avait fait obstacle à une tentative de relation. Il menait une vie assez ascétique à bien des égards, à laquelle l’esprit militaire convenait bien.

Il s’apprêtait à sortir de son véhicule pour vérifier les éventuelles possibilités qui s’offraient aux habitants de la ferme pour sortir incognito. En plus de travailler en civil, comme les enquêteurs des brigades et sections de recherche, il trimballait toujours dans le coffre du véhicule un équipement de randonneur, sac à dos et chaussures, pour moins intriguer.

Il avait déjà un pied dehors lorsqu’un appel retentit sur son téléphone. À l’autre bout, un officier de permanence :

— Mon lieutenant, vous pouvez décrocher. On en sait assez pour le moment. On a besoin de vous ailleurs.

Le lieutenant prit note du lieu où on l’envoyait.

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman De rivale à belle-sœur
9.5
Après quatre-vingt-dix-neuf demandes de divorce, Josie Watson est une nouvelle fois délaissée par Laurence Andrews. Ce dernier l'abandonne sur la route pour rejoindre son premier amour, Rosalie Harris, persuadé que son épouse ne pourra jamais le quitter. Pourtant, l'humiliation de trop a sonné. Dans l'ombre, le propre frère de Rosalie pousse Josie à rompre ses chaînes et à fuir à l'étranger. Laurence ignore encore que son empire sentimental est sur le point de s'effondrer.
Couverture du roman Fatim et Hassan, mariage arrangé
9.4
À seulement quinze ans, le destin de la jeune Fatim bascule brutalement lorsque son père scelle son avenir sans son consentement. Elle se retrouve contrainte d'épouser Hassan Keita, un richissime homme d'affaires dont l'influence est aussi vaste que sa fortune. Ce récit plonge au cœur d'un mariage arrangé au sommet de la haute société, où une adolescente doit apprendre à naviguer dans un monde d'adultes marqué par le pouvoir et les devoirs.
Couverture du roman Il s'appelle Bruce
8.4
****Il s'appelle Bruce**** Pfff que je donnerais n'importe quoi pour qu'il me regarde juste. Qu'il me sourit. J'en ai marre de passé pour un fantôme à ses yeux. Je viens presque chaque jour ici mais à aucun moment, il ne m'a salué. Ça fait bientôt deux ans, deux longues années que je n'attends que ça. Cet homme me rend folle, je ne vais pas résister longtemps à cette attirance. Je sais que c'est le frère de ma meilleure amie Hélèna mais je me languis chaque seconde de lui. Je veux le toucher, le caresser, l'entendre me murmurer des mots doux. Je veux qu'il m'embrasse, me prenne ma virginité, je veux qu'il m'enlace, que nous soyons face à face. -Vanessa tu rêves encore. Me dit Hélèna en tapant des mains. -Oups pardon. Bon nous en étions où ? Je suis encore qu'une étudiante dans une faculté de droit à l'université de Yaoundé dans l'option sciences politiques et juridiques. J'ai choisi ce métier car j'aime parler, m'exprimer et surtout défendre les autres. J'ai toujours été très curieuse et très entreprenante. Ma mère, Nora, m'a dit que ce métier était fait pour moi. C'est le métier que cet homme fait aussi. Je ne connais même pas son prénom. Quelle honte pour moi. Je dois me retirer cette peur dans la tête. Et puis si je demande à Hélèna le prénom de son frère, ce n'est pas comme si je demandais son numéro de téléphone. -Il s'appelle comment encore ton frère ? -Il s'appelle Bruce. Pourquoi ? -Non non rien juste pour savoir car il ne me salue jamais. -Il est très pris par ses affaires, c'est normal qu'il ne prête pas attention à ce qui se passe autour de lui, de plus il a un bébé de bas âge, Noella. -Ah ok. Noella est sa fille? Je ne l'aurais jamais cru si elle n'était pas sa soeur. J'ai toujours pensé qu'il n'avait pas d'enfant. Enfin je ne vais pas dramatiser pour ça. Au moins maintenant je sais comment il s'appelle. Il s'appelle Bruce.
Couverture du roman Le Choix du Cœur: Romance
8.4
Andréa, une femme brillante et pleine d'ambition, succombe au charme de Malys, un gentleman accompli. Leur rencontre déclenche un coup de foudre fulgurant, les plongeant dans une passion d'une intensité totalement inédite pour eux. Cependant, cet équilibre parfait vacille lorsque Malys cède aux avances de Kisi. Cette trahison marque le début d'une liaison illicite aux conséquences incertaines. Jusqu'où cette dérive amoureuse mènera-t-elle les protagonistes ?
Couverture du roman Lille et une nuit
9.5
À quarante ans, Enzo, un auteur lillois en manque d'inspiration, voit les jours défiler. Sa compagne Sandra tente de l'extraire de son mutisme pour lui faire une révélation, mais il refuse de sortir. C’est pourtant de cet échange que jaillit l’étincelle créative : il imagine alors l'idylle entre Cassandra, une prostituée rêvant de liberté, et Andy, un homme agoraphobe. À travers ce récit, Enzo Kidiera livre un hommage vibrant à sa région natale et aux destins croisés.
Couverture du roman MON-BEAU-PÈRE
8.5
Mannequin talentueux de 25 ans, Josh voit sa carrière basculer lorsqu'il s'éprend de sa supérieure, Reinarde. Cette idylle passionnée lui coûte malheureusement son emploi, mais le jeune homme ne regrette rien, savourant pleinement cette relation amoureuse naissante. Pourtant, leur bonheur sans nuage est soudainement mis à l'épreuve. Tout change radicalement le jour où Reinarde décide d'officialiser leur union en le présentant officiellement à sa famille.