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Couverture du roman Mort feinte, liberté trouvée

Mort feinte, liberté trouvée

À huit mois de grossesse, je découvre l'horrible secret d'Hugo. Sa fortune est destinée à sa protégée, Anouk, tandis que je ne suis qu'un simple réceptacle. Mon mari prévoit de me supprimer après l'accouchement pour lui confier notre fils. Face à cette trahison glaçante et au projet de mon propre meurtre, je décide d'agir. Pour sauver ma vie et protéger mon enfant, j'orchestre ma disparition. En simulant ma mort, je laisse mon passé derrière moi pour renaître, libre.
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Chapitre 3

Le rugissement de rage d'Hugo a résonné dans le manoir silencieux alors que je m'éloignais, mais je ne me suis pas arrêtée. J'ai continué à avancer, chaque pas me propulsant plus loin de la cage dorée qu'il appelait notre maison. Sa frustration n'était plus qu'un son creux, impuissant à atteindre le noyau de glace qui s'était formé autour de mon cœur.

Quand j'ai finalement atteint la cuisine, les papiers du divorce que j'avais laissés sur le comptoir étaient déchirés en mille morceaux. De minuscules confettis blancs éparpillés sur le marbre immaculé, une représentation crue de son refus. Il ne me laisserait pas partir. Il croyait vraiment pouvoir me garder captive, une poupée enceinte pour accomplir ses plans de sang-froid.

La confusion se mêlait à ma colère. Pourquoi s'accrocher à cette mascarade ? Pourquoi ne pas simplement me laisser partir, prétendre que j'étais une mère indigne et prendre l'enfant ? Sauf si... sauf si l'image était trop mauvaise. Sauf s'il avait besoin de l'image d'un veuf éploré, un père aimant privé de sa femme, pour gagner la sympathie du public pour Anouk et leur avenir fabriqué.

Mon téléphone a vibré contre mes doigts engourdis. Anouk Martel. Mon estomac s'est noué. J'ai failli laisser tomber le téléphone. Quel nouvel enfer m'envoyait-elle maintenant ?

C'était une photo. Une photo d'Anouk, délicate et éthérée dans une robe de soie fluide, sa tête reposant sur l'épaule d'Hugo. Son bras était enroulé protecteur autour d'elle, sa main posée sur sa taille, juste au-dessus de sa hanche. L'arrière-plan était flou, mais j'ai reconnu la maison de plage privée où Hugo et moi avions passé notre lune de miel.

Mais ce n'était pas juste une photo. Il y avait un message.

Il est si inquiet pour toi, Éléonore. Il pense que ta grossesse affecte peut-être ton jugement. Ne t'inquiète pas, je suis là pour le réconforter.

Mon sang s'est glacé. Elle ne se contentait pas d'étaler leur liaison ; elle essayait activement de me tourmenter, d'affirmer sa place. Elle me voyait comme un moyen pour parvenir à ses fins, un inconvénient temporaire. Et la cruauté désinvolte de ses mots, me peignant comme instable, était un coup calculé. Elle savait exactement ce qu'elle faisait.

Un autre message est apparu, une deuxième photo. C'était un gros plan cette fois. La main d'Anouk, parfaitement manucurée, tenait un petit oiseau en bois finement sculpté. Je connaissais cet oiseau. C'était un cadeau que j'avais passé des semaines à concevoir et à fabriquer pour Hugo, un symbole de liberté et de vol, un clin d'œil à son amour pour l'aviation. Il l'avait toujours gardé sur sa table de chevet.

Et là, clairement visible à l'annulaire d'Anouk, se trouvait mon alliance. Le simple anneau de platine qu'Hugo m'avait donné il y a sept ans.

La nausée m'a frappée de plein fouet. Ce n'était pas seulement la trahison ; c'était l'audace pure, la guerre psychologique délibérée. Elle n'était pas une ingénue innocente ; c'était une prédatrice, se nourrissant de mes vulnérabilités, se délectant de sa victoire.

Il a dit que cette bague n'avait jamais vraiment été la tienne, Éléonore. Juste un prêt temporaire.

Les mots ont dansé devant mes yeux. Un prêt temporaire. Mon mariage, ma vie, mon amour – tout n'était qu'un prêt temporaire d'Hugo à moi, jusqu'à ce qu'Anouk soit prête à le réclamer. La prise de conscience s'est installée au fond de mes entrailles, froide et dure. Je n'étais pas seulement son réceptacle ; j'étais sa remplaçante. Une doublure. Une épouse de substitution, une mère de substitution.

J'ai titubé jusqu'à la salle de bain, ayant des haut-le-cœur dans la porcelaine. Mon corps s'est convulsé, mais il n'y avait plus rien à expulser. Seulement le goût amer de la bile et l'humiliation brûlante. Je me suis regardée dans le miroir, mon reflet pâle et hagard, des cernes sombres sous les yeux. Mon esprit autrefois vibrant semblait éteint, remplacé par une coquille vide. Mon ventre, si plein de vie, me semblait étranger, une horloge à retardement comptant les secondes jusqu'à ma perte.

Une vague de rage pure et sans mélange m'a parcourue. J'ai attrapé mon téléphone, mes doigts volant sur l'écran.

Tu veux ma vie ? Tu peux avoir cette coquille vide. Mais tu n'auras jamais, jamais mon fils. Pas tant que je serai en vie. Et crois-moi, Anouk, tu le regretteras.

Le téléphone a sonné immédiatement. Hugo. Son nom a clignoté sur l'écran, un signal d'alarme rouge. Je me suis souvenue de toutes les fois où il m'avait appelée pour me réprimander, pour me contrôler, même quand il était avec elle. Pour s'assurer que je restais à ma place.

J'ai appuyé sur « rejeter », puis « bloquer le contact ». Un lien de moins.

J'ai appelé le service de déménagement que Jean m'avait recommandé. « Je dois déménager », ai-je déclaré, ma voix sèche, sans émotion. « Dès que possible. Demain matin. »

« Nous pouvons nous arranger pour ça, madame », a dit l'homme à l'autre bout du fil, sa voix étonnamment calme. « Dites-nous simplement ce que vous emportez. »

« Juste mes effets personnels », ai-je répondu, jetant un coup d'œil autour de la chambre opulente. Les meubles coûteux, les vêtements de marque, les bijoux scintillants – rien de tout cela ne signifiait plus rien pour moi. Tout faisait partie de la mascarade, un paiement pour mon silence, pour mon rôle dans son « arrangement ».

J'ai fait une seule valise. Des vêtements, quelques livres, mon carnet de croquis usé. Le reste, les attributs de ma prétendue richesse, je l'ai laissé derrière moi.

Alors que le camion de déménagement s'éloignait le lendemain matin, j'ai jeté un dernier regard au manoir. Ce n'était pas une maison. C'était une tombe, un mausolée doré où mon amour était mort d'une mort lente et douloureuse. Maintenant, c'était une prison dont je m'échappais enfin. Un fragile sentiment de liberté, comme un murmure dans le vent, m'a touchée.

Mon nouvel appartement était petit, peu meublé, mais il était à moi. J'ai placé une petite plante en pot sur le rebord de la fenêtre, un symbole de nouveaux départs. Le soleil entrait à flots, chaud et invitant. Pour la première fois depuis des années, j'ai senti une lueur d'espoir.

Le téléphone a de nouveau sonné. C'était un numéro masqué. Je savais que c'était Hugo. Il devait utiliser un autre téléphone. J'ai failli ne pas répondre, mais une étrange curiosité m'a poussée à le faire.

« Éléonore ! Qu'est-ce que tu crois faire, bon sang ? » Sa voix était un grognement furieux. « Anouk vient de m'appeler, hystérique ! Qu'est-ce que tu lui as dit ? »

« La vérité », ai-je répondu, ma voix calme, presque détachée. « Que je pars. Que je divorce. »

« Tu es folle ou quoi ? » a-t-il rugi. « Tu crois que tu peux simplement t'en aller ? Et après ce que tu as dit à Anouk ? Elle est bouleversée ! Sa malformation cardiaque, Éléonore, elle est fragile ! »

Son inquiétude pour Anouk, son mépris absolu pour ma douleur, ont solidifié ma résolution. « Sa malformation cardiaque n'est pas mon problème, Hugo. Et ta détresse non plus. J'en ai fini d'être ta femme de convenance, ta mère porteuse, ta remplaçante. »

« Tu vas rentrer à la maison, Éléonore », a-t-il dit, sa voix tombant dans ce ton dangereux et contrôlant. « Tu vas rentrer à la maison et tu donneras naissance à mon enfant. Ce n'est pas négociable. »

« Tu veux mon enfant ? » ai-je demandé, un rire amer s'échappant de mes lèvres. « Tu peux supplier, Hugo. Tu peux ramper. Mais tu ne l'auras jamais, jamais. Pas de moi. »

J'ai raccroché, puis j'ai bloqué ce numéro aussi. Je les laisserais l'un à l'autre. Qu'ils aient leurs mensonges, leurs arrangements, leur version tordue d'une famille. J'en avais fini. J'en avais enfin, irrévocablement, fini.

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