Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Mon professeur

Mon professeur

À 21 ans, Léa Martin intègre enfin la prestigieuse Sorbonne. Entre petits boulots et études acharnées, elle a toujours sacrifié sa vie sociale. Sa rencontre avec Camille, sa colocataire exubérante, change la donne en lui faisant découvrir les fêtes et l'amitié. Pourtant, un secret pèse sur Léa : elle éprouve des sentiments interdits pour Gabriel Dumont. Non seulement cet homme est le frère aîné de Camille, mais il est aussi son propre professeur de littérature.
Chapitres
Partager

Chapitre 3

Fractures et compromis

Léa retourna à la fête, le cœur lourd. Chaque pas semblait plus lourd que le précédent, comme si elle portait le poids d'une décision qu'elle n'avait même pas encore prise. Gabriel n'était pas qu'un professeur, un mentor, il était une énigme vivante, une présence aussi magnétique qu'étrange. Ses mots, pourtant simples, l'avaient marquée plus profondément qu'elle n'aurait pu l'imaginer.

Elle n'avait pas réagi comme elle s'y attendait. Elle avait voulu fuir, mais au lieu de cela, elle s'était simplement figée, incapable de répondre à ce que Gabriel venait de lui dire. Ce « jeu » dont il parlait, ce n'était pas un jeu auquel elle avait l'intention de participer. Mais pourquoi alors chaque fibre de son être était-elle tendue vers lui, comme une corde prête à céder sous la pression ?

Quand elle se retrouva de nouveau au milieu de la foule, ses yeux cherchèrent instinctivement Gabriel, comme s'ils n'avaient d'autre mission que de le retrouver. Il était là, toujours en retrait, sa silhouette imposante bien visible dans la pièce illuminée par des néons colorés. Mais maintenant, ce regard qui l'avait percutée plus tôt semblait aussi lointain qu'intangible, comme si, au fond, il savait aussi qu'ils ne pouvaient rien avoir l'un de l'autre.

C'était plus compliqué que ça. Ce n'était pas juste une question de règles ou de limites imposées par l'université. C'était une question de ce qu'il représentait pour elle : une présence constante dans ses pensées, un être dont le charisme avait déjà jeté une ombre sur ses désirs les plus enfouis. Et chaque seconde passée dans cette pièce, à éviter son regard, la faisait vaciller.

Elle chercha Camille, mais sa colocataire semblait s'amuser, entourée de nouveaux amis. Les deux jeunes femmes étaient comme des opposées, un contraste frappant entre la discipline de Léa et l'enthousiasme spontané de Camille. Léa s'était souvent demandé ce qu'elle était devenue, cette fille qui vivait avant la Sorbonne, celle qui n'avait aucune idée de ce que signifiait « sortir », « s'amuser » ou même « se laisser aller ». Camille représentait tout ce qu'elle n'était pas : libre, débridée, confiante. Pourtant, au fond, Léa se rendait compte que ce n'était peut-être pas la liberté qu'elle voulait. Ce qu'elle désirait vraiment, c'était cet équilibre, cette possibilité de concilier ses rêves, ses aspirations et son cœur... Mais ce n'était pas aussi simple.

Gabriel était une part de cette complexité. Un homme plus âgé, son professeur, et pourtant cette frontière ne semblait plus aussi nette depuis qu'il avait franchi cette ligne invisible qu'il s'était lui-même tracée. Ses paroles résonnaient encore dans son esprit, et elle savait que, même si elle ne le voulait pas, elle penserait à lui. Et cette pensée, comme une graine mal plantée, continuerait de pousser dans son esprit, de se développer à chaque instant où elle tenterait de l'ignorer.

Alors que la soirée avançait, Léa se retrouva une nouvelle fois face à lui. Cette fois, il n'était plus dans l'ombre. Il se tenait près du buffet, regardant autour de lui, mais d'un regard moins distrait, plus intensément fixé sur elle. Lorsqu'il croisa son regard, il ne détourna pas les yeux. Il la fixa, et la question qu'il n'avait pas formulée semblait écrite dans son regard : jusqu'où étaient-ils prêts à aller ?

Léa sentit un frisson la parcourir. Elle détourna rapidement les yeux, mais une partie d'elle, la plus secrète et la plus honnête, savait qu'il ne s'agissait pas seulement d'une question de règles ou de culpabilité. Cela allait bien au-delà.

Elle s'éloigna, prenant une profonde inspiration pour masquer la chaleur qui montait en elle. Mais dans l'arrière de son esprit, elle savait que cette soirée allait marquer un tournant. Peu importe ce qu'elle choisirait, il n'y avait plus de retour en arrière possible.

Dérives et confrontations

Le lendemain matin, Léa se leva avec une lourdeur étrange dans la poitrine. La lumière pâle du matin perçait à peine à travers les rideaux, comme si le soleil hésitait à pénétrer dans la pièce, trop conscient de l'atmosphère tendue qui régnait dans son esprit. Elle se sentait vide, comme une coquille, chaque pensée se repliant sur l'autre dans un tourbillon d'incertitudes. Ce qui s'était passé la veille n'était qu'un début, un premier acte dans une pièce dont elle n'avait aucune idée du dénouement.

Elle se leva mécaniquement, enfilant un pull trop grand qu'elle n'avait pas pris la peine de plier la veille. Camille était déjà partie à ses cours, comme d'habitude. Léa se retrouvait seule dans l'appartement, un silence pesant, qui semblait se resserrer autour d'elle comme une étreinte étouffante. Elle se rendit à la cuisine, les gestes automatiques, les pensées occupées par tout ce qu'elle aurait préféré oublier.

Mais il y avait Gabriel. Et rien ne pourrait l'effacer.

Léa savait qu'elle devait continuer à avancer, ne pas se laisser submerger. Elle avait choisi cette vie, cette voie exigeante à la Sorbonne, ce parcours solitaire qui avait pris tout son temps et toute son énergie. Mais ce qui l'effrayait, c'était cette irrésistible envie d'aller au-delà de ses propres frontières. Si elle laissait tomber, si elle se laissait emporter par ce désir qui la consumait, elle risquait de tout perdre. Et Camille. Et l'idée qu'elle se faisait de la réussite.

À peine sortie de l'appartement, elle retrouva Camille dans le hall, toute souriante et pleine de vie, comme si rien n'avait changé. La jeune femme n'avait pas l'air de remarquer l'agitation intérieure de Léa, ou elle préférait l'ignorer. Camille lui lança un regard complice.

« Alors, la soirée ? Ça a été ? »

Léa haussait les épaules, tentant de masquer l'émotion qui faisait vibrer sa voix. « C'était... bien. Tu sais, tout ça. Pas vraiment mon genre, mais bon, il faut bien s'adapter. »

Camille s'arrêta un instant, ses yeux se durcissant légèrement. « Ce n'est pas une question de 's'adapter', Léa. Tu as le droit de profiter. Regarde-moi, je fais ce que je veux. »

Léa n'ajouta rien. Camille ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas comprendre. Mais elle n'avait pas l'énergie de protester. Elle avait l'impression que chaque mot, chaque phrase qu'elle prononçait, risquait de trahir ce qu'elle ressentait, ce qu'elle voulait réellement. C'était plus qu'une simple amitié, plus qu'un simple désir interdit. C'était un abîme dans lequel elle se sentait déjà engloutie.

La journée passa lentement. Léa s'efforça de se concentrer pendant son cours de littérature, mais les mots de Gabriel, ses yeux, ne cessaient de l'obséder. Même lorsque le professeur était loin d'elle, son image persistait dans son esprit, se superposant à tout le reste, brouillant les frontières entre l'intellect et le désir. Chaque mouvement de Gabriel, chaque expression de son visage, chaque inflexion de sa voix semblait la hanter. Il était là, invisible mais bien présent dans sa vie.

Puis vint la fin du cours. Les étudiants se levèrent pour partir, mais Gabriel ne bougea pas tout de suite. Léa sentit son regard sur elle. Une sensation d'intensité palpable la traversa comme un frisson. Elle se leva, son sac jeté négligemment sur son épaule, et commença à s'éloigner. Mais au moment où elle passa près de son bureau, elle s'arrêta. Une fraction de seconde. Gabriel, les yeux fixés sur elle, sembla prendre une décision. Il se leva d'un coup, et son pas lourd résonna dans l'amphithéâtre silencieux.

Léa tourna la tête, ses yeux se verrouillant sur les siens, comme si leurs regards s'étaient soudainement connectés à un niveau plus profond.

« Léa, » dit-il d'une voix basse, presque inaudible, mais pleine de sens.

Elle prit une profonde inspiration, sentant son cœur battre plus fort. Elle savait qu'il y avait quelque chose qu'il voulait lui dire, mais elle n'était pas prête à l'entendre. Pas encore. Ses lèvres s'ouvrirent, mais elle n'arriva à rien dire, incapable de briser le silence qui s'était installé entre eux. Alors, sans un mot de plus, elle se détourna et partit précipitamment, son corps réagissant avant même que sa pensée ne puisse suivre.

Elle savait que, quoi qu'il se passe, tout serait différent maintenant.

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Adieu, mon amour perdu
8.2
Mariée à Pierre pour satisfaire une dernière volonté, j'espérais gagner son cœur malgré un divorce déjà planifié. Mais le retour de son ex-amante, Chloé, a tout brisé. Trahie par des images d'infidélité et humiliée alors que j'attendais notre enfant, j'ai tout perdu dans une chute orchestrée par ma rivale. Face à l'aveuglement de Pierre, mon amour s'est changé en glace. Après avoir rétabli la vérité, je rejette ses regrets tardifs pour embrasser ma liberté retrouvée.
Couverture du roman C'est un mafioso
8.4
Rebeca mène une existence idyllique aux côtés d'Elvis, son époux dévoué, et de leur petite fille. Bien que son mari subvienne largement aux besoins du foyer grâce à une situation financière confortable, le mystère plane sur la nature exacte de ses activités professionnelles. Rebeca préfère fermer les yeux et ne poser aucune question, suivant ainsi le conseil de sa grand-mère. Pourtant, cette tranquillité apparente repose sur des secrets qu'elle n'ose pas encore découvrir.
Couverture du roman Condescendant Tome 2 : Pour elle
8.1
Hardin, photographe marqué par l'amertume, n'a jamais pardonné à Gaby d'avoir fui Seattle sans un mot. Consumé par la rancœur, il attend l'heure de sa vengeance. De son côté, Gaby tente de se reconstruire auprès de sa fille Lily-Rose, hantée par une nuit tragique. Un imprévu la force à revenir en ville, où elle retrouve un Hardin impitoyable. Entre secrets dévoilés et haine tenace, leur passion passée pourra-t-elle survivre à la noirceur de leurs retrouvailles ?
Couverture du roman Covid et Corona - Une nouvelle aventure de Pedro
8.6
Connaissez-vous réellement le variant Delta ou la célèbre Hydroxychloroquine ? Pedro s'empare de ces termes médicaux et du jargon sanitaire pour les transformer radicalement. Entre confinements et taux d'incidence, notre héros mélange ces concepts à coups de kalachnikov dans un cocktail explosif d'action. Philippe Garenne signe ici une aventure délirante et décalée, où l'humour et la critique sociale s'invitent dans une quête moderne rythmée par les baffes et le chaos.
Couverture du roman Entre ses bras malgré nous
8.7
Alexander, PDG veuf et père d'une fillette, mène une vie austère jusqu'à sa rencontre fortuite avec Élise. Après une nuit passionnée qu'ils croyaient sans lendemain, le destin les réunit lorsqu'elle devient la nounou de sa fille. Entre non-dits et désir ardent, ils tentent de rester professionnels malgré une attirance indéniable. Face aux complots extérieurs et à leurs propres peurs, Alexander devra choisir entre protéger son cœur meurtri ou s'ouvrir enfin à l'amour.
Couverture du roman Ex-épouse, jamais remplaçante
8.6
Après trois ans d'un mariage forcé et invisible, Gwendolyn subit l'affront ultime : son mari, Maverick, murmure le nom d'une autre durant leur seule nuit d'intimité. Blessée par ce mépris, elle exige le divorce, révélant alors sa véritable nature. Loin de l'épouse soumise, elle cache une fortune immense et une identité secrète. Tandis qu'elle reprend son destin en main, Maverick réalise trop tard son erreur. Quelle sera sa réaction face à cette femme métamorphosée qu'il a tant dédaignée ?