
Mon ex pleure après mon mariage sacré
Chapitre 4
Très vite, le compte X de Juliette Primot, suivi par plusieurs millions de personnes, s'est hissé dans les tendances du jour.
« Une journée parfaite, c'est enfiler une robe sur mesure, tenir la main de l'homme qu'on aime, et écouter un concert de musique classique bien attendu. »
La photo qui accompagnait le tweet la montrait embrassant passionnément Gabriel Lemoine, les doigts entrelacés.
Rapidement, des comptes de buzz ont ressorti d'anciens tweets où j'avais déclaré ma flamme à Gabriel. Ils les ont comparés avec ceux de Juliette et ont organisé une humiliation publique à mon encontre.
Dans la vidéo la plus virale, Gabriel Lemoine a même mis un "like".
Cela a encore attisé la rage des internautes : l'expression « Clémence Girard se ridiculise toute seule » est devenue un mème, déclinée en autocollants et réactions.
Le visage fermé, j'ai immédiatement supprimé mon compte, puis envoyé une consigne claire au service de communication de l'entreprise.
En moins de dix minutes, tous les mots-clés associés avaient été effacés.
La veille de la cérémonie de fiançailles.
Je m'étais rendue à l'entreprise pour régler quelques affaires, mais j'ai été interceptée de force par les gardes du corps des Lemoine. Ils m'ont ramenée à leur villa familiale sans explication.
À peine entrée, je suis tombée sur Juliette, en larmes sur le canapé, le visage noyé de tristesse parfaitement calculée.
Gabriel, assis près d'elle, murmurait des mots tendres pour la consoler. Mais dès qu'il m'a vue, son regard est devenu glacial.
« Clémence Girard, tu es allée trop loin ! Elle a juste posté un tweet, et tu fais fermer tous ses comptes ? Tu sais très bien qu'elle vit de ses réseaux. Tu viens de détruire sa carrière ! »
Je ne comprenais pas.
« J'ai seulement demandé qu'on retire les sujets qui me concernent. Le reste… ce n'est pas moi. »
« Tu continues à mentir ? Qui d'autre que toi aurait le pouvoir de faire ça ? Tu es juste jalouse d'elle, voilà la vérité ! »
« Ce n'est pas moi… »
Gabriel a grincé des dents, prêt à répliquer, mais une voix cinglante a coupé court à notre échange. Elle descendait lentement l'escalier.
« À peine fiancée et déjà en opposition avec son futur mari… C'est comme ça qu'on élève les filles chez les Girard ? »
Madame Lemoine s'est installée avec arrogance en face de moi.
Quant à son mari, monsieur Lemoine, qui me saluait humblement il y a peu, il avait maintenant les jambes croisées, le menton haut.
« Clémence, même si on n'approuve pas ton comportement de princesse capricieuse, on a entendu dire que tu refuses d'épouser qui que ce soit d'autre que notre fils. Alors, soit. On accepte. »
« Mais à une condition : l'argent devra représenter plus de cinquante pour cent des actifs de la famille Girard. »
Un ricanement silencieux a traversé mon esprit. Je m'apprêtais à refuser.
Mais soudain, un garde du corps m'a frappée au genou. Sous la douleur, un cri m'a échappé, et je suis tombée à genoux.
Madame Lemoine a fait signe à une domestique d'apporter un plateau de thé.
« Puisque tu vas devenir ma belle-fille tôt ou tard, prendre un thé en avance, ce n'est pas exagéré, non ? »
« Mademoiselle Girard, vous devez avancer à genoux et offrir le thé à Madame. »
La domestique m'a tendu une tasse brûlante.
Dès que mes doigts ont touché la tasse, je l'ai lâchée par réflexe : elle s'est écrasée au sol.
« Clémence Girard, tu n'as même pas appris à respecter tes aînés ?! »
Gabriel a hurlé, furieux.
J'ai baissé la tête, massant mes doigts rougis par la brûlure.
Puis j'ai répondu calmement :
« Je ne servirai le thé qu'à mes beaux-parents. Et puisque tu ne veux pas m'épouser, ça tombe bien : je ne veux pas t'épouser non plus. »
J'ai posé les mains à terre pour me relever, mais deux gardes m'ont attrapée violemment par les bras, m'empêchant de bouger.
Je me suis débattue :
« Qu'est-ce que vous faites ?! Je suis la fille unique des Girard ! Vous osez me traiter ainsi ?! »
Le visage de Madame Lemoine s'était durci. Elle s'est avancée d'un pas sec et m'a giflée violemment.
Cette gifle… c'était exactement la même que celles reçues dans ma vie précédente. Comme si toutes les claques d'alors s'étaient abattues à nouveau sur moi. Je suis restée figée.
« Demain, c'est le jour de tes fiançailles, et voilà comment tu te comportes ! »
« Gabriel, regarde-la. C'est cette fille que tu comptes épouser ? Elle ne respecte pas ses aînés, elle ignore les traditions ! »
Gabriel a détourné le regard, sans une once de compassion.
« C'est elle qui a tout fait pour m'épouser. Sinon, celle que j'aurais voulu épouser… c'est Juliette. »
Juliette, une nouvelle fois, s'est remise à pleurer :
« Gabriel, j'ai toujours rêvé de t'épouser. Mais notre famille est si modeste… On ne peut pas se permettre de contrarier les Girard. »
Elle sanglotait à présent sans pouvoir s'arrêter. Et plus elle pleurait, plus Gabriel semblait touché.
Il s'est approché, froid, dominateur, me surplombant.
« Clémence Girard, tu ne t'es pas battue de toutes tes forces pour m'épouser ? »
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