
Mon Ex-fiancé, Mon Plus Grand Regret
Chapitre 3
Vue de Maëla :
Je me suis retournée pour partir, mais René m' a interpellée. « Maëla ! Où crois-tu aller ? »
« Loin de vous, » ai-je répondu, sans me retourner. Chaque pas que je faisais m'éloignait d'eux, mais aussi de ma patience.
J'ai senti son regard sur mon dos. C'était un homme possessif, même avec ce qu'il considérait comme son passé. Il ne supporterait pas que je lui tourne le dos.
Il a jeté un coup d'œil à Luisa, qui a haussé les épaules, un sourire suffisant sur le visage. Il s'est avancé et m'a rattrapée.
« Écoute, Maëla, » a-t-il dit, sa voix adoucie, mais l'arrogance transparaissait. « Je suis désolé pour Luisa. Elle est un peu… impulsive. Mais je suis toujours là si tu as besoin d'aide. D'ailleurs, nous organisons une petite fête privée après le gala, pour fêter un nouveau contrat important. J'y serai avec Luisa. Et… Monsieur Sullivan. »
Mon regard s'est posé sur lui, froid. « Et ? »
« Et tu pourrais venir, » a-t-il dit, un sourire qui se voulait charmant. « À une condition. Que tu présentes tes excuses à Luisa pour le scandale que tu as causé. Et que tu adoptes une tenue plus… appropriée. »
J'ai secoué la tête, un sourire amer aux lèvres. « Je n'ai aucune excuse à présenter, René. Et je ne compte pas adapter ma tenue pour qui que ce soit. »
Il a froncé les sourcils, la colère montant en lui. « Tu es incorrigible, Maëla ! Tu crois que tu peux te permettre d'être snob ? Tu n'es personne ! »
Il a pris une grande inspiration, puis a affiché un sourire forcé. « Quoi qu'il en soit, Luisa et moi serons à cette fête. J'espère que tu y réfléchiras. Ce serait une occasion de… revoir nos amis. » Il a jeté un regard oblique à Luisa, qui a souri, visiblement ravie.
J'ai jeté un dernier regard à René, puis à Luisa. « Vous avez tort sur toute la ligne, » ai-je dit, ma voix à peine un murmure. « Et vous ne réalisez pas à quel point. »
Je me suis éloignée, le cœur lourd mais l'esprit clair. Le tumulte du hall s'est estompé derrière moi. J'avais besoin de prendre l'air. De retrouver mon calme.
Une fois dehors, le vent frais m'a giflée. J'ai fermé les yeux un instant. Trois ans. Trois ans que j'avais fui Paris, le cœur en miettes. René m'avait quittée, non pas pour une autre femme, mais pour une position sociale. Pour Luisa, la fille de l'industriel. Il avait brisé nos promesses, nos rêves.
Je me souviens de ce jour, comme si c'était hier. Mon atelier d'art, plein de nos projets. Lui, entrant, son visage fermé.
« Maëla, c'est fini. »
Mes pinceaux tombant de mes mains. Mon monde s'effondrait.
« Pourquoi, René ? »
« Je ne peux pas t'offrir la vie que je veux. Je ne peux pas rester avec une artiste fauchée. J'ai d'autres ambitions. »
Et puis, les mots qui m'avaient achevée. « Luisa peut m'offrir l'avenir que tu ne pourras jamais m'offrir. »
J'avais pleuré des jours, des semaines. J'avais arrêté de peindre. J'avais cessé de vivre. Jusqu'à ce que ma tante, ma seule famille restante, me présente Frédérick Sullivan. Un homme froid, distant. Un mariage arrangé. Une échappatoire.
Je me suis mariée, le cœur vide. Je ne cherchais que la paix, la stabilité. J'ai appris à connaître Frédérick. Cet homme d'affaires redoutable s'est révélé être un époux attentif, protecteur, puis un amant passionné. Il a vu au-delà de mes blessures, au-delà de ma timidité. Il m'a aimée, d'un amour pur et inconditionnel.
Et puis, il y a eu Léo. Notre fils. Le miracle de ma vie. Trois ans de bonheur. Et maintenant, un autre enfant en route. Une nouvelle vie qui grandissait en moi, un secret que je portais avec amour.
Je n'étais pas revenue à Paris par hasard. Frédérick avait insisté pour que je l'accompagne à ce gala. Il tenait à ce que je sois à ses côtés, officiellement, maintenant que mon état le permettait. Il voulait présenter sa femme au monde. Il voulait que je retrouve mes racines, ma ville. Il ne savait pas que j'y croiserai René.
Je me suis redressée. La soirée ne faisait que commencer. Et le vrai spectacle allait bientôt commencer.
Je suis rentrée dans l'hôtel, le pas léger. L'agitation était palpable. Les invités commençaient à s'installer dans la salle de réception. Je me suis dirigée vers l'entrée, suivant les indications.
Dans la salle, René était déjà là, près de la table VIP, avec Luisa et leur petit groupe. Il m'a vue entrer. Son air suffisant s'est estompé, remplacé par une expression de surprise.
« Tu es venue, » a-t-il dit, un sourire forcé sur les lèvres. « Je n'y aurais pas cru. Tu as réfléchi, alors ? »
Je me suis avancée, mon regard fixant le sien. « Je suis venue. Mais pas pour les raisons que vous imaginez. »
Il a levé un sourcil, visiblement amusé. « Toujours aussi mystérieuse, Maëla. Mais tu sais, tu n'as pas l'air d'avoir beaucoup de choix. »
Je n'ai pas répondu. J'ai continué à marcher, le contournant. Il a essayé de me bloquer le passage.
« Où vas-tu ? » a-t-il demandé, sa voix dure.
« À ma place, » ai-je répondu, calme.
Il a ricané. « Ta place ? Mais tu n'es invitée à aucune table, Maëla. Tu es juste... une invité surprise. »
Je me suis arrêtée, et j'ai pointé du doigt la table la plus proche de la scène. La table principale. La table de l'invité d'honneur. La table réservée au "Groupe Sullivan".
Le visage de René s'est figé. Puis une moue dédaigneuse a remplacé sa surprise.
« Tu te fiches de moi, Maëla ? » a craché Luisa, ses yeux flamboyants. « Cette table est pour Monsieur Sullivan ! Tu n'as rien à faire là-bas ! »
Elle a fait un pas vers moi, son visage déformé par la rage. « Qui t'a donné la permission ? Tu penses que tu peux tromper tout le monde avec tes airs de sainte nitouche ? Tu n'es qu'une parvenue ! Une petite fille sans le sou qui essaie de se faire passer pour quelqu'un qu'elle n'est pas ! »
L'air s'est épaissi. Les murmures de la foule se sont intensifiés. Les regards étaient sur nous. Luisa était en train de faire un scandale.
« On te l'a déjà dit, » a-t-elle insisté, sa voix de plus en plus forte. « Dégage d'ici avant que je n'appelle la sécurité ! Tu n'es pas à ta place ! »
L'homme au costume serré s'est approché. « Maëla, c'est vrai, avec tout le respect que je te dois, quelle est ta relation avec le Groupe Sullivan ? »
René a ri, un rire sec et amer. « Aucune, bien sûr ! Elle essaie juste de se faire remarquer. Elle a toujours été une artiste excentrique, mais là, elle dépasse les bornes. »
Luisa a joint ses mains, comme si elle priait. « René, dis-lui de partir ! Elle ruine notre soirée ! Elle ruine... tout ! »
Vous aimerez aussi





