
Mon dernier jour de fiancée
Chapitre 2
« Roch, que fait-on maintenant ? Il y a tant d'invités ici ! » Lucille a cligné innocemment de ses grands yeux, comme si elle était un ange pur et sans tache, « C'est de ma faute ! Aline doit être en colère contre moi, c'est pour ça qu'elle n'est pas venue ! Désolée, Roch ! »
Voyant des larmes briller dans ses yeux, Roch a fait immédiatement disparaître sa colère. Il l'a prise tendrement dans ses bras, a caressé ses longs cheveux noirs et a dit : « C'est pas ta faute. C'est Aline qui n'est pas venue à la cérémonie, et qui traîne avec un autre homme. Tout ça, c'est de sa faute ! »
Lucille s'est blottie contre lui, en sanglotant, comme si elle avait reçu une injustice terrible.
« Allez, ne pleure plus ! Je sais que tu es triste pour moi, mais une femme aussi malveillante qu'Aline ne mérite même pas d'être ma femme ! »
Il a utilisé presque tous les mots les plus méprisants pour me décrire, tandis que Lucille, à ses yeux, resterait toujours la plus pure et la plus belle. Mais la cruauté cachée derrière son apparence gentille n'était connue que de moi.
Le jour de l'essayage de ma robe de mariée, Lucille avait obtenu de Roch la permission de m'accompagner après une démonstration grotesque de câlineries enfantines.
D'abord, je l'avais ignorée. Mais à chaque robe que je sélectionnais, elle intervenait avec des « Oh, celle-ci me plairait tant ! » feints. À la cinquième tentative, excédée, je l'avais interpellée : « Lucille, quel est ton jeu exactement ? »
Elle a esquissé un sourire sournois et m'a fixée droit dans les yeux, pleine de malveillance. Après un long moment de silence, elle a desserré enfin sa prise et a dit : « Aline, tu t'imagines vraiment que je vais te laisser convoler avec Roch aussi facilement ? »
Avant que je ne puisse réagir, elle s'était projetée avec une violence feinte contre le miroir sur pied qui avait explosé en une pluie d'éclats tranchants.
Lucille s'était mise à hurler en serrant son bras où coulait un filet de sang habilement tracé.
La vendeuse s'était approchée en courant et s'était évanouie presque à la vue de la « blessure » : « Mon Dieu ! Tout ce sang ! »
Je voulais aider Lucille à se relever, mais elle m'avait crié dessus : « Aline, tu voulais ma robe, et je t'ai permis de la prendre, pourquoi m'as-tu poussée ? »
La seconde suivante, une force m'avait fait tomber au sol, et je m'étais sentie désorientée.
Lorsque j'avais repris mes esprits, j'avais croisé le regard glacial de Roch.
« Roch, j'ai tellement mal ! Aide-moi ! »
« Ne t'inquiète pas, je t'emmène à l'hôpital tout de suite ! Tout va bien se passer ! »
Il l'avait serrée contre lui, la portant précipitamment, si bien qu'il avait marché sur ma main.
La douleur m'avait fait crier, mais mon fiancé ne m'avait même pas lancé un seul regard.
À cet instant, j'avais compris la différence évidente entre être aimé et ne pas l'être. Je devais aussi admettre que tout ce temps, je m'étais menti à moi-même.
Elle avait perdu son bébé et s'était cassé un bras, alors Roch avait décidé de me couper le bras et de m'enfermer dans un sous-sol sombre pour me torturer. Il se moquait bien de la vérité, tant qu'il pouvait venger Lucille, qui, à ses yeux, était une victime. Quant à moi, je n'étais rien pour lui.
« Alors… que va-t-il se passer pour le mariage ? Je ne… je ne veux pas qu'ils se moquent de toi ! » Lucille a regardé Roch avec ses yeux brillants de larmes, la voix étranglée.
« M. Martin, que diriez-vous si je… ? » Néo, qui était à côté, a tenté de s'exprimer, mais était interrompu par la sonnerie urgente d'un téléphone.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Quoi ?! » Le visage de Néo s'est décomposé en entendant la nouvelle.
Après avoir raccroché, il a parlé d'une voix tremblante : « M. Martin, on a retrouvé Mme Pasteur… Mais… »
« Mais quoi ? Si quelque chose ne va pas, dis-le vite, arrête de tergiverser ! Est-ce que Aline est vraiment morte ? » a répliqué Roche froidement.
Néo, tout tremblant, a murmuré : « Mme Pasteur… elle est morte, vraiment, on a retrouvé son corps... »
À ces mots, une lueur de doute est passée dans les yeux de Roch, mais elle a disparu aussi vite qu'elle était apparue, remplacée par un ricanement indifférent : « Elle joue à ce genre de farce ? Lucille l'a vue traîner avec ce maudit homme, et tu viens me dire qu'elle est morte ? Tu me prends pour un imbécile ? »
« Non ! M. Martin, je vous jure, elle est vraiment... » Néo tentait désespérément de prouver ses paroles, mais il parlait déjà dans le vide, car Roch s'était déjà dirigé vers l'autel de la cérémonie avec Lucille.
Vous aimerez aussi





