
Mon contrat avec l'Alpha
Chapitre 3
Chapitre 3
Les couloirs du manoir semblaient interminables, chaque pas d'Ellie résonnant contre les murs silencieux. Pas un bruit, pas une ombre familière. Une froideur palpable se dégageait des lieux, comme si l'air lui-même s'était figé dans une immobilité oppressante. Elle avait passé la journée à explorer les lieux, découvrant pièce après pièce un monde à l'image de Victor : rigide, austère, et complètement dépourvu de chaleur.
Elle posa sa main sur une rampe en bois sculpté, admirant le travail tout en ressentant un frisson désagréable. Ce n'était pas une maison. C'était une forteresse. Une prison, peut-être. Et elle en était le dernier ajout.
Le soir venu, un domestique discret la conduisit jusqu'à la salle à manger. Une longue table trônait au centre de la pièce, beaucoup trop grande pour deux personnes. Victor était déjà là, assis à une extrémité. Il ne leva pas les yeux lorsqu'elle entra, se contentant de lui indiquer une place à l'opposé. Elle s'installa sans un mot, les nerfs tendus.
Les plats furent servis, mais elle n'avait pas faim. Pas après la journée qu'elle avait eue. Pourtant, elle piqua distraitement dans son assiette, évitant de croiser son regard.
« Les règles de notre mariage doivent être claires, » lança-t-il brusquement, brisant le silence comme un coup de couteau.
Elle releva les yeux, surprise par la soudaineté de sa déclaration. Il continuait à manger, parfaitement impassible, comme s'il discutait de la météo.
« Nous sommes mariés sur le papier, mais c'est tout. Ne t'attends pas à autre chose. »
Elle sentit une colère sourde monter en elle, mais elle se força à rester calme. « Je n'ai jamais rien demandé, Victor. Si quelqu'un m'a imposé cette situation, c'est bien ta meute et ma famille. »
Son regard glacial se posa enfin sur elle, comme une lame qui s'enfonçait dans sa chair. « Tu es ici parce que je l'ai décidé. Et si tu veux rester en vie, tu suivras mes règles. »
Elle serra les poings sous la table, luttant contre l'envie de lui jeter une réplique acerbe. Mais elle savait qu'il n'attendait qu'une excuse pour lui rappeler à quel point elle était insignifiante.
« Quelles règles ? » demanda-t-elle finalement, sa voix tranchante.
Il posa sa fourchette, croisant les mains devant lui. « Tu resteras dans tes quartiers la plupart du temps. Les membres de la meute n'ont pas besoin de te voir plus que nécessaire. Tu ne poseras pas de questions sur mes affaires. Et surtout, » il s'arrêta un instant, ses yeux s'assombrissant, « tu ne t'approcheras pas de la partie ouest du manoir. »
Elle fronça les sourcils. « Pourquoi ? »
Son expression devint plus dure, comme si elle venait de franchir une ligne invisible. « Parce que c'est ma maison, Ellie. Et tu fais ce que je te dis. »
Les mots claquèrent dans l'air, laissant une tension électrique entre eux. Elle n'insista pas, mais elle sentit un frisson la parcourir. Il y avait quelque chose de plus profond, de plus sombre, derrière cette interdiction.
Le repas se poursuivit dans un silence pesant, chaque bouchée difficile à avaler. Elle avait l'impression de suffoquer sous son regard, bien qu'il ne la regardât presque jamais directement.
Après le dîner, elle retourna à ses quartiers, mais son esprit était en ébullition. La partie ouest du manoir. Pourquoi était-ce interdit ? Qu'y avait-il là-bas ?
Les murmures avaient commencé dès son arrivée. Des bribes de conversations qu'elle avait surprises dans les couloirs, des chuchotements qui s'arrêtaient brusquement lorsqu'elle passait. Un mot revenait sans cesse : « enchaîné. »
Elle se souvenait d'un échange particulier entre deux domestiques qu'elle avait croisés plus tôt dans la journée.
« Il est calme depuis un moment, mais ça ne durera pas, » avait dit l'un d'eux, visiblement nerveux.
« Tant qu'il reste enchaîné, tout ira bien, » avait répondu l'autre, avant de se figer en voyant Ellie approcher.
Elle avait feint de ne pas entendre, mais ces mots tournaient en boucle dans sa tête. Enchaîné. De qui ou de quoi parlaient-ils ?
Cette nuit-là, elle eut du mal à trouver le sommeil. L'obscurité de sa chambre semblait plus oppressante que jamais, chaque ombre prenant des formes inquiétantes. Elle se retourna plusieurs fois dans son lit, incapable de chasser l'inquiétude grandissante qui s'installait en elle.
Elle savait que quelque chose se cachait dans ce manoir. Quelque chose que Victor ne voulait pas qu'elle découvre. Et malgré sa peur, elle sentait une curiosité grandissante la pousser à en savoir plus.
Peut-être que demain, elle prendrait le risque d'enfreindre une règle. Après tout, qu'avait-elle à perdre ?
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