
Mon cadeau de mariage : Son exécution publique
Chapitre 3
Point de vue d'Élina Dubois :
Damien pensait que je dormais sur le canapé quand il est rentré des heures plus tard, sentant légèrement un parfum de femme qui n'était certainement pas le mien. Il m'a délicatement prise dans ses bras et m'a portée jusqu'à notre lit, ses mouvements exercés et tendres. L'hypocrisie pure de la situation me donnait la chair de poule. Il m'a bordée, a embrassé mon front et a murmuré : « Fais de beaux rêves, mon amour. »
Les rêves qui sont venus étaient tout sauf beaux. C'était un montage chaotique du visage souriant de mon père devenant cruel, des promesses de Damien se brisant comme du verre, et du rire de Chloé Lambert résonnant dans l'obscurité.
Je me suis réveillée en frissonnant, trempée d'une sueur froide. Damien dormait à côté de moi, un bras protecteur sur ma taille. Sa respiration était profonde et régulière. Il avait l'air paisible, innocent. Un monstre au repos.
Doucement, je me suis glissée hors de son étreinte et je suis allée à la cuisine pour un verre d'eau. Son téléphone était sur le comptoir où il l'avait laissé. C'était un acte stupide, impulsif, né d'un besoin désespéré de confirmation de ce que je savais déjà. Mes mains tremblaient en le prenant. Il n'était pas protégé par un mot de passe. Bien sûr que non. Il était arrogant à ce point.
Ses messages avec Chloé étaient tout en haut. J'ai fait défiler, mon cœur battant un rythme écœurant contre mes côtes. C'était pire que ce que j'aurais pu imaginer. Des photos explicites, des fantasmes crus, des plans pour leur prochain rendez-vous. Il avait été avec elle ce soir, dans un hôtel à quelques rues de là. Il m'avait laissée, blessée et soi-disant stressée, pour être avec elle.
Il y a eu un échange qui m'a coupé le souffle.
Chloé : Elle est vraiment si ennuyeuse au lit ?
Damien : Disons que c'est une peinture de maître. Magnifique à regarder, mais tu n'as pas vraiment envie d'y toucher. Toi, t'es un incendie, ma belle. Et j'adore me brûler.
Le téléphone a glissé de mes doigts et a heurté le carrelage. Une peinture de maître. Intouchable. La première fois que nous avions été ensemble, il avait été si patient, si respectueux. Il avait tracé les lignes de mon corps du bout des doigts et m'avait dit que j'étais un chef-d'œuvre. « Je passerai ma vie à te chérir, Élina », avait-il juré.
Un autre mensonge. Tout n'était que mensonge.
J'ai titubé contre le comptoir, mes jambes flageolant. La douleur dans ma poitrine était immense, un poids physique qui m'écrasait, rendant la respiration impossible. Il ne m'avait pas seulement trahie ; il avait profané chaque souvenir sacré que nous avions partagé. Il avait pris notre intimité et l'avait transformée en une blague pour sa maîtresse.
Qui était cet homme ? Le fiancé aimant qui me serrait dans ses bras quand je faisais des cauchemars ? Le génie de la tech loué par les magazines ? Ou l'étranger insensible qui se moquait de mes insécurités les plus profondes avec une autre femme ?
Je ne pouvais pas concilier les deux. L'homme que j'avais aimé pendant six ans était un fantôme, une illusion à laquelle j'avais désespérément voulu croire.
Le bruit du téléphone tombant sur le sol a dû le réveiller. Des pas se sont fait entendre dans le couloir. « Élina ? Tout va bien ? »
Je n'ai pas répondu. Je ne pouvais pas. Je me noyais dans un océan de sa tromperie.
Il est apparu dans l'embrasure de la porte, les cheveux en bataille, les yeux pleins d'inquiétude. Il a vu le téléphone par terre, puis a regardé mon visage. Il a pâli. Pour la première fois, j'ai vu une lueur de panique authentique dans ses yeux.
« Élina... » a-t-il commencé, faisant un pas vers moi.
« Non », ai-je murmuré, ma voix rauque. J'ai levé une main, un faible bouclier contre le torrent de mensonges que je savais imminent. « N'ose pas me toucher. »
Il s'est figé, son expression passant de la panique à un masque de contrition soigneusement construit. Il s'est agenouillé, non pas devant moi, mais pour ramasser son téléphone. Il protégeait ses secrets, pas ne suppliait mon pardon.
« Bébé, ce n'est pas ce que tu crois », a-t-il dit, sa voix basse et suppliante. « Elle ne représente rien pour moi. C'était une erreur stupide. J'étais stressé, le mariage, la pression... »
Il était déjà en train de tisser son récit, se peignant en victime. Je l'ai juste regardé, mon cœur une chose morte et lourde dans ma poitrine. Je ne ressentais rien d'autre qu'une froideur vaste et vide.
« Je suis tellement désolé », a-t-il poursuivi, faisant un autre pas vers moi. « Je vais mettre fin à tout ça. Tout de suite. Je ne lui parlerai plus jamais. S'il te plaît, Élina. Ne laisse pas ça nous détruire. Nous avons tellement de belles choses à vivre. »
Il a tendu la main vers moi, et j'ai reculé comme si son contact était du feu.
L'expression de douleur qui a traversé son visage était si convaincante que c'en était presque comique. Il pensait que quelques jolis mots et une mine triste pouvaient effacer ça. Il n'avait aucune idée de ce qu'il avait fait. Il n'avait pas seulement rompu une promesse. Il avait brisé les fondations mêmes de mon monde.
« Je vais dormir dans la chambre d'amis », ai-je dit, ma voix dénuée d'émotion. « J'ai besoin d'espace. »
J'ai tourné les talons et je suis partie, sans attendre sa réponse. Je sentais ses yeux sur mon dos, mais je n'ai pas regardé en arrière. J'ai fermé la porte de la chambre d'amis derrière moi et je me suis laissée glisser au sol, les sanglots silencieux se libérant enfin, secouant tout mon corps de leur force. Ce n'était pas seulement la fin d'une relation ; c'était la mort d'un rêve. Et j'étais complètement, totalement seule au milieu des décombres.
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