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Couverture du roman Mon boss

Mon boss

Un entretien de recrutement ordinaire bouleverse radicalement l'existence d'une jeune femme. Alors qu'elle est en proie au doute et au stress, s'interrogeant sur ses chances de réussite et sa capacité à convaincre, le destin place sur sa route un homme d'affaires aussi exaspérant qu'irritable. Face à ce nouveau patron au tempérament difficile, elle devra mener un combat intérieur constant. Parviendra-t-elle à ne pas succomber au charme de cet individu agaçant ?
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Chapitre 3

Camilla

Me voilà dans une Mercedes-Benz Classe, une voiture dans laquelle je ne m'étais jamais imaginé monter. J'ai été contrainte de monter à cause de mon patron. Je suis assise, la tête tournée vers la fenêtre, contemplant le paysage qui s'offre à moi.

Après trente minutes de route, le chauffeur de M. Williams rompt le silence.

- Mademoiselle, vous pouvez me dire où se situe votre quartier ?

- Ah oui, c'est le quartier à droite, mais laissez-moi là.

- C'est prudent ? demande mon patron.

- Oui, monsieur.

- D'accord. À demain, alors.

- À demain, M. Williams. Au revoir, monsieur, dis-je en m'adressant au chauffeur.

- Au revoir, mademoiselle.

Je descends de la voiture et marche tranquillement quand j'entends des cris. C'est Emma, la seule amie que je me suis faite ici.

- Non mais dis-moi que je rêve, Cami. C'est toi qui es descendue de cette caisse ? Ou est-ce que j'ai halluciné ?

- Bonsoir, Emma. Je vais bien et j'ai passé une très belle journée.

- Je me fous que tu aies passé une très belle journée, réponds-moi, dit Emma avec une touche d'amusement et de sérieux.

- Oui, c'était moi.

- Je veux tous les détails, dit-elle, surexcitée.

- Entrons, je vais te raconter, dis-je en libérant le passage pour la laisser entrer dans le salon.

À peine ai-je fermé la porte qu'Emma me bombarde de questions.

- Tu as été embauchée ?

- Oui.

- Félicitations.

- Merci.

- Ton patron est jeune ou vieux ? Il est brun, blond ou roux ? Il s'appelle comment ? Je le connais ? Il est connu ? Grand ou petit ?

- Emma, doucement. Mon patron est jeune, il est brun. Oui, tu le connais, tu me parles tout le temps de lui. Il est connu dans le monde entier et c'est...

- AARON WILLIAMS !!! me coupe-t-elle.

- Tu as répondu à ta question.

- Putain ! Dis-moi, il est gentil ?

- Gentil ? Il est désagréable, mais bon, il ne faut pas juger les gens à première vue.

- Et c'est lui qui est venu te déposer ?

- Oui.

- Il était dans la voiture ?

- Évidemment, Emi.

- Et je peux savoir comment tu as atterri dans sa voiture ?

- Il a failli me renverser.

- J'y crois pas ! Et dis-moi, tu as rencontré sa petite sœur ?

On ne me demande même pas si je vais bien...

- Parce qu'il a une petite sœur ?

- Oui, c'est la DRH.

- Ah oui, elle a eu un empêchement aujourd'hui et elle n'a pas pu venir.

- Donc qui t'a prise pour ton entretien ?

- C'est Aaron Williams.

- Si tu savais son âge, tu n'y croiras pas.

- Il a quel âge ?

- Il a vingt-cinq ans. Enfin, il va avoir vingt-cinq ans samedi prochain.

- Vingt-cinq ans ?! Attends, tu es en train de me dire qu'il a vingt-quatre ans actuellement ?

- Oui, nous avons le même âge que lui.

J'ai le même âge que mon patron, c'est un peu débile, non ?

- Vingt-cinq ans et milliardaire ? m'écriai-je.

- Oui, c'est incroyable, n'est-ce pas ?

- Oui.

- Tu sais, ce mec est l'un des hommes les plus froids et arrogants qui existent sur cette terre.

- Ah bon ?

- Oui.

- Et comment le sais-tu ?

- C'est le magazine People qui le dit, dit-elle en me tendant le magazine.

C'est donc ça qu'elle avait en main.

- Demain, je le lirai.

- Ok, je t'ai pris assez de temps. Va te coucher, la journée de demain sera longue avec le beau gosse Aaron Williams.

Je lève les yeux au ciel en soupirant.

- À demain, Emma.

- Oui, tu me diras comment ça s'est passé.

- Pas de problème.

Je vais prendre une douche et me coucher, mais le sommeil ne vient pas de sitôt. Les mots d'Emma sont encore dans ma tête.

« Ce mec est l'un des hommes les plus froids et arrogants qui existent sur cette terre. »

Putain...

---

Aaron

Ça va maintenant faire une semaine que Camilla travaille pour moi. Je me dois de l'avouer, même si ça me surprend : elle fait du très bon boulot. Je vois bien que tout le travail que je lui donne l'agace, mais moi, ça m'amuse.

Je cherche un moyen de l'agacer encore plus. Mais oui, je vais insister sur ses horaires d'arrivée au travail. Je vais lui donner des heures très tôt, et si elle vient en retard, je vais le lui faire payer. Par exemple, je vais lui donner 7 h 45. Si elle vient à 7 h 46 ou à 7 h 44, elle aura affaire à moi. Oui, je sais, je suis sadique parfois, mais je suis le boss après tout, et je vais profiter de ce titre, voire exagérer avec ce titre.

Mon téléphone fixe se met à sonner. Sûrement la fille qui me sert de secrétaire.

- Oui, dis-je froidement à l'appareil.

- M. Williams, c'est Mademoiselle Ma...

- Oui, je sais. Qu'est-ce qu'il y a ?

- M. Adams veut vous voir. Je le fais entrer ?

- Évidemment. Regardez sur votre liste. Il est dans mes prioritaires. La prochaine fois, avant de me poser une question aussi idiote, consultez vos dossiers.

- Désolée, monsieur. Je le fais entrer.

Je raccroche et je ne peux m'empêcher de sourire en mettant ma main derrière ma nuque et en m'appuyant sur mon fauteuil.

Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvre et Austin fait son apparition.

- Au sourire qui trône sur ton visage, j'imagine toutes les méchancetés que tu lui as dites au téléphone, dit-il en s'asseyant dans l'un de mes canapés.

- Tu exagères là, dis-je en allant le rejoindre.

- Arrête de mentir, mec. Si tu voyais son visage se décomposer à chaque parole que tu prononçais...

- Tu veux boire quelque chose ?

- Ça va. Mais ça m'étonne qu'elle soit encore là.

- Ne t'inquiète pas, j'ai ma petite idée en tête pour ça.

- Tu es vraiment mauvais, dit Austin avec un sourire.

- Merci pour ton compliment.

---

Camilla

Non mais ?! Il se prend pour les fesses du pape ? J'y crois pas. Il m'a dit que ma question était idiote ? Il est vraiment... argh ! Il n'y a pas de mot pour décrire le sentiment que je ressens en ce moment. J'ai une envie de meurtre parce que je sens que je vais finir par le tuer un de ces quatre s'il n'arrête pas son arrogance. Il a vraiment eu de la chance que son ami soit là, sinon un juron m'aurait échappé. Il est vraiment culotté, ce gars. Et à mon plus grand désespoir, je dois aller déposer un putain de dossier pour qu'il le signe et ensuite l'envoyer au service des ressources humaines.

Je me lève, hésitante, de mon fauteuil et prends le dossier qui va me coûter cher.

Je marche jusqu'au bureau du GRAND ROI et croise Marisela.

- Où vas-tu si énervée comme ça ? demande cette dernière avec amusement.

Ça se voit tant que ça ?

- Je vais donner ce dossier à M. Williams.

- Ah, bonne chance.

- J'en ai besoin.

Arrivée devant la porte du boss, je prends une bonne inspiration et toque à la porte.

Aucune réponse.

Je toque une nouvelle fois.

Aucune.

J'entre dans le bureau et très vite, je le regrette.

- Qui vous a dit d'entrer ?! dit Aaron Williams, énervé.

Il se fout de ma gueule ?!

- Je... j'ai toqué et personne n'a répondu, et...

- Et donc vous êtes entrée.

- Je... je me suis dit que vous n'étiez pas là, donc j'allais laisser le dossier sur la table et m'en aller.

- Mais bon sang, mademoiselle Maley, vous croyez que je ne vous aurais pas prévenue ?

- Désolée, monsieur.

La deuxième fois que je m'excuse en deux minutes, un vrai record.

- Montrez-moi ce dossier et après vous vous en irez.

Tiens, son ami est toujours là ? Je lui montre le dossier et il commence à lire.

- Et qu'est-ce que je suis censée faire ?

Tu es aveugle ou quoi ?

- Vous devez le signer.

- Apportez-moi mon stylo sur mon bureau.

Pas même un « s'il vous plaît » ? Non, parce que monsieur est allergique et je ne suis pas sa boniche. Nous avons le même âge, pour le moment.

- Qu'est-ce que vous attendez ?

C'est là que je me rends compte que je suis toujours plantée là. Si ça ne tenait qu'à moi, je resterais, mais à cause de son ami, je vais lui donner son fichu stylo. Il a des pieds, il peut aller les chercher lui-même s'il est trop fâché.

- Tenez.

- Et maintenant, sortez.

Oh oui, je le ferai sans hésiter.

- Très bien, monsieur.

Je sors et je râle.

- Argh, il m'énerve, dis-je en me fichant que je sois devant sa porte.

- Qu'est-ce qu'il a encore fait ? dit Kathy avec un sourire.

- Je sens que je vais commettre un meurtre. Oui, là, c'est sûr, dis-je, ce qui déclenche le rire de Kathy.

- Allons dans ton bureau avant que tu ne mettes ton idée à exécution, dit Kathy en passant son bras autour de mon épaule.

Ça va arriver, oui, je le sens...

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