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Couverture du roman Mon boss

Mon boss

Un entretien de recrutement ordinaire bouleverse radicalement l'existence d'une jeune femme. Alors qu'elle est en proie au doute et au stress, s'interrogeant sur ses chances de réussite et sa capacité à convaincre, le destin place sur sa route un homme d'affaires aussi exaspérant qu'irritable. Face à ce nouveau patron au tempérament difficile, elle devra mener un combat intérieur constant. Parviendra-t-elle à ne pas succomber au charme de cet individu agaçant ?
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Chapitre 1

Aaron

— Vous êtes incompétente, donc vous n’avez rien à faire ici, dis-je à mon ex-secrétaire.

— Monsieur Williams, je vous en supplie… supplia Ximena en pleurs.

— Allez dans une autre entreprise. Ce n’est pas la seule dans ce pays. Écoutez, vous me faites perdre mon temps.

— Je vous déteste, Aaron Williams. Vous pouvez aller au diable, dit Ximena juste avant de sortir en claquant la porte.

La septième secrétaire que je vire en moins de deux mois. Elles sont toutes les mêmes, ma parole. Parfois, je me demande où elles suivent leur formation.

Catherina apparaît à l’embouchure de la porte, furieuse. Elle ferme la porte et commence à raconter je ne sais quoi.

— Aaron, là, tu exagères. Mais qu’est-ce que tu as derrière la tête, bordel ? Bon sang, es-tu sans cœur à ce point ? Tu crois que c’est facile de trouver un travail dans cette ville ?

— Ximena est allée te chercher pour que tu viennes me faire la morale ?

— Non, Ximena ne m’a pas appelée, mais contrairement à toi, voir les gens pleurer, ça me fait de la peine. Elle est juste venue me voir pour déposer sa clé.

— Au lieu de rester là à raconter des balivernes, contacte le directeur du site au nom bizarre pour qu’il publie une annonce. Je veux une nouvelle secrétaire, et un entretien demain à 16 h 50.

— Cette fois-ci, c’est toi qui le contacteras, parce que j’en ai marre de le contacter à chaque fois pour le rappeler moins de deux mois après.

— Catherina, je me bats les couilles que tu sois heureuse ou fatiguée, tu m’entends ? Je suis le PCA de l’entreprise, donc tu exécutes sans broncher.

— Et si je ne le fais pas ?

— Je te renvoie, à ton tour.

— Ah bon ? Mais fais-le, vas-y, qu’est-ce que tu attends ?

— C’est parce que papa et maman seront sur mon dos, sinon il y a longtemps que je t’aurais dégagée d’ici.

— Comme tu ne le peux pas, je ne contacterai pas le directeur.

— Tu ne le fais pas et je dis à Austin que…

— C’est bon, pas la peine de me menacer. Je le contacterai.

— Voilà, maintenant tu es raisonnable. Maintenant, sors.

Elle me lance un regard noir avant de tourner les talons.

— Ah oui, j’ai oublié quelque chose.

— Quoi encore ?

— Demain, tu feras l’entretien avec elles.

— Pourquoi moi ? C’est toi le patron.

— Parce que j’ai décidé que ce serait toi. Et maintenant, sors, tes questions me donnent mal à la tête.

Elle soupire avant de partir.

Qu’est-ce que ça fait du bien d’avoir le pouvoir…

---

Camilla

Je vérifie une dernière fois mes affaires et sors de mon appartement. Je regarde la carte sur mon téléphone et me rends à l’arrêt de bus. Je suis encore nouvelle dans cette ville, et c’est justement pour ça que je cherche un travail : pour subvenir à mes besoins, payer mon appartement. J’espère que mon futur employeur comprendra cela.

Quelques minutes plus tard, le bus arrive. Je paie et vais m’asseoir près de la fenêtre. J’espère que je ne suis pas en retard.

---

Je regarde le gratte-ciel devant moi et suis éblouie, mais j’abandonne l’idée de contempler toute cette tour, au risque d’avoir un torticolis. Tiens, des groupes de femmes sont en train de discuter en sortant de l’entreprise. Elles sont énervées.

— Aaron Williams est un véritable salaud, dit l’une d’elles.

— Ça, je confirme, il est sans cœur. Je plains celle qui sera embauchée.

— Si jamais il y en a une qui est embauchée…

— Il m’a dit que je n’étais pas qualifiée pour ce poste de secrétaire.

— Il n’a pas été méchant avec toi. Moi, il m’a dit que j’étais trop laide pour être sa secrétaire. Et il ne s’est pas gêné pour me le dire.

Je me fige net. Comment ça, Aaron Williams ? Dans l’annonce, ils avaient dit que ce serait Catherina Williams qui ferait l’embauche. La peur m’envahit de tous les sens, mais je reprends mes esprits. Je ne dois pas me laisser abattre par ce que ces femmes ont dit.

— Bonjour, dis-je à la secrétaire avec un sourire.

— Bonjour, mademoiselle. Que puis-je faire pour vous ? dit la secrétaire en me rendant mon sourire.

— Je suis là pour l’entretien d’embauche pour le poste de secrétaire.

— Votre nom ?

— Camilla Maley.

— Un instant, s’il vous plaît.

— Pas de problème.

Elle regarde sur son ordinateur, et j’en profite pour observer son bureau. C’est super classe. J’espère que j’aurai un bureau comme celui-ci…

Si je suis embauchée, bien sûr.

— Je vous ai trouvée, mais il y a un problème.

Oh…

— Lequel ?

— C’est la DRH qui devait faire votre entretien, mais elle a eu un problème et ne pourra pas venir. C’est donc le PCA qui vous recevra.

P… Pa… Par… Pardon ?! Le quoi ?

— Mademoiselle, tout va bien ?

— Oui… oui, désolée. D’accord, ce n’est pas un problème.

Il ne faut pas lui montrer mon angoisse.

— Veuillez me suivre, s’il vous plaît.

— D’accord.

Nous marchons jusqu’à l’ascenseur. La secrétaire appuie sur un des boutons, nous entrons et les portes se ferment.

— Oh, désolée, je ne me suis pas présentée : Fabiola Carter.

— Enchanté.

— Écoute, tu ne dois pas écouter ce que les autres disent. C’est vrai que Monsieur Williams est méchant parfois, mais c’est un bon homme dans le fond. Alors tu n’as pas à t’en faire.

— Merci pour les conseils.

Les portes s’ouvrent dans un grand fracas et nous sortons en trombe. Pourquoi y a-t-il du mouvement en bas alors qu’ici, c’est calme ? C’est comme si Fabiola avait lu dans mes pensées, puisqu’elle répond :

— C’est dans ce bâtiment que se trouvent les bureaux de la DRH, son secrétariat, le secrétariat du PCA, ainsi que lui-même.

— Ah, d’accord. Mais ce silence est pesant.

— C’est à cause du patron.

Il doit être très exigeant.

— Nous sommes arrivées. Bonne chance ! dit-elle avec un sourire.

— Merci.

Elle se retourne et je toque à la porte, toute tremblante.

— Entrez, entendis-je d’une voix grave et masculine.

Je souffle un bon coup et ouvre la porte. Mon regard se porte immédiatement sur l’homme en face de moi, en train de signer des documents.

Aaron Williams…

Il lève la tête et je crus rêver face à tant de beauté. Emma avait raison à son sujet.

Allez, tu ne vas pas fantasmer sur lui, quand même.

— Bonsoir, monsieur.

— Oui, bonsoir. Qui êtes-vous ?

— Je m’appelle Camilla Ma…

— Je ne vous ai pas demandé votre nom, que je sache.

Pas très agréable…

— Je suis là pour l’entretien d’embauche.

— C’est simple. Asseyez-vous.

---

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