
Méli Melo
Chapitre 2
Méli Mélo de Maux
Tome 1
Chapitre 1
« On ne peut pas forcer à aimer ; et c’est là précisément l’amour »
Kamila
Les lueurs de l’aube m’ont trouvée allongée dans mon lit, le regard perdu dans le vide. Je n’ai pas pu fermer l’œil de toute la nuit.
Plusieurs sentiments, me secouant et bousculant de partout ont créé un remue-ménage sans fin dans mon esprit.
Je ne fais qu’entendre en boucle les menaces que maman a proférées à mon encontre.
Et je me demande là où j’ai failli ! Pourquoi m’ont-ils forcée à me marier à cet homme alors que je leur avais dit que j’en aimais un autre. Pourquoi n’ont-ils pas pris en compte mes sentiments comme le feraient des parents aimants ?
Je me suis levée paresseusement du lit pour me rendre au toilette, afin d’effectuer mes ablutions.
Je venais à peine de terminer mes zikr, quand mon téléphone a émis un appel entrant et devinez de qui il s’agit ? Eh bien ce n’est personne d’autre que maman.
Elle ignore que mon époux et moi ne dormons pas dans la même chambre.
- Allô ?
- Alors ? C’est fait ou pas ?
- Pourquoi me fais-tu autant souffrir ? Ne suis-je pas ta fille ? Pourquoi me contraindre à vivre ce mariage alors que tu sais pertinemment que je n’aime que Rayan ?
- Ce fils de prolétaire ? Cette fripouille ? Kamila, tu te fous de moi, c’est ça ? Dois-je comprendre par-là que tu n’as pas pris mes menaces au sérieux ?
- Sauf le respect que je te dois, je ne me donnerai jamais à Ali !
Je sais que c’est impoli de ma part, mais je l’ai raccrochée au nez ! J’ai la tête qui cogne tellement fort, que j’ai l’impression qu’elle va se décrocher d’une minute à l’autre.
Comme je m’y attendais, elle a immédiatement rappelé. Mais j’ai laissé sonner jusqu’à ce que je me décide à éteindre le téléphone.
Si je ne dors pas, ma tête explosera ! Mais comment trouver un sommeil paisible face à toute cette pression et cette multitude de questions qui germent dans mon esprit ?
*****
Ce sont les tambourinements sur la porte qui m’ont tirée brusquement de mon réveil. Avant même que je ne comprenne ce qui se passait, j’ai entendu la voix de maman s’élever de l’autre côté de la porte
- Si tu n’ouvres pas cette porte je te tuerai de mes propres mains Kamila ! Ouvre !
J’entendais Ali qui tentait de la résonner, en vain. Sachant que je n’avais pas d’échappatoire, j’ai été contrainte de me lever pour lui ouvrir.
C’est donc en vrac qu’elle est entrée dans la chambre, le visage déformé par la colère.
- J’ai dit à ton mari et je te le redis, que tu te donneras à lui de gré ou de force ; s’il le faut, on t’attachera pour que cela arrive. Mais je refuse que tu te foutes encore de ma gueule, m’as-tu comprise ?
- Ok ! répondis-je simplement.
Je vois bien qu’elle est déroutée par ma réponse. Elle s’attendait sans doute à ce que je riposte, mais je ne le ferai pas.
- Kamila ?
- Je t’ai dit que je le ferai, donc je le ferai.
- Si jamais… commença-t-elle.
- Je n’ai qu’une parole.
Cela semble l’attendrir apparemment.
- Tu sais que je t’aime plus que ma propre vie, n’est-ce pas ? Je ne veux que ton bonheur, laisse ton mari te rendre heureuse. Celui qui suit les conseils de ses parents ne le regrettera jamais, termina-t-elle d’une voix plus douce cette fois-ci.
Ali est en train de suivre toute la scène sur l’embrasure de la porte.
- Tu as raison.
- Donc je peux m’en aller et espérer ton appel ?
- Oui maman !
Elle m’a serré fortement dans ses bras avant de s’excuser et sortir par la suite.
Ali
Ai-je bien entendu ou bien mes oreilles me jouent des tours ?
- Je suis désolée pour tout ce carnage causé à ton encontre, s’excusa ma belle-mère.
- Heu... Non maman ne vous inquiétez pas !
Je n’arrive toujours pas à en croire mes oreilles.
Quand sa mère est partie, elle a posé un regard que je ne saurai décrire, encore moins déchiffré, sur moi.
- Tu es content ? s’exclama-t-elle.
- Pardon ?
- Quel genre de merde es-tu ? Te marier à une fille qui ne t’aime pas, aller se plaindre chez ses parents parce qu’elle refuse de se donner à toi et le plus ridicule, jouer à la victime ! N’as-tu donc pas de dignité ?
- Je préfère ne pas te répondre.
J’étais en train de me diriger vers ma chambre, lorsque j’entendis derrière moi :
- Tu es le pire con que l’humanité porte en son sein. À ta place j’aurai honte de me regarder dans un miroir.
J’ai préféré faire fi de ses dires et continuer mon chemin. Une fois après m’être déshabillé, je suis rentré sous la douche.
Quand je suis sorti de là, je l’ai trouvé assise dans le lit. Et pour une surprise, c’en est une ! C’est bien la première fois qu’elle pénètre dans cette pièce. Vous y croyez-vous ?
Je suis peut-être con d’avoir accepté de l’épouser, mais je ne la forcerai jamais à se donner à moi en sachant qu’elle ne m’aime pas.
Je compte laisser le temps faire les choses et je mettrai tout en œuvre afin qu’elle puisse m’aimer.
C’est papa qui a insisté pour que j’aille le dire à ses parents. Je n’aurai jamais pu de mon plein gré porter une chose aussi intime devant eux. Oui je sais que j’avais le choix, mais papa ne m’en laisse généralement pas !
On s’est échangé un regard qui m’a donné des frissons. C’est fou à quel point je la trouve belle malgré son côté rebelle. Je fais pitié n’est-ce pas ?
- Tu n’as toujours pas terminé de déverser ta langue de vipère sur moi ? Lui demandai-je sur un ton ironique.
- Ecoute, je suis désolée de m’être laissée emporter. Si je suis ici, c’est pour te proposer un deal qui nous sera bénéfique.
Elle ne s’occupe ni de ma nourriture, ni de mes habits et encore moins de la maison. Elle est tout le temps dans la chambre ou hors de la maison.
Vous vous demandez sans doute pourquoi je la laisse faire ? Même moi-même je ne saurai y répondre.
- Pardon ?
- Je ne t’aime pas et je ne t’aimerai sans doute jamais, mais je suis prête à coucher avec toi tout simplement pour ne plus avoir mes parents sur le dos.
Ces mots me touchent énormément malgré le visage impassible que j’affiche.
- Ma patience vient d’atteindre sa limite, tonnai-je en la pointant du doigt. Le premier jour où tu es entrée dans cette maison, tu m’as clairement fait comprendre qu’on vivrait comme des colocataires et je me suis dit qu’il était préférable pour moi de te laisser le temps de digérer ce changement soudain. Tu penses qu’un homme acceptera de vivre sous le même toit que sa femme sans que celle-ci ne s’acquitte de ses devoirs conjugaux ? Et là tu viens me proposer sans ciller un deal ? Tu me prends pour qui au juste ? Sors de cette chambre et sur le champ !
- Cette patience aurait dû être atteinte le jour où tu as su que j’étais contre ce mariage. Mais comme monsieur n’a pas tenu cas de mes sentiments, je ne compte pas être la seule à souffrir de cette situation.
- Que veux-tu Kamila ?
Elle risque de me rendre fou !
- J’accepte de coucher avec toi, on mène la vie de couple que les parents veulent, mais tu me laisses faire ma vie et toi la tienne.
- Ce qui implique ?
- je ne vais pas te faire un dessin non plus. Sors, voyage, drague, fais ta vie mais fiche moi la paix et laisse-moi faire la mienne. Et au bout de quelques mois, on se sépare !
Ma foi, a-t-elle toute sa tête ?
- Tu me demande de te laisser sortir et coucher avec n’importe qui ?
- Non, plutôt de me laisser vivre mon idylle avec l’homme que mon cœur a choisi !
Alors là, je ne sais pas quoi dire.
- Bien ! Me contentai-je simplement de lâcher.
- Tu es d’accord ? Je veux dire, tu acceptes ?
- J’accepte !
Elle a, à la limite, sautée sur moi pour me faire une étreinte.
La proximité de son corps sur le mien m’a fait tressaillir et je crois qu’elle l’a remarqué vu comment elle s’en est vite écartée.
- Merci pour tout, me dit-elle avant de sortir à la hâte de la chambre !
Ali, Ali, Ali mais que diable viens-tu de faire ?
*****
- Donc si je récapitule tout, tu acceptes que la femme que tu as dotée devant Dieu et devant les hommes mène une vie de pute ? Et là je pèse mes mots ? Interrogea Razack.
Razack est mon meilleur ami et je viens de lui raconter ma conversation de ce matin. Nous sommes présentement dans mon bureau.
- Pute serait trop dire !
- Est-ce que tout va bien dans ta tête ?
- Elle ne m’aime pas et c’est elle qui l’a proposé.
- Libère la dans ce cas.
Il s’est levé pour faire des vas et viens dans tout le bureau. Et le voir dans cet état me donne à la limite le tournis
- Mon père m’en voudra à vie si je le faisais, continuai-je. Et tu sais très bien qu’il me déshéritera sur le champ. Sauvez les apparences nous arrangent tous les deux.
- Et tu penses que si cette situation s’ébruite cela ne sera pas plus catastrophique ?
- J’ai envie de lui faire la cour, je veux faire en sorte qu’elle tombe amoureuse de moi mais pour cela, je dois lui donner du temps.
- Et si elle couche avec cet homme entre temps ? Que feras-tu ?
- Elle ne le fera pas parce que si je reste convaincu d’une chose, c’est qu’elle a la crainte de Dieu. Pour moi, elle n’ira pas au bout de ses dires. Et moi j’ai le champ libre pour m’envoyer en l’air avec qui je veux.
J’ai l’impression de tourner un film tellement je n’en reviens pas, dis-je euphorique.
- Et si moi je reste convaincu d’une chose, c’est que tu es en train de te jeter dans une fosse aux lions. Une femme amoureuse est capable de tout. Crois-en mon expérience.
Je tiens à mon héritage, elle tient à son copain ! Ce serait con de ne pas saisir la perche qu’elle me tend. On verra bien jusqu’où cette histoire nous mènera……….
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