
Mariée au Roi de la Mafia
Chapitre 6
Félix s’est avancé à grands pas, les yeux remplis de colère, comme si tout ce qui se passait était de ma faute.
« Elle le mérite ! Ce camping-car, c’est moi qui l’ai monté de mes propres mains ! Et maintenant, c’est elle qui en profite ?! »
En entendant mes paroles, Félix a perdu complètement le contrôle et m’a giflé en plein visage.
Un silence glaçant régnait.
Ressentant une douleur brûlante sur le visage, j’ai dû m’efforcer à retenir mes larmes.
Je l’ai fixé, une main sur la joue, à la fois choquée et anéantie.
D’une voix tremblante, j’ai murmuré :
« Félix… tu m’as frappée à cause d’elle ? Ce véhicule, c’est moi qui l’ai conçu et monté ! Qu’est-ce qu’elle a fait, elle ? Rien ! Elle ne fait qu’utiliser la compassion des autres pour tout s’approprier sans aucun scrupule ! »
Félix est resté figé, comme s’il ne s’était jamais attendu à m’entendre parler ainsi :
« Sylvie, qu’est-ce que tu es devenue ? Où est la Sylvie gentille que je connaissais ? »
« Tu as tout : l’argent, le statut, la liberté… Tu pourrais être un peu plus indulgente, non ? »
Puis il a pris Liliane dans ses bras, qui était pâle comme un linge.
« Regarde ce que tu as fait ! À cause de toi, son état vient d’empirer. Elle veut juste réaliser un rêve avant de mourir, c’est trop demander ? »
Mes doigts tremblaient de rage.
J’ai éclaté de rire, froidement, en plantant mon regard dans le sien :
« Oui, c’est trop demander. »
« Félix, tu sais très bien ce que j’ai sacrifié pour construire ce camping-car. J’ai passé des nuits blanches à dessiner les plans, à assembler les pièces. Mes mains ont été couvertes de cambouis. Et j’ai ajusté chaque vis, chaque pièce du moteur, du châssis… Cette voiture, c’est mon œuvre, c’est comme mon enfant ! »
« Et maintenant, tu me dis que je dois la lui donner ? »
« Si elle veut réaliser un rêve, elle doit se sacrifier ! Pourquoi devrait-elle voler celui de quelqu’un d’autre ?! »
Je pourrais abandonner facilement un homme.
Mais jamais je ne laisserai Liliane s’approprier le fruit de ma passion.
Félix m’a regardée, les yeux pleins d’émotions, comme s’il ne reconnaissait plus la femme en face de lui.
Finalement, il a lancé froidement :
« Tu as changé. »
Puis il est parti, Liliane dans les bras, sans se retourner.
Et moi… j’étais tellement en colère que j’en ai fait une crise cardiaque.
Je me suis effondrée au sol, le cœur douloureux, et a murmuré d’une voix désespérée :
« Félix… sauve-moi… »
Mais il ne s’est jamais retourné.
Quand j’ai rouvert les yeux, j’étais à l’hôpital.
Un homme me tenait dans ses bras, et dans cette étreinte, j’ai senti un peu de chaleur revenir.
« Sylvie, je t’emmène à la maison. Notre maison. »
C’était Nolan.
Je me suis laissé aller dans ses bras, les paupières closes, en répondant doucement :
« D’accord. »
Ce jour-là, j’ai compris qu’il était possible que tout espoir s’effondre en un seul instant.
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