
Marie, le combat du cœur
Chapitre 3
Chapitre 3
Samedi 22 août 1936
Les cloches de l’église d’Arudy, petit village des Basses-Pyrénées, sonnent à la volée.
François, majestueux dans son costume de Garde Républicain, attend au pied de l’autel celle qui aujourd’hui va devenir sa femme : Marie !
Tout le village est présent pour voir l’enfant du pays épouser cette belle « étrangère ». Seule, au fond de l’église, une jeune fille se morfond. Elle l’aurait bien épousé, elle aussi, son François. Pourquoi a-t-il ramené la Parisienne ? Qu’a-t-elle de plus qu’elle ?
C’est vrai que François a fait tourner bien des têtes et chavirer des cœurs. Il est si beau ! Aujourd’hui il ressemble à un prince.
Le cœur des jeunes Arudyennes est en deuil mais, avec toute leur tendresse, elles lui souhaitent d’être heureux avec celle qu’il a choisie.
Marie s’avance au bras de son père, tout aussi ému qu’elle, dans sa robe d’organdi, blanche, à coupe droite, ornée de dentelle. Un long voile de tulle tenu par les enfants d’honneur complète sa tenue. Elle ressemble à un ange descendu du ciel, elle paraît irréelle.
Elle ne voit rien ni personne et surtout pas les regards pointés sur elle. Elle n’a d’yeux que pour son prince.
François, quant à lui, se dit que ce n’est pas possible : il va se réveiller, elle est trop belle et distinguée pour lui. Il ferme alors les yeux, les ouvre de nouveau, elle est toujours là ! Alors c’est vrai ! Son cœur se gonfle d’amour, d’orgueil et de fierté.
En la regardant s’avancer, il fait la promesse devant Dieu et les hommes de l’aimer et la chérir toute sa vie. Merci, mon Dieu ! dit-il dans un murmure.
Arrivé devant l’autel, le père donne sa fille à son futur mari. Ce geste symbolique se fait dans un silence total. Les deux hommes se regardent et se sourient. Le père de Marie sait que François sera un bon époux. Il le lit dans ce regard franc et honnête et, malgré le pincement au cœur qu’il ressent, il sait qu’il a bien fait de donner son consentement pour sa seule et unique fille.
Dans cette église où il a été baptisé et a fait sa communion, François s’apprête à prononcer ce « oui » qui va sceller sa vie à celle de Marie.
L’orgue s’arrête et le curé commence son sermon.
À la question fatidique :
— François, voulez-vous prendre Marie, ici présente, pour épouse, l’aimer et la chérir dans la richesse et la pauvreté jusqu’à ce que la mort vous sépare ?
François jette un regard circulaire à la foule qui se masse dans l’église, suspendue à ses lèvres, puis plonge au plus profond des yeux de Marie en répondant un « oui, je le veux » qui sonne comme la plus grande des promesses.
Les yeux voilés de larmes et la voix pleine d’émotion, Marie à son tour fait la même réponse et la même promesse à son bien-aimé.
Jamais l’église d’Arudy n’a vu plus beaux mariés.
Après les félicitations de rigueur, la sortie de l’église se fait dans la joie et le soleil d’août brille de mille feux comme pour honorer ce jour si particulier.
Louise s’approche de sa cousine et lui murmure tout bas sur un ton moqueur :
— Ce sont des soldats, aussi mignons soient-ils, quel avenir avec eux ? De plus, tu connais leur réputation. N’est-ce pas ce que tu m’avais dit ?
Toutes les deux partent d’un éclat de rire complice.
— Merci d’avoir été mon témoin. Je te souhaite le même bonheur que le mien.
Vous aimerez aussi





