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Couverture du roman Malia, l'épouse de Jamal (MARIAGE FORCÉ)

Malia, l'épouse de Jamal (MARIAGE FORCÉ)

À 27 ans, Malia Diarra mène une existence sereine à Bamako. Étudiante en droit, elle voit son destin basculer brutalement quand ses parents lui imposent un mariage arrangé. Elle découvre qu'elle est promise depuis son plus jeune âge à Jamal Issa Mahamat, un homme dont elle ignore tout. Face à cette union forcée avec un parfait inconnu, Malia voit son quotidien bouleversé. Entre tradition et désirs personnels, quel chemin la jeune femme choisira-t-elle d'emprunter ?
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Chapitre 2

MALIA, l'épouse de Jamal

#Épisode_2

J'ai bien envie de hurler mon triste sort à Safiatou, envie de crier haut et fort en pleurant de toutes mes forces l'injustice dont je suis victime de la part de mes propres parents.

J'ai envie de crier au monde entier à quel point ils sont cruels et combien de fois ça m'anéantirait s'il me donnait en mariage de force. Je brûle d'envie de faire tout cela mais je ne le fais pas. J'essuie juste mes larmes sous le regard perdu de Safiatou.

Moi : (sourire forcé) Ne t'inquiète pas, je n'ai rien de grave.

Safiatou : Dis-moi pourquoi tu pleures, je veux savoir.

Moi : Il n'y a rien je te dis.

Je la dépasse pour partir mais elle vient me barrer la route en se mettant devant moi.

Moi : (soupire d'angoisse) Safi s'il te plaît..

Safiatou : Je ne te lâcherai pas tant que tu ne m'auras pas dit ce que tu as.

Elle croise les bras et est décidée à savoir ce qui m'arrive. Je n'essaie même pas de passer une seconde fois parce qu'elle viendra toujours me barrer la route telle que je la connais.

Elle a toujours été comme ça. Quand elle a un objectif en tête, rien ni personne ne l'arrête. Ça tombe bien parce que je suis pareille. Nous sommes toutes les deux têtues...

J'ai décidé de ne rien lui dire et je compte m'en tenir à ça. Elle ne me fera pas craquer. Je croise les bras, elle fait pareille et on se regarde dans les yeux...

Safiatou : (un peu en colère) Tu ne veux rien me dire ? Tu es sérieuse là Malia?

Moi : (triste) Écoutes Safi...je n'ai pas envie de parler de ça avec quelqu'un pour le moment, comprends-moi s'il te plaît.

Safiatou : Même pas avec moi? Ta meilleure amie ? Je croyais qu'on devrait tout se dire Malia..

Moi : Je ne refuse pas, on doit tout se dire mais...

Je ne finis pas ma phrase, la sonnerie du campus m'interrompt brusquement. Les cours vont débuter d'une minute à l'autre, il faut regagner nos amphithéâtres..

Moi : (parlant à Safi) On parlera de tout ça ce soir après les cours d'accord ?

Safiatou : (satisfaite) Ça veut donc dire que tu acceptes de me dire ce qui t'arrive ?

Moi : (roulant des yeux) Oui tu as gagné, je vais tout te raconter..

Safiatou : C'est super Mali...

Elle se jette à mon cou et m'enlace dans ses bras.

Safiatou : Je t'adore.

Moi : (voix étouffée) Moi aussi..

On se relâche.

Safiatou : (faisant un au-revoir de la main) À plus, prend soin de toi..

Moi : À plus..

Elle me fausse compagnie et se dirige vers son amphithéâtre, je fais aussi de même. Safi étudie la médecine et moi, le droit.

Malgré nos différents choix de filières, on reste quand même de très bonnes amies. Au départ, je voulais aussi faire la médecine comme elle mais ce n'était pas par envie mais plutôt par obligation vu que c'est mon père qui m'y obligeait.

Ça n'avait pas été facile pour le convaincre de me laisser faire le droit comme je l'ai toujours rêvé. Il a fallu l'intervention de mes oncles et aussi de ma mère qui lui a longuement parlé pour qu'il me laisse finalement faire le droit.

Mon père a toujours eu cette manie d'imposer les choses à ses enfants et à ses femmes. On doit toujours faire selon sa volonté, notre volonté à nous n'a jamais compté et je me rends compte que cette situation ne changera pas de si tôt puisqu'il a déjà recommencé en voulant m'imposer un mariage avec lequel je ne suis pas consentente.

Je n'ai vraiment pas envie de me marier à cet homme que je ne connais même pas. C'est vrai que le mariage forcé est un phénomène récurrent au Mali mais jamais au grand jamais, je n'ai imaginé que je serai confronté à ça un jour...

Je pensais que mes parents étaient assez raisonnables pour me laisser faire mes propres choix mais je vois que je me suis gravement trompée.

Autrefois, je pouvais encore compter sur ma mère pour dissuader mon père de faire certaines choses mais cette fois, c'est en complicité avec ma mère. Je ne sais plus quoi faire.

Je fais mon entrée dans l'amphithéâtre où va se dérouler le cours de droit civil ce matin, je vais m'asseoir sur l'une des chaises qui se trouvent près de la fenêtre. Le professeur vient de faire son entrée, on se lève tous pour le saluer, on s'asseoit par la suite et le cours a débuté...

J'essaie de me concentrer même si toutes mes pensées sont tournées vers les dernières paroles de ma mère...

******Le soir

Les cours ont pris fin aux environs de 19h quoique j'aurais aimé que ça dure encore plus.

Safi et moi sommes sur le chemin de retour. Nous avons l'habitude de faire chemin ensemble pour rentrer. Quoi de mieux que marcher avec sa meilleure amie tout en papotant ?

Comme promis, je lui ai tout raconté concernant l'histoire du mariage et elle est restée sidérée.

Safiatou : Tes parents veulent vraiment te faire ça ? Je n'y crois pas... pourquoi ?

Moi : (en pleurs) Je ne sais pas, je ne veux pas de ce mariage Safi..

Safiatou : Calme-toi ma belle, nous allons trouver une solution. Et ta mère ? Qu'est ce qu'elle en dit ?

Moi : Elle est d'accord Safi, elle était au courant de tout cela depuis des années et elle me l'a caché. Elle soutient mon père...ils vont détruire ma vie Safi.. aides-moi s'il te plaît. Demande à tes parents de leur parler s'il te plaît..

Safiatou : Oui je le ferai, ne t'inquiète pas. Je vais en parler à mes parents et ils viendront parler avec les tiens. Arrête de pleurer ma belle..

Moi : (en sanglots) Merci Safi, merci beaucoup...

Safiatou : De rien, nous sommes des amies je te signale.

Moi : Merci.

Je m'engouffre dans ses bras et on se câline longuement. J'ignore ce que je ferai sans elle..

Safiatou : Et Kassim ? Il est au courant de tout ça ?

Moi : Non, il n'est pas au courant, je ne lui ai encore rien dit. Je crains sa réaction, vaut mieux qu'il ne sache rien pour le moment.

Safiatou : D'accord, comme tu voudras.

On a marché pendant un bon moment encore avant d'arriver dans notre quartier. Safiatou et moi habitons le même quartier. Sa maison est juste à quelques mètres de la mienne.

Moi : Bonne nuit ma belle..

Safiatou : (souriante) Bonne nuit et cesse de t'en faire, tout ira bien ok?

Je hoche de la tête et m'efforce de répondre à son sourire. Elle m'a laissé devant mon portail puis a continué sa route.

Je me retourne pour faire face au portail, je le regarde attentivement sans jamais trouver le courage de l'ouvrir et d'entrer à l'intérieur de notre concession. La vérité est que je n'ai pas envie de revoir mes parents. Je m'excuse pour l'expression mais ils me répugnent...

Après un long moment d'hésitation, j'ai finit par ouvrir le portail et pénétrer dans la maison. Il n'y a personne dans la cour, tant mieux..

Je me dépêche de regagner ma chambre quand la voix de ma mère m'interpelle...

Ma mère : Malia!

Je m'arrête sur le seuil de l'entrée..

Ma mère : Tu ne me salues pas?

Moi : (ton froid) Bonsoir...

Ma mère : Va te changer et reviens. Ton père veut que tu le rejoignes dans le salon, il veut te parler.

Moi : Je suis fatiguée, je n'ai rien à lui dire..

Ma mère : (calmement) Malia, s'il te plaît... obéis...

Je ne réplique plus, je continue juste ma route et arrive dans ma chambre. Je n'ai aucune envie d'écouter ce que mon père a à me dire mais je vais quand même y aller.

Je me change sans prendre ma douche et vais le rejoindre au salon. Il était assis à ses aises dans le plus grand fauteuil.

Moi : (froidement) Bonsoir papa..

Mon père : Malia, ma fille. Asseois-toi s'il te plaît..

Il m'indique un fauteuil du doigt et je prend place. C'est fou comme il m'énerve. Je bouillonne de rage rien qu'en le voyant..

J'ai les deux mains posés sur mes cuisses et je fixe le sol, mes poings se serrent..

Mon père : Je suppose que tu connais déjà la raison pour laquelle je t'ai fait venir ici, ta mère te l'a sûrement déjà dit. Si je t'ai fait venir ici c'est pour te parler de ton futur mariage avec Jamal Issa MAHAMAT..

Toujours la tête baissée, mes larmes commencent à couler, mon père a remarqué que je pleure.

Mon père : Malia s'il te plaît... c'est pour ton bien que je fais cela, Jamal est le meilleur pour toi... j'aime énormément la famille MAHAMAT et crois-moi, tu seras bien là-bas...

Moi : (en sanglots) Je ne veux pas papa....

Je relève ma tête et nos regards se croisent.

Moi : (décidée) Je ne veux pas me marier avec cet homme et rien ni personne ne m'y obligera...

#À_suivre

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