
Ma Vengeance : Son Empire S'effondre
Chapitre 2
« Irrationnelle ? » ai-je lâché, un rire amer m'échappant. Le goût métallique de l'encre me restait sur la langue, un rappel constant de l'humiliation. « Tu veux que je sois raisonnable après ça ? Après qu'elle m'ait marquée, après que tu l'aies défendue ? »
Julien a soupiré, passant une main dans ses cheveux. « Écoute, on va juste te nettoyer. Ce n'est qu'un stupide tampon. » Il a tendu la main, ses doigts effleurant ma joue.
Son contact, autrefois un réconfort, me semblait maintenant une violation. J'ai reculé d'un bond. L'encre rouge, au lieu de s'estomper, semblait s'étaler, maculant ma peau, rendant les mots grotesques encore plus visibles. Je me suis imaginée dans un palais des glaces, un reflet déformé de mon ancien moi, un panneau publicitaire ambulant pour la trahison.
Clara, toujours près de la porte, a laissé échapper un ricanement qu'elle a rapidement tenté de masquer par une toux. « Julien, chéri », a-t-elle ronronné, sa voix dégoulinant d'une douceur artificielle, « n'oublie pas le gala de charité ce soir. Ils t'attendent. Et moi, bien sûr. »
L'attention de Julien s'est instantanément détournée de moi pour se porter sur elle. Ses yeux se sont illuminés, l'agacement s'estompant, remplacé par une lueur d'excitation. « C'est vrai ! Le gala. J'avais presque oublié. » Il s'est tourné vers moi, son expression s'adoucissant légèrement, un vernis de préoccupation bien rodé. « Élise, tu devrais juste rentrer te reposer. Je vais gérer ça. On pourra parler plus tard, d'accord ? Quand tu seras calmée. »
« Calmée ? » ai-je répété, ma voix montant. « Tu veux que je me calme ? Après tout ça ? »
Il a agité une main dédaigneuse. « Oui, calme-toi. Tu te donnes en spectacle. Rentre chez toi. On en discutera quand tu auras les idées claires. »
Il a pris la main de Clara, son regard fixé sur elle avec une intensité qui me brûlait l'âme. Elle m'a lancé un regard suffisant et triomphant par-dessus son épaule alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie.
« Ne t'inquiète pas, Élise », la voix de Clara, écœurante de douceur, m'est parvenue. « Je prendrai bien soin de ton mari ce soir. Il a besoin de quelqu'un qui l'apprécie. »
Ils ont disparu par la porte, me laissant seule dans le bureau stérile et silencieux. Ma maison. Mon mari. Disparus.
« Tu le regretteras, Julien ! » ai-je hurlé, ma voix rauque résonnant dans la pièce vide. « Tu regretteras tout ! »
Un instant plus tard, la tête de Julien est réapparue, son visage marqué par un mélange d'exaspération et de pitié. « Élise, s'il te plaît. Arrête ça. Tu ne fais que te compliquer la vie. » Il a soupiré. « Je t'appellerai plus tard, d'accord ? Essaie juste... d'être raisonnable. » Et puis il est reparti, la porte se refermant derrière lui, m'enfermant.
À travers la porte fermée, j'ai entendu la voix de Clara, basse et tremblante. « Julien, elle est tellement en colère. J'ai peur. Et si elle essayait de me faire du mal à nouveau ? »
La réponse de Julien fut un grondement sourd, teinté de réconfort. « Ne t'inquiète pas, Clara. Je ne la laisserai pas te toucher. Avec moi, tu ne risques rien. »
Ses mots, destinés à elle, m'ont anéantie, plus cruels que mille lames. Il la protégeait. De moi. Sa femme.
Alors que je sortais lentement du bureau, Brigitte, la secrétaire, a levé les yeux, son expression un mélange de sympathie et de peur. « Madame Moreau, vous... vous allez bien ? »
J'ai réussi à esquisser un faible sourire. « J'irai bien, Brigitte. Merci. »
Je suis passée devant elle, la tête haute, bien que mon cœur se brisait en un million de morceaux.
J'ai atteint ma voiture, mes mains tremblant alors que je cherchais mes clés. J'ai regardé mon reflet dans le rétroviseur. Le tampon rouge me fixait, un insigne de honte. Je n'oublierais pas ça. Je ne pardonnerais pas ça.
J'ai sorti mon téléphone, mes doigts volant sur l'écran. « Récupérez la robe que Julien m'a commandée. La pièce de haute couture. Et j'ai besoin d'un tampon fantaisie. "LABEL ROUGE - QUALITÉ SUPÉRIEURE". Faites-le unique. Et permanent. »
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