
Ma Rencontre avec le Milliardaire
Chapitre 3
Chapitre 3
Gabriel Thorn n'était pas un homme qui se laissait facilement surprendre. Le monde qu'il dirigeait, celui de l'industrie et de la finance, était implacable et exigeait une attention constante à chaque détail. Rien n'échappait à sa vigilance, rien ne pouvait perturber son contrôle. Mais ce soir-là, alors qu'il rentrait chez lui après une longue journée de travail, il fut surpris par ce qu'il trouva devant les grilles de son domaine.
Il n'avait pas l'habitude de voir des étrangers s'aventurer sur sa propriété. Le domaine de Thorn était imposant, avec de vastes terrains et des murs hauts qui protégeaient son intimité. Pourtant, là, allongée sur le sol froid de l'allée, une silhouette fragile gisait, inconsciente, à quelques mètres à peine de la porte d'entrée. Gabriel s'arrêta net en voiture, ses yeux scrutant la scène avec une intensité glaciale. Il n'aimait pas les imprévus.
Il ordonna d'un si mple geste à son chauffeur de s'arrêter. Descendant de la voiture, ses pas résonnèrent sur le pavé, et il s'avança vers la jeune femme allongée. Son cœur sembla s'arrêter un instant. Elle était si mince, si vulnérable. Ses vêtements étaient usés, sa peau pâle, et son visage était marqué par une douleur évidente. Gabriel n'avait pas besoin de se pencher pour voir qu'elle était mal en point. Il fit un geste discret et quelques membres de son personnel apparurent rapidement, prêts à agir.
- « Apportez-la à l'intérieur », ordonna-t-il d'une voix ferme mais mesurée, son regard ne quittant pas la jeune femme.
Deux hommes la prirent délicatement et la transportèrent sans bruit dans le manoir, tandis que Gabriel, toujours en retrait, observait chaque mouvement. Il n'avait pas de place pour la compassion dans sa vie, pas pour des gestes altruistes. Et pourtant, il se surprit à ressentir une étrange inquiétude à l'égard de cette inconnue. Un pressentiment inexplicable, un tiraillement dans ses tripes qu'il n'avait pas l'habitude de ressentir.
Il monta les escaliers derrière eux, ses pas assurés, suivis par son personnel. Ils la déposèrent dans une chambre somptueuse, dans un lit d'apparence parfaite, une pièce qui, d'habitude, n'aurait eu aucune place pour quelqu'un d'aussi fragile, d'aussi abattu. Gabriel s'assura que tout soit fait dans les règles. La jeune femme avait besoin de soins, mais il ne pouvait se permettre de la laisser sans surveillance.
- « Que faites-vous de cette femme ? Vous savez qui elle est ? » demanda-t-il à son majordome, le regard toujours fixé sur la jeune silhouette endormie.
- « Non, monsieur. Elle n'a pas de papiers sur elle, et nous n'avons rien trouvé pour identifier sa provenance. »
Gabriel hocha la tête, son regard passant sur le visage paisible de la jeune femme, puis se détournant avec un soupir d'énervement. Il n'était pas un homme facile à surprendre, mais cette inconnue, cette apparition impromptue devant son domaine, le dérangeait plus qu'il n'osait se l'avouer. L'idée d'une intrusion, d'un inconnu dans sa sphère privée, n'était pas quelque chose qu'il tolérait. Et pourtant, il y avait quelque chose dans la situation qui titillait sa curiosité.
- « Surveillez-la de près. Je ne veux pas qu'elle soit seule à aucun moment », ordonna Gabriel, ses yeux scrutant la pièce avec une intensité particulière. « Dès qu'elle se réveille, vous m'informez immédiatement. »
Il fit demi-tour, et avant de quitter la pièce, il laissa un dernier regard sur la jeune femme, toujours inconsciente. Mais une question persistait dans son esprit : qui était-elle et pourquoi se trouvait-elle ici, sur son domaine ? Il n'y avait que des réponses à découvrir. Et Gabriel n'était pas du genre à ignorer une question sans réponse.
Quand Élodie se réveilla, elle ne sut immédiatement si elle était en train de rêver ou si elle était enfin en sécurité. Ses paupières étaient lourdes, et un malaise diffus envahissait son esprit. Elle n'était pas dehors, pas sur le sol froid et sale comme avant. Ce n'était pas un rêve, non. Les draps soyeux, la chambre chaleureuse et silencieuse semblaient être une toute autre réalité. Mais il y avait un détail qui la fit se tendre immédiatement : cette chambre, cette maison, cette luxure inconnue... c'était étrange. Tout ici semblait lui être étranger, presque irréel.
Elle essaya de se lever, mais son corps était trop faible, trop fatigué. Ses muscles protestaient, sa tête tournait. La panique s'empara d'elle comme une vague soudaine, et elle se redressa brusquement, haletante. Où était-elle ? Comment était-elle arrivée ici ? La dernière chose dont elle se souvenait, c'était de l'obscurité, des rues désertes, de sa fuite. Elle se souvenait de la sensation du sol sous elle, du vent froid dans ses cheveux, mais tout le reste... tout semblait flou.
Son cœur battait fort dans sa poitrine. Elle avait l'impression que l'air autour d'elle était trop lourd, trop étouffant. Elle se sentait prise au piège dans ce luxueux piège d'or et de soie. Il n'y avait rien de familier ici, rien de confortable. C'était une prison de confort, et chaque détail lui rappelait qu'elle n'était pas chez elle, qu'elle n'était pas à sa place.
Dès qu'elle se redressa dans le lit, un bruit discret se fit entendre derrière elle. Elle se figea, ses yeux cherchant désespérément un moyen de s'échapper, un moyen de fuir cette pièce. Une silhouette se tenait dans l'encadrement de la porte.
Gabriel Thorn. Il la regardait, son visage impassible, mais ses yeux trahissaient une étincelle d'intérêt. Il la détaillait, son regard parcourant chaque détail d'elle avec une curiosité calculée. Élodie ne savait pas qui il était, mais quelque chose dans l'attitude de cet homme imposant, dans la manière dont il se tenait là, la fit se sentir vulnérable, petite. Sa présence dominait la pièce.
- « Vous êtes réveillée », dit-il, sa voix basse et calme, presque distante. « Comment vous sentez-vous ? »
Elle se recroquevilla légèrement dans le lit, ne sachant comment réagir à cet homme qui, apparemment, l'avait sauvée, mais qui semblait aussi un étranger de plus dans sa vie. Elle n'arrivait pas à comprendre ce qu'il attendait d'elle.
Ses lèvres s'ouvrirent, mais aucun son n'en sortit. La réalité de son mutisme la frappait à nouveau, et cette incapacité de parler, de communiquer, la rendait encore plus étrangère dans ce monde qui ne lui appartenait pas.
Gabriel fronça légèrement les sourcils en voyant son silence. Mais il ne fit aucune remarque. Il savait qu'il y avait plus à découvrir, plus à comprendre. Il savait que cette rencontre, aussi étrange qu'elle soit, ne faisait que commencer.
- « Ne vous inquiétez pas », ajouta-t-il, comme s'il devinait ses pensées. « Vous êtes en sécurité ici. Personne ne vous fera de mal. »
Il ne savait pas pourquoi, mais il avait l'impression que cette promesse était plus lourde de sens qu'il ne l'aurait cru. Mais pour l'instant, il n'avait aucune réponse à donner, ni à elle ni à lui-même. Ce n'était que le début d'une histoire qui semblait prendre une tournure qu'il ne pouvait anticiper.
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