Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman L'Ombre Vengeresse du Cœur Brisé

L'Ombre Vengeresse du Cœur Brisé

Pour sauver Aymeric, j'ai sacrifié un rein et ma santé, l'aidant à bâtir son empire. Cinq ans plus tard, mourante, je découvre sa trahison : il me trompe avec Ania et se moque de ma naïveté. Ma douleur se mue en une rage glaciale. Après l'avoir humilié en vendant ma bague, je feins la soumission et exige un mariage grandiose. Il ignore que cette cérémonie fastueuse ne scellera pas notre union, mais orchestrera sa ruine totale avant que mon temps ne soit écoulé.
Chapitres
Partager

Chapitre 2

Lotte Besnard POV:

Le lendemain matin, Aymeric est rentré à l'aube. L'appartement était encore imprégné de l'odeur des plats froids de la veille et du parfum lourd des lys. Mais une autre odeur, plus entêtante, le précédait. Celle d'Ania. Son parfum doux et capiteux. Il s'était accroché à ses vêtements, à sa peau. Je pouvais presque la voir, une ombre persistante, flottant autour de lui.

Il m'a trouvée assise dans le salon, les bougies éteintes, les plats intacts sur la table.

"Lotte... tu es encore levée ?" Il a tenté un sourire, mais son visage était fatigué, ses yeux cernés. Le maquillage d'Ania était visible sur le col de sa chemise.

J'ai levé les yeux vers lui, un regard vide. "La nuit a été longue, Aymeric ?"

Il a froncé les sourcils. "C'est business, ma chérie. Tu sais, le gros contrat avec les Roumanais..."

"Les Roumanais ont un parfum très enivrant," ai-je coupé, ma voix glaciale.

Il a pâli. Son regard a croisé le col de sa chemise. Il a détourné les yeux, sa mâchoire se crispant.

"Je suis désolé," a-t-il murmuré, les yeux fixés sur le sol, comme s'il cherchait une issue. "J'ai dû rester. C'était important."

Le bœuf bourguignon était là, devant lui. La croûte s'était desséchée.

"Mange," ai-je dit, désignant la table. "Ça va te réchauffer."

Il s'est assis, hésitant, et a pioché une bouchée. Il avait l'air coupable, petit garçon pris en faute. Il a mâché lentement, son regard fuyant.

"C'est... délicieux, Lotte. Comme toujours." Sa voix était faible.

J'ai souri, un sourire froid qui n'atteignait pas mes yeux. "Mais tu n'as pas faim, pas vrai ?"

Il a reposé sa fourchette. "Je suis épuisé, Lotte. J'ai juste besoin de dormir."

J'ai acquiescé. "Tu devrais. Tu as eu une journée difficile."

Il a hoché la tête, un soulagement traversant son visage. "Je vais me doucher. On en parle demain."

Il s'est levé, son corps lourd, laissant derrière lui le sillage d'Ania. Je l'ai regardé s'éloigner, ses larges épaules, son élégance habituelle maintenant entachée par sa trahison. J'ai gravé cette image dans ma mémoire. Cette image de l'homme que j'avais aimé, s'éloignant de moi, pour une autre.

Quand il a été sous la douche, j'ai pris une feuille de papier, mon stylo préféré. J'ai commencé à écrire. La première lettre.

"Mon cher Aymeric,

Si tu lis ces lignes, c'est que je suis partie. Pas seulement de cet appartement, mais de ta vie. Et bientôt, de ce monde.

Le médecin m'a donné trois mois. Mes reins lâchent. Le seul qui me restait, celui que j'ai gardé, est épuisé. Épuisé par cinq ans de travail acharné pour ton entreprise, épuisé par le stress, et par le sacrifice que j'ai fait pour toi.

Il y a cinq ans, je t'ai donné un rein. Je t'ai donné ma vie. Maintenant, elle me quitte, à cause de toi. À cause de moi.

Je ne te blâme pas. Enfin, plus maintenant. Je me blâme d'avoir été si aveugle, si naïve.

Je te quitte sans un mot de reproche, mais avec une vérité que tu devras affronter seul. Tu as préféré Ania, et son mensonge, à moi, et à mon amour. J'ai tout vu. Tout entendu.

Mon temps est compté. Le tien, paradoxalement, recommence.

Adieu.

Lotte."

Une larme solitaire a roulé sur ma joue, tachant l'encre. Ça a été la seule.

Tôt le matin, avant même que le soleil n'ait complètement percé les nuages parisiens, j'étais déjà debout. Je repassais les chemises d'Aymeric, son costume préféré, celui qu'il portait pour les grands rendez-vous. Le même qu'il portait quand il avait rencontré Ania pour la première fois.

Il est entré dans la cuisine, encore un peu endormi, sa serviette autour de la taille. "Tu es déjà debout, Lotte ? Tu n'as pas dormi ?"

J'ai souri, mon masque de femme parfaite en place. "Juste une insomnie. Je voulais m'assurer que tu aies tout prêt pour ta journée importante."

Il a haussé un sourcil, une lueur de surprise dans ses yeux. "Tu n'es pas obligée, chérie. Le personnel peut s'en occuper."

"Je sais. Mais j'aime m'occuper de toi." C'était la vérité. J'avais toujours aimé m'occuper de lui. Depuis notre enfance.

Je me suis souvenue de nos années universitaires. Lui, brillant, charismatique, mais désorganisé. Moi, l'ombre derrière lui, celle qui triait ses papiers, qui préparait ses repas, qui s'assurait qu'il ne rate pas ses cours. J'étais sa béquille. Son soutien. Sa femme.

Il a souri, un sourire rare, sincère, qui m'a rappelé l'homme que j'avais épousé. "Merci, Lotte. Tu es vraiment formidable."

Il m'a serrée dans ses bras. Son étreinte était tiède, indifférente, mais j'ai senti ses mains glisser sur mon dos, sur la cicatrice de mon rein. Une douleur a traversé mon corps, une douleur qui n'était pas seulement physique. J'ai raidi.

"Je devrais aller préparer le petit-déjeuner," ai-je dit, m'éloignant doucement de lui.

"Oui, bien sûr." Il a relâché son étreinte, une pointe de déception dans ses yeux. Ou était-ce l'épuisement ? Je ne savais plus.

J'ai préparé son petit-déjeuner préféré : des œufs brouillés, du bacon croustillant, du jus d'orange frais. Il avait tout mangé, élogieux.

"Personne ne fait les œufs comme toi, Lotte."

Je me suis tue. J'avais appris à cuisiner pour lui, enfant. Il avait été mon premier ami, le fils de la femme de ménage de mes parents. J'étais une petite fille solitaire, il était mon monde. Je lui avais tout donné. Mon amour, ma loyauté, mon talent. J'étais la vraie architecte derrière ses succès. Ses croquis qu'il présentait au monde étaient les miens, retravaillés. Ses idées, nées de nos discussions nocturnes. Mais lui, il avait la scène. Moi, j'avais l'ombre. C'était un arrangement tacite. Un arrangement que j'avais accepté, par amour.

Il s'est levé, a embrassé mon front, son baiser froid. "Je dois y aller. J'ai un gros rendez-vous avec un client important."

"Bien sûr," ai-je dit, mon visage impassible.

Il est parti. Cinq minutes plus tard, j'ai vu un dossier sur le comptoir de la cuisine. Le dossier de son "client important". Il l'avait oublié. Une habitude. Il oubliait tout, sauf Ania.

J'ai pris le dossier, mon cœur battant la chamade. Une idée folle, dangereuse. Je voulais le voir. Les voir. Une dernière fois.

J'ai appelé un taxi. "Au siège de Clermont Architectes, s'il vous plaît."

En arrivant, j'ai entendu les murmures du personnel. "C'est la femme d'Aymeric. Elle est si modeste, si effacée."

"Oui, mais elle n'est pas Ania Roucher. Ania, elle a le sang chaud, l'ambition. Elle, elle est juste... Lotte."

Leurs mots m'ont transpercée. J'avais toujours été "juste Lotte". L'épouse silencieuse.

Je suis montée au dernier étage, vers le bureau d'Aymeric. La porte était entrouverte. J'ai entendu des voix. La sienne. Et celle d'Ania.

"Tu as aimé le petit-déjeuner, mon amour ?" Ania riait. "Lotte nous a préparé des œufs brouillés divins."

Mon cœur s'est arrêté.

J'ai aperçu Aymeric, assis derrière son bureau, tirant Ania sur ses genoux. Le dossier que j'avais tenu dans mes mains, le dossier de son "client important", était là, sur son bureau. Il était ouvert. Sur la page, il y avait un croquis. Un croquis que j'avais fait. Mais il portait la signature d'Aymeric. Et Ania, sur ses genoux, caressait sa main.

"Elle est si..." Aymeric a hésité, cherchant ses mots. "Prévisible. Et tellement... naïve."

Ania a ri. "Mais pratique, n'est-ce pas ? Tes petits plats, tes chemises repassées. Une femme de maison parfaite."

Ma vision s'est brouillée. Mon corps a commencé à trembler violemment. La douleur en moi a explosé, une sensation de brûlure intense dans mon flanc, comme si mon rein se déchirait.

J'ai entendu Aymeric. "J'ai dit à Lotte que j'étais avec un client important. Elle a cru chaque mot."

Ania a ri. "Elle croit tout ce que tu lui dis. Elle ne te quittera jamais. Pas après tout ce qu'elle a fait pour toi. Elle est collée à toi comme une sangsue."

Mon souffle s'est coupé. J'ai senti mes jambes flancher.

"Je la maudis!" ai-je pensé, une rage froide et pure déferlant en moi. "Je te maudis, Aymeric! Et toi, Ania!"

Mon corps a tressailli, une secousse violente. Mes genoux ont cédé.

La dernière chose que j'ai vue, c'était les chaussures italiennes d'Aymeric, sortant du bureau, se dirigeant vers moi.

Puis, le noir.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Abandonnée aux flammes: Le retour impitoyable de l'héritière
9.0
Lors de ses fiançailles, Avah est abandonnée dans un brasier par son futur époux, Kain, qui préfère secourir sa demi-sœur. Sauvée par un inconnu, elle fait face à la cruauté des siens à son réveil : ses parents exigent son héritage tandis que Kain l'insulte sur son passé. Trahie et dépouillée, l'héritière décide de ne plus subir. Elle rompt ses fiançailles avec fracas et lance une contre-attaque financière impitoyable pour racheter l'empire familial et se venger.
Couverture du roman Déçue par la trahison
9.7
Face à l'agonie de son frère, Elaine est démunie : son compagnon Brett a gelé les comptes de leur entreprise. Alors qu'elle cherche désespérément des fonds pour un traitement vital, elle découvre la trahison de Brett, qui s'affiche ouvertement avec une autre femme. Méprisée par celui qu'elle aimait et réduit à l'aumône, Elaine décide de tout plaquer. L'appel providentiel de son mentor Evan, un architecte célèbre, lui offre un nouveau départ. Elle s'envole pour Londres, laissant derrière elle son passé brisé.
Couverture du roman J'ai signé son nom au lieu du mien
9.0
Après avoir été trahie par son mari Marc Claude au profit de sa rivale Isabelle, puis empoisonnée vingt ans plus tard par son propre fils, notre protagoniste obtient une seconde chance inespérée. Propulsée dans le passé le jour de son serment de sang, elle décide de réécrire son destin. Plutôt que de sceller son propre arrêt de mort, elle appose le nom d'Isabelle sur le contrat, s'empare de son héritage et s'enfuit. Elle refuse d'être à nouveau la victime de cette union maudite.
Couverture du roman La Femme d'un Milliardaire Brisé
8.6
Isla Evans rêve d'indépendance financière, mais son destin bascule à la mort de ses grands-parents. Elle hérite d'une fortune colossale et d'une firme prospère, à condition de collaborer avec l'implacable Damian Blake. Ce magnat de l'immobilier, hanté par un passé tragique et un scandale dévastateur, cherche à la contrôler. Entre secrets de famille et alliances périlleuses, Isla réalise que son héritage la plonge au cœur d'un complot menaçant leur survie.
Couverture du roman Le pacte de l'amitié
8.4
Aidan Ashton, riche héritier sous pression, doit se marier pour redorer son image. Refusant une union forcée, il sollicite Kenna, sa meilleure amie médecin. Ils concluent un pacte : un mariage blanc d'un an, régi par un contrat strict. Chambres à part et fidélité sont imposées pour protéger leur lien. Cependant, entre les exigences familiales et leur cohabitation, la frontière entre amitié et sentiments s'estompe. Ce faux couple parviendra-t-il à respecter ses propres règles ?