
L'Infidèle et son amour contaminé
Chapitre 3
Puis je prends RDV pour un avortement à l'hôpital.
Si je donne naissance à cet enfant sans lui donner une famille complète, ce serait un manque de sens de responsabilité.
Donc, il vaut mieux l'avorter.
Mais je ne pensais pas croiser Adrien et Julie à l'hôpital.
Ils sortent du département gynécologie.
Adrien tient Julie dans son bras, ils ont l'air très amoureux.
Quand ils me voient, il la relâche immédiatement et s'explique : « J'accompagne Julie à son examen prénatal. »
« Cha, tu sais qu'elle a perdu son mari, elle est toute seule, alors... »
« Oui, je sais, la pauvre. Occupe-toi bien d'elle. », dis-je en souriant.
Il sourit également : « Cha, tu es vraiment gentille. »
« C'est bien ma femme ça. Rentre à la maison ce soir, je cuisinerai pour toi. »
Avant, si je l'entendais dire une chose pareille, je serais folle de joie.
Mais maintenant, je ne ressens que du dégoût.
« Je dois faire des heures supp ce soir, mange avec Julie. »
Une fois partie, Julie vient à mon bureau.
La méchanceté remplit ses yeux, elle ferme la porte d'un coup sec.
« Tu sais pour ma maladie ? »
« De quoi tu parles ? »
Je la regarde, faisant semblant de rien savoir.
« Quand j'ai fait mon examen aujourd'hui, on m'a dit que j'avais le SIDA. »
« J'étais venue l'autre jour pour des analyses de sang, tu dois l'avoir vu, toi aussi. »
« Ça ne regarde que toi, que je le sache ou non, ça ne t'influence en rien. »
Elle fait un « pfff ».
« Tant mieux. »
« Écoute-moi bien, n'essaie pas de me jouer des jours. Sinon, je te contaminerai à tout prix. »
Puis elle part.
Quelques instants plus tard, je me tiens devant ma fenêtre pour voir Adrien l'embrasser. Ils partent tous les deux.
Je pense qu'Adrien va la ramener à la maison.
Puisque j'ai dit que je ne rentrerais pas.
Évidemment, quand je regarde les images de vidéosurveillance sur mon téléphone, ils sont sur le canapé en train de s'embrasser langoureusement.
Adrien a les yeux à moitié ouverts, il dit doucement : « Juju, avec ta bouche... »
J'ai immédiatement des nausées.
Cette caméra était morte depuis un temps, alors Adrien ne craint rien.
Mais il ne sait pas que j'ai fait venir un technicien ce matin pour la réparer.
La vidéosurveillance embarquée de la voiture ne filme que l'extérieur, alors on ne peut qu'entendre leurs voix. Je me dois de trouver des preuves où on voit leurs visages.
Enfin, j'ai les preuves qu'il me faut.
Le lendemain matin, j'envoie les enregistrements à mon avocat.
Une semaine plus tard, Adrien me retrouve, furieux. À ce moment-là, je suis en train de ranger mes affaires dans la salle de réunion.
« Charlène, qu'est-ce que tu fais ? »
Le tribunal l'a sûrement déjà convoqué.
Je lève les yeux pour le regarde.
« On est à l'hôpital, silence. »
Il ne me calcule pas, il continue : « Pourquoi tu m'envoies en justice pour demander le divorce ? Qu'ai-je fait de mal ? »
Je le trouve ridicule.
Comment peut-il dire dignement une chose pareille ?
Je lui fais écouter les enregistrements de la vidéosurveillance embarquée de la voiture.
Son visage blanchit de plus en plus au fur et à mesure de l'enregistrement.
« Ce n'est qu'un accident. Charlène, écoute-moi, je n'ai pas pu me contenir parce que on ne pouvait pas le faire. »
Il finit à peine sa phrase qu'une autre voix sonne à la porte.
« J'ai oublié de vous demander si mon enfant serait atteint du SIDA si je suis contaminée ? »
C'est la voix de Julie.
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