Couverture du roman L'Homme Qui a Capturé Ma Sœur

L'Homme Qui a Capturé Ma Sœur

9.0 / 10.0
Inquiète pour sa sœur Lily, qui fréquente le mystérieux Jake depuis peu, Jada décide d'enquêter sur cet homme trop parfait. Beau et charismatique, Jake possède un don troublant pour percer les secrets d'autrui. En tentant de protéger sa famille, Jada se retrouve piégée dans un jeu de séduction dangereux. Entre méfiance et attirance magnétique, elle réalise que l'emprise de cet inconnu menace son propre cœur bien plus que la sécurité de sa sœur.

L'Homme Qui a Capturé Ma Sœur Chapitre 1

–  J'ai faim, Œufs de Lump. On mange quand ?

–  Je ne sais pas si une collation est prévue à minuit, Salami... On n'enest pas déjà à cinq repas aujourd'hui ?

–  Et ?

Et rien.

Ma meilleure amie a toujours faim.

Dans ce bar de Pigalle où on a l'habitude d'aller traîner après le service, pour décompresser, elle touille son Coca zéro presque vide, récupère la tranche de citron au fond et mord dans la pulpe rabougrie comme si c'était un sandwich.

Avant de grimacer.

–  Qui a inventé l'acidité ? Ça fait pleurer les yeux et suer de la moustache. Non, franchement les gars, le sucre et le gras, c'était largement suffisant.

Je ris et vais presser ma joue contre la sienne. J'aime cette fille plus qu'aucun autre humain sur terre et mon activité préférée consiste à défaire le monde avec elle. Puisque le refaire, c'est peine perdue.

–  N'empêche que j'ai toujours faim, gémit-elle.

–  Tiens, c'est tout ce que j'ai.

Je lui dégote un chewing-gum au réglisse au fond de mon sac à main. Nouvelle grimace de Salomé.

–  Je t'aime, Olympe, mais sache que je déteste du plus profond de moncœur que tu fasses partie de ces filles avec un appétit de moineau, qui cuisine super bien mais qui picore du bout des doigts dans son assiette, alors que je fais une crise d'hypoglycémie si je ne me remplis pas à ras bord toutes les trois heures.

–  Désolée pour cette injustice... Tiens, tu veux mâchouiller mon citron ?

–  Trop généreuse.

–  Si ça peut te consoler, sache que je tuerais pour tes cheveux soyeuxcouleur mimolette, tes taches de rousseur couleur cannelle et ta peau couleur riz au lait.

–  Arrête, tu me donnes faim... Et je ne sais pas si tu te souviens, mais tues métisse, tu ne peux pas tout avoir.

Elle me désigne vaguement du bout de sa paille avec sa petite moue chagrine.

–  Cheveux afro, teint caramel, un mètre soixante-dix au garrot, jambesd'athlète de haut niveau, tu m'envies quoi exactement ?

–  Tu rigoles ? J'ai pas de seins, pas de fesses, c'est toi qui as tout eu !

–  Merci, mais j'en demandais pas tant.

Elle se colle une fessée elle-même sur ce qui dépasse de son tabouret de bar puis s'affale devant elle sur le comptoir. Ça fait des années que je la vois faire le yo-yo, de plus dix à moins dix kilos. Parfois quinze quand elle est amoureuse. Pas comme en ce moment.

–  Bon, on n'est plus à une petite raclette près, si ?

–  Une raclette en avril ?

–  Tu sais ce que c'est ton problème, Olympe ?

–  Oui, oui, étroitesse d'esprit tendance psychorigide, tu me l'as déjà dit.Rappelle-moi pourquoi tu es ma meilleure amie, toi, déjà ?

–  Pour que tu puisses avoir l'air super belle à côté d'une dinde rouquineboulimique de fromages et de pompes !

Salomé n'a aucun filtre et j'adore ça chez elle, contrairement à ce don qu'elle a pour se dénigrer. Qu'elle arrive ou non à fermer son jean, que son soutif lui crée ou pas des petits bourrelets dans le dos, devant et sur les côtés, elle reste la plus jolie des dindes du quartier. Et sans doute la plus savoureuse, si je pouvais la cuisiner en escalope à la crème ou en blanquette. Mais j'ai beau le lui rabâcher, ça a du mal à rentrer.

Alors que je l'observe en silence, elle continue de se marrer en déverrouillant son portable. Je louche sur son fond d'écran – la dinde de Friends en gros plan, évidemment – et je la vois qui vérifie l'heure, ouvre Uber Eats, part à la recherche d'un resto savoyard qui livre aussi tard, ferme l'application, clique sur celle de sa banque et consulte l'état de son compte.

Nouveau soupir.

–  Quoi, t'as plus faim ?

–  C'est quand déjà, la paye ?

–  J'ai un bac littéraire mais sachant qu'on est le cinq avril, j'aurais tendance à dire que c'était il y a cinq jours. Genre le trente et un mars.

Je me mets à compter sur les phalanges de mon poing serré pour vérifier que ce n'est pas un mois à trente jours.

–  Psychorigide... chuchote-t-elle au serveur derrière le bar, tout en memontrant du pouce.

–  Cherche ta raclette, toi, je vais me dégoter des sandales pour le printemps sur Vinted. Tu dis quoi entre spartiates à lacets et Méduse transparentes ?

Salomé me regarde en plissant comme un sharpeï toute la moitié inférieure de son visage.

–  Tu es si jolie quand tu fais ça... ironisé-je.

–  Les lacets autour de mes mollets roses me donnent l'air d'un rôti pascuit et les Méduse... ben d'une grosse méduse flasque et transparente. Je passe.

On fait exactement la même pointure mais on n'a pas tout à fait les mêmes goûts. On est juste aussi compulsives l'une que l'autre. Ce genre de « qualité » rapproche. Enfin, disons que mon petit 39 rentre très bien dans son 38 dodu et qu'on a décidé de prendre du 38 et demi à chaque commande juste parce que c'est ça, la vraie amitié.

Je la couve du regard.

–  Pourquoi est-ce que je ne peux pas juste tomber amoureuse de toi, monsalami joli ? On vit ensemble sans jamais s'engueuler, tu aimes ma cuisine, tu fais ma vaisselle, tu as une hygiène irréprochable, on partage l'amour de la bouffe et des shoes, et même ton prénom est un modèle de chaussure ! Écoute, épouse-moi et n'en parlons plus !

–  Mouais. Si seulement tu n'étais pas désespérément hétéro, cent pour cent fleur bleue et dans l'éternelle attente du prince charmant, juste pour reproduire le mariage parfait et ennuyeux à mourir de tes parents encore plus parfaits et chiants à mourir...

Vexant. Mais vrai. Mais vexant.

Hélène et Nestor Constant, 53 ans chacun dont trente-deux mariés l'un à l'autre, ensemble depuis leurs 16 ans et amoureux comme au premier jour, quatre enfants dont trois réussis – cherchez l'erreur... et ne cherchez pas bien loin. Par amour, mon père a accepté de quitter sa Martinique pour elle ; par amour, ma mère a imposé un homme noir à sa famille blanche à une époque où c'était tout juste toléré. Puis elle a consenti à devenir femme au foyer malgré ses diplômes pour qu'il puisse mener sa carrière dans la finance. Il s'est assuré qu'on ne manquait de rien – du moins matériellement. Elle a élevé ses trois fils brillants et sa fille à peine rebelle en se dévouant à chacun, il nous a collé la pression pour qu'on réussisse au moins aussi bien que lui tout en n'étant presque jamais là pour nous, elle a supporté les absences d'un homme marié à son travail sans jamais broncher et ils pensaient sûrement bien faire en nous rappelant chaque jour tous les sacrifices qu'un mariage et une famille exigent.

Merci mais pas pour moi.

Je ne sais pas s'ils sont heureux mais mes parents fusionnels sont toujours d'accord sur tout. Et particulièrement d'accord pour trouver que je ne suis pas à la hauteur du modèle qu'ils m'ont offert.

La main posée sur le bar devant moi, je caresse mon annulaire nu en repensant à celui que j'ai cru être le bon. Celui que j'ai failli faire passer avant mon propre bonheur...

–      C'est bon, Œufs de Lump, t'as fini de broyer du noir en refaisant défiler toute ta super vie dans ta mémoire ?

Continuer la lecture

Table des matières de L'Homme Qui a Capturé Ma Sœur

Ch. 1 Ch. 2 Ch. 3
Ch. 4
Ch. 5
Ch. 6
Ch. 7
Ch. 8
Ch. 9
Ch. 10
Ch. 11
all

Vous aimerez aussi

Romans Nouvellement Sortis

Couverture du roman La tour de Verre
8.1
Porter une armure d'une solidité absolue présente un inconvénient majeur : sa rigidité peut la mener à se briser brusquement, tel du verre fragile. Ce phénomène survient fréquemment lorsque l'équipement s'avère incapable de s'ajuster aux multiples imprévus et aux bouleversements radicaux que réserve parfois le cours d'une existence. Ce récit explore la vulnérabilité cachée derrière la protection et la difficulté de s'adapter face aux changements brutaux du destin.
Couverture du roman Le diamant poussiéreux brille à nouveau
9.2
Elena, ex-héritière déchue, a été trahie par ses proches et chassée sans pitié. Alors que ses ennemis savourent sa chute, elle révèle son incroyable secret : elle est une hackeuse de génie, une créatrice renommée et un médecin d'exception. Face à son immense fortune, ses parents adoptifs tentent de la dépouiller, mais elle les repousse. Son ex-fiancé rampe pour obtenir son pardon, sans succès. C'est alors qu'un richissime magnat lui propose une alliance inattendue.
Couverture du roman Le partenaire insoupçonné
9.4
Sous l'autorité des lois lunaires, Lorna mène une existence effacée jusqu'à ce qu'un conflit brutal ne bouleverse son destin. Propulsée au cœur d'une lutte de pouvoir, elle croise la route de Drake, un Alpha redoutable en quête de son âme sœur. Contre toute attente, leur lien sacré déclenche une vague de trahisons et de violences entre meutes. Prisonnière de complots, la jeune louve devra s'allier à Drake pour survivre et transformer l'équilibre du monde par leur amour.
Couverture du roman Ma vie avec lui .
8.3
Sasha Stone, dix-sept ans, entame son année de terminale dans la plus grande discrétion. Depuis le décès brutal de sa mère, l'adolescente n'est plus que l'ombre d'elle-même, dissimulant sa tristesse derrière des lunettes et une apparence effacée. Alors qu'elle s'enfonce dans une routine monotone et sans éclat, sa rencontre avec un mystérieux garçon bouleverse tout. À ses côtés, l'existence de Sasha retrouve enfin des couleurs et une joie qu'elle pensait perdue.
Couverture du roman Maintenant
9.1
À Genève, Mélanie, trente ans, mène une vie paisible entre sa famille, ses amis et son poste de conseillère en mode masculine. Fiancée à Sam, un homme respectueux qu'elle côtoie depuis douze ans, elle semble comblée. Pourtant, un vide intérieur l'habite. Chaque nuit, des rêves intenses mettent en scène un mystérieux inconnu brun au regard ténébreux. Entre lassitude amoureuse et songes prémonitoires, Mélanie parviendra-t-elle à briser sa routine pour trouver son âme sœur ?
Couverture du roman PIÉGÉE PAR L'AMOUR DU MAFIEUX
8.5
La journaliste Kate Santoro infiltre un club de la mafia Genovese pour décrocher le scoop de sa carrière. Prise pour une employée, elle profite de cette méprise afin d'espionner l'organisation de l'intérieur. Son plan déraille quand Alessio, le redoutable parrain, commence à s'intéresser à elle. Kate réalise alors avec effroi que personne n'est autorisé à partir. Piégée dans ce nid de vautours, elle doit protéger son secret sous peine de mort, car le Don soupçonne déjà sa présence.
Chapitres
Lire
Partager