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Couverture du roman Les turpitudes de Sybelle

Les turpitudes de Sybelle

On raconte souvent que l'amour est d'une fragilité extrême, tel un feu vacillant sous une pluie battante. Pour ne pas qu'il s'éteigne, cette passion exige une protection constante et une attention de chaque instant. Mais comment préserver cet éclat ? C'est par la force du dialogue que les sentiments s'entretiennent véritablement. Sans cet échange essentiel, le plaisir de s'aimer s'étiole inévitablement, laissant place au vide. Découvrez le destin de Sybelle.
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Chapitre 2

Partie 2 : La délivrance.

Moi : tu t’es fait faire le curetage quand ?

Nat : vendredi soir

Moi : kiéééé Nathalie, jusque là tu n’as toujours pas pris de médicaments ?

Nat : non

Moi : ok , tu as mal ?

Nat : oui un peu

Moi : comme les hôpitaux ne sont pas ouverts maintenant là, on va attendre demain d’accord ?

Nat : oui

Moi : mais avant, il faudrait que tu le dises au moins à ton frère

Nat : Léandre va me dénoncer aux parents

Moi : tu préfères que ce soit tes parents qui l’apprennent ?

Nat : je suis venue à toi parce que je voulais que cela reste un secret

Moi : Nathalie, je te remercie pour la confiance que tu me témoignes mais je ne peux m’engager comme ça dans cette histoire.

Nat : sniff…snif…sniff

Moi : Imagines que le curetage ait été mal fait et que tu ais une infection, que tu sois stérile plus tard. Tu ne veux pas avoir d’enfant ?

Nat : sniff…si si si..

Moi : voilà ! Il faudrait que nous en parlions avec ton frère

Nat : Il va me tuer Léandre, il m’avait dit qu’il ne veut pas entendre parler de garçons avant mes 21 ans.

Moi : Tu as 16 ans et maintenant que c’est fait, il faut vivre avec. Nous ne pouvons plus rien y changer.

Nat : sniff…sniff…sniff

Moi : Nath, dis-je en la tirant vers moi.

Elle a posé sa tête sur ma poitrine et a pleuré tout son saoul. Il fallait bien que je le fasse, la réaction qu’avait eu mon père le jour ou Léande était venu s’excuser était plus qu’explicite : un père ne peut être content de voir sa fille souffrir. Qui suis-je pour infliger ça à Nathalie ?

Après qu’elle ait pleuré un bon coup, je lui ai proposé d’appeler sn frère séance tenante, elle a d’abord refusé et il a fallu que je la menace pour qu’elle accepte de me laisser faire.

Moi : bonjour Léandre

Léa : bonjour ma puce ca va ?

Moi : Bien merci et toi ?

Léa : ca va, comment vont mes femmes ? Je vous vois quand ? Quand aurais-je la chance de vous serrer dans mes bras ? Être bien au chaud dans les bras de ma femme me manque déjà.

Moi : euh…Léandre, nous ne sommes pas seuls, ta sœur est là avec moi.

Léa :Oh, il fallait le dire dès le départ. Nathalie ca va ?

Nat : oui grand frère et toi ?

Léa : mais, on s’est eu au téléphone vendredi non, il y a encore eu quoi. Je t’ai envoyé ton argent de poche comme promis. Maman ne te l’a pas remis ?

Nat : si si merci

Léa : il y a encore quoi là-bas ?

Moi : Léandre, doucement avec la petite, ce que nous avons à te dire est important donc doucement.

Léa : ok, je vous écoute

Moi : voilà, la petite est venue se confier à moi pour un problème grave et j’ai jugé que c’est plus intelligent de te tenir informer avant de prendre une quelconque mesure. Je ne te demande pas de crier, hurler après elle, nous avons déjà discuté et elle est consciente de la situation. Elle aurait pu ne rien dire, elle aurait pu se confier à une personne qui lui aurait donné de mauvais conseils mais elle est venue me voir et là nous t’en parlons. Elle a demandé que l’aide à t’en parler.

Léa : humm

Moi : elle a si peur de toi, qu’elle m’a demandé main forte.

Léa : ok, j’ai compris, qu’est ce qui se passe encore ?

Moi : Voilà, il s’agit de grossesse

Léa : quoi ? Nathalie, je t’avais dit quoi ? Je t’avais dit que je ne voulais pas en entendre parler jusqu’à tes 21 ans non ?

Nat : oui..sniff…oui

Léa : quand je vais te voir, non seulement je vais te corriger mais je vais aussi corriger celui qui t’a enceinté. Au lieu de faire l’école, toi tu vas suivre les hommes.

Nath : snifff….sniff..

Léa : il fait quoi dans la vie celui-là ?

Nat : il est élève comme moi, il fréquente au lycée Joss en terminale.

Léa : il dit quoi de ta grossesse ?

Nat : il n’avait pas d’argent

Léa : il ne pensait pas à ça quand il te montait dessus n’est ce pas.Nga me nga kom wo kat ? ( n’est ce pas je t’avais dit ?).

Nat : owéé (Oui)

Léa : tu as dit aux parents ?

Nat : non

Léa : tu croyais que c’est en venant voir Sybel que tu pouvais cacher cette grossesse ?

Nat : Non..sniff…sniff

Moi : Euh…Léandre, Léandre c’est là ou il y a un hic…

Léa : quoi encore ?

Moi : tu n’as pas besoin de me crier dessus hein.

Léa : excuses moi chérie

Moi : humm, elle n’est plus enceinte !

Léa : tu as dit qu’il s’agissait de grossesse !

Moi : oui, mais elle-même va t’expliquer.

Nath était entrain de se tordre les mains là, elle cherchait quoi dire. J’ai posé ma main sur les siennes pour lui donner du courage, pour l’exhorter à parler.

Nat : en fait, les sous que tu m’as envoyés vendredi, ont servi au curetage.

Léa :…………………..

Moi : Léandre, tu es là ?

Léa :…………………..

Moi : chéri ? chéri ?

Léa : oui, je suis là, j’avais besoin d’un peu de temps pour encaisser.

Moi : ok

Léa : tu essaies de me dire que tu as avorté ?

Nat : oui

Léa : ou ?

Nat : dans un dispensaire de quartier

Léa : je n’ai même pas le courage de crier, je réglerais ton cas le week-end prochain, je viendrais même en marchant.

Nath a juste éclaté en sanglots, je la serrais juste dans mes bras pendant que son frère était entrain de tempêter au téléphone.

Léa : tu es irresponsable, tu va avorter, tu ne sais pas que c’est un acte criminel ? Tu ne sais pas que tu as tué un enfant ? Tu as tué une vie ! C’est ça que l’on vous apprnd à la catéchèse ?

Nat :sniff..sniff …

Léa : réponds moi Nathalie !

Nat : snifff…sniff

Léa : tu me fais honte, tu viens parler des choses comme ça à Sybel, tu n’as pas honte ? Si tu as une infection maintenant et que demain tu ne puisses plus concevoir, tu vas accuser qui ?

Nat :…………………………………………

Léa : si tu mourrais sur cette table là, tu as pensé à la peine que tu nous ferrais ? Tu as pensé à ta famille ?

A ce moment là, je pense à moi. Je pense à ce qui m’était arrivé quelques années plus tôt au moment ou je lui ai annoncé ma grossesse. Ces hommes ont aussi le cœur ? Ils ont aussi des sentiments ? C’est facile de dire à une fille, une femme d’aller se faire avorter. Ils oublient souvent que nous sommes aussi les enfants de quelqu’un, nous sommes aussi le frère et la sœur de quelqu’un d’autre.

Si ce jour là, j’avais pris Léandre au mot, ou serais-je maintenant ? Ou seraient mes parents en ce moment ? Serais-je toujours vivante ?Humm…

Léa : c’est un docteur qui s’est occupé de toi ?

Nat : non, un infirmier de quartier

Léa : il est diplômé celui-là ?

Nat : je ne sais pas

Léa : Nathalie !

Moi : calmes toi Léandre, pardon calmes toi chéri. Elle l’a déjà fait et elle voulait des sous pour les médicaments. Je souhaitais t’en parler avant.

Léa :……………………………

Moi : tu es encore là ?

Léa : ok, j’ai compris.

Moi : on t’écoute

Léa : Nathalie, laisses moi avec Sybel !

Moi : tu peux sortir 5mn je te rappelle ok ? C’est bon, c’est fini ma belle.

Elle est sortie

Moi : ok, je t’écoute

Léa : si tu as le temps, entre midi et 14 heures, vas ave elle voir un médecin. Il faut qu’on l’examine et tu achètes les médicaments. N’oublies pas de me tenir au courant. Je vais te rembourser tout ça.

Moi : ok, il n’y a pas de problème.

Léa : merci chérie

Moi : De rien, il fallait que tu saches. J’ai aussi quelque chose à t’avouer.

Léa : c’est la journée aujourd’hui, vas-y parles !

Moi : tu n’as pas besoin de me crie dessus Léandre !

Léa : excuses moi

Moi : cela a trait à mon boulot

Léa : humm, je t’écoute.

Moi : je sais que mon patron est l’oncle de to beau-frère, ce n’est pas un élément négligeable mais il y a longtemps que je garde ça pour moi.

Léa : tu as couché avec ?

J’étais choquée, je suis restée sans voix pendant un moment. C’était donc si facile d’accuser une personne d’infidélité ?

Moi : merci pour ta confiance !

Léa : tu voulais que je te dise quoi ? Puisque tu as tant de mal à en parler.

Moi : mon patron me fait des avances, il me fait travailler tard parce qu’il veut avoir une occasion de me faire des attouchements. Voilà, c’est dit ! Bonne journée !

J’ai raccroché sans plus de cérémonie, j’étais en boule. Je suis allée retrouver les filles au salon. Nathalie avait l’air de s’être calmée, j’ai demandé à ce qu’on se retire et je lui parlé de ce son frère avait décidé. Une fois de plus, il a fallu que je lui explique pourquoi il fallait que son frère soit à tout prix au courant.

Le vendredi suivant,

« C’était un coupé qui s’est transformé en amour, me nga ke coupé, j’ai donné gratuit »

Certains ont reconnu un extrait la Coco, la go argentée, j’en ai fait la sonnerie de mon portable. Je décroche,

Moi : allo

« Sybel, si Nathalie passe chez toi, préviens nous »

Moi : comment ça, si elle passe ?

« Elle a fuit la maison »

Moi : ekiééé, mais qu’est ce qui s’est encore passé ?

« Léandre est rentré tout à l’heure, il a tapé mon enfant. Il a voulu me tuer l'enfant »

Moi : wèèèèè

« Il fallait voir mon enfant ooo, on a essayé d’arrêter Léandre mais c’est comme s’il n’était plus lui-même. Anti mouanwam ane vé ? (Seigneur, mon enfant est ou ?)»

Moi : Calmes toi maman

« Léandre veut me tuer l’enfant parce qu’elle est partie porter une grossesse ? Elle est dehors à deux heures du matin comme ça, on sait qu’elle est partie ou ? »

Moi : ca fait combien de temps déjà ?

« Une heure »

Moi : ok et ou est Léandre ?

« Il a prit son portable et est sortie pour aller recharger dans une station, il va appeler ses copines »

Moi : ok maman, je vais ouvrir l’œil mais ca va aller, Dieu va aider.

« OK »

J’ai raccroché, je me lève et vais vers le salon, en passant devant la chambre de Grace, je vois un filet de lumière. D’habitude, elle ne supporte pas la lumière quand il faut dormir. Je tourne le poignet de la porte pour entrer et éteindre, c’est fermé, tiens, tiens, c’est nouveau ça.

TOC…TOC…TOC…

Je sens qu’il y a des mouvements qui se font dans la chambre puisqu'il y a du bruit et Grace vient ouvrir. Elle se tient à l’embrasure de la porte, elle ne veut clairement pas que j’entre.

Gra : c’est comment la big ? Tu n’arrives pas à trouver le sommeil ?

Moi : Tu sais que Nat a fugué ?

Elle détourne les yeux et ça fait tilt dans ma tête.

Moi : Elle est là ?

Elle ne me répond pas et recule. J’entre et trouve Nat recroquevillée dans un coin de la pièce. Elle a le visage boursoufflé, les lèvres et les oreilles sont enflées. Son corps est couvert de bleus. La petite n’arrive même pas à me regarder.

J’ai seulement les larmes aux yeux, je veux approcher mais elle a un mouvement de recul, elle est craintive.

Moi : Seigneur, c’est quoi ça ? Léandre, qu’est ce tu as encore fait ?

Au même moment, j’entends toquer

Léa : Sybel, ouvres c’est moi ! Sybel, ouvres c’est moi !

Gra : Pardon la big, n’ouvre pas, pardon, il va la tuer.

Nat a replié les jambes sur elle se couvrait le visage avec sa main, prête à parer aux coups.

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